THE RULE OF JENNY PEN

Nouvelle-Zélande – 2024
Support : UHD 4K
Genre : Thriller
Réalisateur : James Ashcroft
Acteurs : Geoffrey Rush, John Lithgow, George Henare, Ian Mune, Nikki MacDonnell, Yvette Parsons, Fiona Collins, Maaka Pohatu
Musique : Inconnu
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 104 minutes
Editeur : BQHL Éditions
Date de sortie : 26 août 2026
LE PITCH
Confiné dans une maison de retraite isolée après avoir été frappé par un AVC, un juge doit faire face à un pensionnaire tortionnaire. Celui-ci ne se sépare jamais de Jenny Pen, une poupée avec laquelle il instaure un règne de terreur sadique et absolu.
Jen a dit !
Croisé jusque-là essentiellement en festival et sur les plateformes de streaming (en France c’est du coté de Shadowz), The Rule of Jenny Pen se trimbale pourtant une excellente réputation et aurait pu prétendre à une sortie en salle, ne serait-ce que pour les prestations admirables, et impressionnantes, de Geoffrey Rush et John Lithgow, prétendants à la prise de pouvoir… d’un EPHAD.
Déjà auteur d’un Balade Meurtrière tout à fait recommandable, James Ashcroft trouve avec The Rule of Jenny Pen un concept en or, permettant d’approfondir un regard assez brut sur la violence et la folie ordinaire, tout en s’inscrivant dans un décor forcément peu fréquent pour installer un thriller d’envergure : une maison de retraite. Un lieu aux couloirs froids, au rythme lent, aux salles vaguement habitées par des silhouettes fragiles et hésitantes, qui est pourtant le fief d’un authentique tyran : Dave Crealy. Un patient considéré comme atteint mentalement, se trimbalant partout avec sa poupée marionnette bien flippante (la fameuse Jenny Pen et ses orbites vides), mais qui s’avère loin d’être un légume, mais plutôt un adepte de l’oppression et des sévices perpétrés sur ses petits camarades… allant parfois jusqu’au meurtre pur et simple. The Rule of Jenny Pen est alors le récit d’une résistance, celle de Stefan Mortensen juge abimé par un AVC survenu en plein tribunal et qui doit désormais affronter cet énergumène en plus des séquelles physiques de son accident. Cela aurait pu donner lieu à une grande comédie noire, mais le film reste toujours au plus près de la triste réalité de ces pensionnaires, de leurs horizons limités, de leur quotidien répétitif et des handicaps de leur corps vieillissants, marquant d’emblée le spectateur par sa description clinique et sans fard de la fin de vie dans une maison de repos modeste… et où manifestement la surveillance infirmière est des plus discutables.
La loi et le désordre
La chronique sociale n’est jamais loin, mais le metteur en scène la teinte d’une subjectivité psychologique bienvenue, se calant sur le regard du juge, précis et pointu au départ, mais de plus en plus discutable alors que les absences et les cauchemars amènent directement le film vers les atmosphères et les effets d’un film d’horreur. Quelques inserts sur des photos des membres du staff renvoient à Shining, quelques effets de filtres et le regard de la poupée ne sont jamais très loin de l’esthétique du Giallo, et James Ashcroft n’a sans doute pas choisi l’excellent John Lithgow pour rien : ancien assassin plus ou moins atteint chez De Palma (Blow Out, L’Esprit de Cain…), toujours capable de passer d’un regard éteint, voir tendre, à une pure folie dérangeante en quelques seconde. Un grand numéro d’acteur, sans cabotinage, auquel Geoffrey Rush (Shine, Quills, Pirates des caraïbes…) répond avec une solidité admirable dans son portrait d’un ancien homme de pouvoir, réduit en chaise roulante, à demi-paralysé mais qui refuse de devenir victime. Le face-à-face est d’ailleurs, selon l’auteur du film, une allégorie des mécanismes d’une société oppressive, entre ceux qui laissent faire, ceux qui subissent, ceux qui font mine de ne pas voir, ici régulièrement teintée de validisme et de racisme. Un peu dommage que dans son dernier tiers, le suspens ait tendance à somnoler à cause de situations redondantes et de vagues explications qui n’apportent pas grand-chose, et ce jusqu’à un anti-climax gériatrique trop tardif.
Une chute de rythme qui diminue un peu la forte impression que peut faire The Rule of Jenny Pen mais certainement pas son intérêt. D’ailleurs d’autres ne s’y sont pas trompé puisque depuis le cinéaste néozélandais à signé le film de serial killer The Whisper Man avec Adam Scott, Michelle Monaghan, Michael Keaton et Robert De Niro, classé parmi les dernier succès de la plateforme Netflix.
Image
L’image numérique d’origine est transférée avec sérieux sur une galette UHD totalement appropriée. Les lignes sont toujours nettes, les matières bien présentes, la profondeur impeccablement dessinée et même les petits soucis parfois de banding et macro-blocking visibles sur le Bluray (vendu séparément) disparaissent presque intégralement avec un support 4K nettement plus solide et pointu. L’apport sur les couleurs est indéniable avec des rouges plus massifs encore et surtout des noirs à la fois plus variés et plus profonds.
Son
Le film n’a pas été doublé en France mais est présent ici avec deux pistes sonores anglaises. La première reste frontale avec un DTS HD Master Audio 2.0 sobre, clair et frontal, idéal pour les diffusions dans un salon qui n’est pas équipé d’un Home Cinema. La seconde proposition en DTS HD Master Audio 5.1 fait preuve naturellement d’une spatialisation nettement plus poussée avec un travail très réussi sur les ambiances écrasantes, la gestion de l’espace et les légers glissements vers l’épouvante. Enveloppant, tendu et toujours très confortable.
Interactivité
On ne retrouve pas chez BQHL la petite featurette / making of disponible sur l’édition américaine, mais celle-ci devait sans doute être d’un intérêt assez limité. L’éditeur français propose en échange un petit micro-trottoir enregistré par Shadows auprès de quelques spectateurs français chanceux ayant pu découvrir le film en salles et une présentation assez complète signée par le journaliste Jean-François Dickeli. Il y fait l’incontournable tour des filmographies du réalisateur et de ses deux acteurs, et s’efforce de souligner les inspirations, avérées ou non du film, et sa mécanique bien huilée.
Liste des bonus
Entretien avec Jean-François Dickeli, journaliste (24′), Micro-trottoir (2’).







