MOBILE SUIT GUNDAM THE ORIGIN T.8

機動戦士ガンダム THE ORIGIN – Japon – 2007
Genre : Science-Fiction
Dessinateur et scénariste : Yoshikazu Yasuhiko
Nombre de pages : 480
Éditeur : Vega
Date de sortie : 12 juin 2026
LE PITCH
Le vaisseau White Base est mobilisé pour l’assaut d’Odessa, place forte des armées de Zeon sur Terre. Pour son équipage aussi victorieux que fragile, le défi s’annonce de taille. Ensemble, ils devront faire face aux pilotes de Zeon les plus renommés ainsi qu’à l’impitoyable général M’Quve. Au terme d’une bataille chaotique, Odessa sonnera-t-elle le glas du White Base… ou bien la riposte tant attendue de la Fédération ?
Au cœur de la machine
L’incroyable relecture du monument SF qu’est Mobil Suit Gundam par l’un de ses principaux instigateurs, le cara designer Yoshikazu Yasuhiko, s’était rapidement imposé comme la version définitive de l’anime de 1979. Proposée depuis deux ans dans sa version Deluxe par Vega, l’édition française atteint déjà son huitième volume (sur douze), et l’un des grands tournant de ce récit épique et futuriste.
Ainsi lorsqu’il avait entamé une adaptation manga de la célèbre série, près de trente ans après sa première diffusion, Yoshikazu Yasuhiko (Arion…), dit Yaz, avait clairement établi l’ambition de rester très fidèle à la trame initiale mais aussi d’y apporter un regard nouveau, plus complexe, moderne et mature. De légères variations dans les réactions des personnages, des designs de méchas et vaisseaux plus fins qu’autrefois, mais aussi tout un contexte politique, à l’origine d’une longue série de suites (Gundam Z, Unicorn, 0083, F91…), nettement plus mis en avant. Une manière pour celui qui dessina les personnages à l’origine de rapprocher ce Gundam The Origin d’une autre de ses grandes créations : Venus Wars. Même volonté d’inscrire le space opera dans un arrière-plan complet et crédible. Même volonté d’insister sur la présence de jeunes combattants au cœur d’une guerre qui les dépasse, les blessants physiquement et psychologiquement. Après un long flashback totalement inédit sur le passé de Char et sa sœur Sayla permettant, entre autre, d’observer pour la première fois les origines tortueuses de cette guerre planétaire, l’auteur revient ici plus concrètement au front.
Les dernières batailles
Le vaisseau peuplé d’adolescents, le Cheval de Troie, désormais bien intégré dans la stratégie de la Fédération pour la reconquête de la Terre, est considéré comme un atout central pour la bataille d’Odessa qui va permettre le grand basculement des rapports de force, faisant enfin reculer les indépendantistes de Zeon. L’artiste y déploie une nouvelle fois sa science du découpage, exploitant à merveille la finesse de ses illustrations mécaniques, jouant régulièrement sur les quelques pages en couleurs directes (que de rouge !), plongeant avec fureur dans un nouveau duel de méchas entre Char et Amuro alors que les vaisseaux à grandes échelles se pulvérisent à coup de missiles et de sacrifices inutiles. Spectaculaire, superbe, mais jamais dénué de ce regard humain qui fait toute la force de la licence Gundam, à l’instar du long zoom qu’offre Yas sur la relation naissante entre Kai, compagnon d’armes quelque-peu caractériel, voir capricieux, et une jeune irlandaise, espionne pour Zeon, qui tente de survivre dans ce monde en guerre pour son petit frère et sa petite sœur. Des figures presque esquissées dans l’anime et qui se trouvent ici des nuances nettement plus convaincantes et émotionnellement marquantes. L’autre point d’importance du volume est aussi la mise en avant du concept de « New Type » (nouvelles étape d’évolution humaine pour certains personnages nés dans l’espace), qui n’apparaissait réellement que plus tardivement dans l’anime, et dont on observe là les premières émanations significatives question de l’intégrer de manière plus graduelle dans le scénario.
Tous les changements opérés par Yoshikazu Yasuhiko vont systématiquement dans le bon sens, et si Mobil Suit Gundam était déjà un grand classique, The Origin est indubitablement un manga incontournable.




