STAR OCEAN : THE SECOND STORY R

Japon – 1999 / 2023
Support : Playstation 5, PC, Nintendo Switch 2
Genre : RPG
Développeur : Tri-Ace, Gemdrops, Inc.
Musique : Motoi Sakuaba
Durée de jeu : Elvée
Langue : Anglais et Japonais (voix), Français (textes)
Editeur : Square-Enix
Date de sortie : 16 juillet 2026
LE PITCH
Date spatiale 366 – Un officier de la Fédération se retrouve sur une planète mystérieuse. En cherchant comment rentrer chez lui, il rencontre une jeune fille et s’embarque dans une quête pour sauver son peuple, tout comme l’annonçait une ancienne prophétie… Choisissez votre voie et assistez à l’éveil d’une destinée.
D’un monde à l’autre
A l’occasion de la sortie de son remake de 2023 sur Nintendo Switch 2, retour sur l’un des grands classiques, trop méconnu, du RPG japonais : Star Ocean second du nom. Une grande aventure de la Fantasy au Space Opera, de l’action débridée aux premières pistes de gestion sociale qui presque 30 ans après séduit toujours autant par son inventivité.
A une époque où le monde ne jurait plus que par la full 3D (rudimentaire certes) et les standards de blockbusters du genre entériné par le succès de Final Fantasy VII, le jeune studio Tri-Ace gardait encore un pied dans les racines 2D du genre avec son second titre estampillé Star Ocean. Le premier était sorti sur Super Nintendo, le second sur Playstation, mais son exploration et la construction de ses décors en gardaient tout de même toute la candeur avec ses personnage 2D déambulant dans des décors en fausse 3D (modélisée et figée comme des illustrations). Vieillot ? C’est aussi ce que pourrait laisser entendre cette trame scénaristique où deux jeunes héros, rapidement accompagnés d’autres nombreux courageux aventuriers, doivent sauver le monde d’une menace magique apparue sur la planète Expel, et qui reste relativement linéaire dans son déroulé. Pourtant les développeurs ne manquent pas d’idées et brassent justement un croisement plutôt étonnant entre les codes premiers de l’Heroic Fantasy et une plongée de plus en plus marquée par les échelles du Space Opera. Ils élaborent surtout une vaste toile de mini-quêtes annexes et des centaines de dialogues et rencontres optionnelles qui ne sont là que pour amener de nouvelles rencontres avec des personnages potentiellement jouables (certains choix limites cependant l’accès à d’autres) comme dans un Suikoden et creuser progressivement leurs relations, comme aucun connurent d’alors.
A la manière d’un Final Fantasy de la grande époque, les designs SD tout mignon laissent affleurer des personnages à la personnalité plus complexe qu’il n’y parait et une multitude de nouvelles habilités à débloquer et près d’une centaine d’épilogues différents ! Toujours aussi impressionnant, The Second Story distille tranquillement les bases de sagas matures comme les Persona tout en préservant l’apparente candeur d’autrefois. L’apparence seulement puisque même la gestion des statistiques reste un petit bijou du genre, multipliant les possibilités de techniques et de capacités à développer en dépensant des points durement gagnés. De quoi améliorer les habilités habituelles (force, résistance, vitesse…) mais aussi d’autres bien plus exotiques qui offrent l’opportunité de se lancer dans une grande carrière de pécheur, de cuisinier, de forgeron ou de chef d’orchestre (plein d’autres à découvrir) venant là encore refléter l’amitié et la cohésion du groupe mise en place par le joueur, tout en délivrant de nombreux bonus, pièces d’équipement et boost non négligeables.
Infinités du cosmos
Le système de jeu est de la même façon plutôt décapant (en particulier pour l’époque), transformant la classique arène de combat en terrain d’affrontement en temps réels incroyablement nerveux reposant sur le timing des coups, mais aussi de techniques spéciales, spectaculaires, que l’on peut associer aux gâchettes hautes, avant d’alterner d’une seule touche d’un combattant à l’autre pour multiplier les combos et les magies plus ou moins destructrices. Indémodable et totalement décuplé dans ce remake signé Gemdrops, Inc., puisque s’ajoute désormais un système de « rupture » qui permet de briser la défense adversaire (et réciproquement) pour atteindre les PV plus facilement, la possibilité d’adjoindre deux techniques enchainées aux gâchettes mais aussi de faire appel aux camarades laissés de cotés pour des « assauts », brefs mais significatifs qui peuvent aussi permettre de faire apparaitre quelques guests provenant d’autres épisodes.
Tout dans cette version 2023 est fait pour améliorer l’expérience initiale à l’instar de la transposition de l’esthétique première dans celle d’un titre 2.5D à la manière des Octopath Travelers, une réorchestration complète de la bande originelle et une refonte des arts des personnages nettement plus élégants et fins qu’autrefois. D’ailleurs pour les inconditionnels, les premiers sont toujours accessibles en option, avec ceux du méritant portage très « anime » de 2008 dont la cinématique d’intro peut à nouveau être visionner une fois le jeu achevé.
Une nouvelle version on ne peut plus convaincante qui tout en redonnant un vrai coup de frai à l’habillage visuel du titre vient parfaitement approfondir ses qualités bien connues : développement du gameplay, démultiplication des possibilités, richesse du système plus lisible… Star Ocean The Second Story R devrait enfin convaincre tout le monde que l’on a bien à faire là à un authentique classique du RPG.







