ORBITALS

Japon – 2026
Support : Nintendo Switch 2
Genre : Action, Aventure, Science-Fiction
Développeur : Shapefarm
Musique : Falk & Klou
Durée de jeu : Moyenne
Langue : Français, Japonais, Anglais…
Editeur : Kepler Interactive
Date de sortie : 3 septembre 2026
LE PITCH
Incarnez Maki et Omura, deux explorateurs inséparables dont la détermination inébranlable compense le manque d’expérience. Vous affronterez les périls de l’espace à la recherche de matériel afin de sauver votre foyer, une station vétuste prise au piège d’une tempête cosmique surnaturelle. Notre duo devra s’aventurer par-delà la tempête au gré de territoires inconnus, dans une tentative désespérée pour sauver la station. Réflexion, courage et travail d’équipe vous seront indispensables pour réussir !
Retro Space Anime Adventure
Sous impulsion d’un ancien de Hazelight (It Take Two), le studio japonais, et international, Shapefarm signe un jeu d’aventure full coop aux bons airs d’anime des années 80. C’est fun, c’est beau et même si le trip ne va jamais assez loin, il reste l’une des meilleures exclusivités de la Switch 2.
Ainsi comme dans le précité It Take Two qui avait enchanté les curieux en 2021, Orbitals est un titre qui ne peut être pratiqué que à deux. Sur la même console, en gameshare ou en ligne avec un code ami. Ce n’est pas un caprice des développeurs mais bien la nature même du jeu où la collaboration entre Maki et Omura doit constamment être totale et asymétrique. Que ce soit lorsqu’ils sont à bord leur verseau spatial où l’un pilote et lâche des missiles, l’autre tire tous azimuts et repoussent les obus ennemis, ou lors des plus longues explorations de ruines spatiales. Là, les variations d’équipement (laser, lance-flamme, grappin, micro-onde fantasmatique…) poussent les joueurs à réfléchir à deux aux situations et énigmes et à partager leurs idées sur leur résolution, l’un faisant apparaitre le chemin de l’autre et réciproquement. On évite les pièges, recherche un nouveau passage, esquive les flammes ou remet en route un vieux mécanisme oublié… mais Orbitals s’amuse aussi à renouveler ses mécaniques avec des arguments de jeu de rythme, de puzzle voir même de shoot’em up arcade (les vieux en noir et blanc) lors de boss bien tendus. C’est toujours très malin, habilement amené et parfaitement ludique avec une alliance gameplay / leveldesign aussi sobre que réfléchi. D’autant plus réussi que la prise en main est finalement assez facile et que tout cela est constamment baigné dans un environnement en mouvement. Les différents lieux visités se parent ainsi de décors variés (recouverts par les végétaux, la glace, la lave…) avec une multitude de détails animés qui ajoutent beaucoup de vie et une furieuse envie d’expérimenter. Les animations environnementales n’apportent bien souvent rien à l’histoire, mais la dote d’une consistance et d’une mignonnerie assez irrésistible.
Main dans la main
De toute façon, la direction artistique d’Orbitals est une véritable merveille qui transporte littéralement l’expérience de jeu vers d’autres galaxies. Totalement habité par l’esprit des grands animés des années 80 (avec un soupçon de design à la Rumiko Takahashi et une certaine poésie à la Ghibli), il revisite les épopées spatiales d’autrefois en combinant des séquences de plateformer 3D en cell-shading bien chiadée et des cut-scenes animées en 2D traditionnel avec un défilement 24 images secondes et léger granulé des cellulos en prime. Les personnages sont charmants, les créatures qui les entourent (alien et bestioles domestiques) tout autant, tandis que les modélisations et la palette de couleurs reflètent généreusement l’énergie du titre. Mention spéciale de ce coté là aux musiques du jeu, concoctées par le duo Falk & Klou voguant quelque-part entre le Vangelis de Blade Runner et le Joe Hisaishi synthétique des débuts avec en point culminant un générique d’ouverture à l’ancienne chanté par Mami Ayukawa, véritable idole attachée dans les années 80 aux openings de Heavy Metal L-Gaim et surtout Zeta Gundam. Un véritable anime interactif où on peut tout de même reconnaitre que malgré les efforts de dialogues pleins d’humour (excellent doublage français) et de connivence entre les deux héros, le scénario peine un peu à décoller et à impliquer émotionnellement (le twist final passe alors un peu à côté). Surtout, les longues traversées en vaisseau entre les différentes zones accessibles à pied, toujours en quêtes de nouvelles pièces d’équipement pour le vaisseau ou la base spatiale à sauver, ressemblent le plus souvent à quelques moments de remplissage, ne profitant pas toujours du potentiel d’émerveillement qu’elles peuvent faire naitre à de rares occasions (un croisement avec une entité colossale, un passage sur un accélérateur cosmique…).
Orbitals est effectivement un jeu qui provoque souvent un certain enchantement, mais qui cache dans son éclatante esthétiques quelques lacunes dans sa construction et quelques facilités redondantes dans ses différentes missions. Quelques défauts pour une aventure co-op qui n’en reste pas moins extrêmement agréable, fun et délicieusement nostalgique.







