LE CAVALEUR

France – 1978
Support : Bluray
Genre : Comédie dramatique
Réalisateur : Philippe de Broca
Acteurs : Jean Rochefort, Annie Girardot, Nicole Garcia, Danielle Darrieux, Catherine Alric, Lucienne Legrand, Carole Lixon, Jean Desailly, Lila Kedrova…
Musique : Georges Delerue
Image : 1.66 16/9
Son : Français DTS Master Audio 1.0
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
Durée : 102 minutes
Editeur : Rimini Éditions
Date de sortie : 20 août 2026
LE PITCH
Edouard Choiseul, pianiste virtuose, la cinquantaine, partage sa vie entre ses concerts, sa femme, ses trois enfants et ses nombreuses maîtresses. Que cherche-t-il donc à travers ce besoin constant de séduction et de conquêtes féminines ?
L’homme qui aimait les femmes
Le Cavaleur n’est peut-être pas le film le plus connu et diffusé de la longue et riche carrière de Philippe de Broca. C’est cependant l’un de ceux que les amateurs du cinéaste citent comme l’un des plus délicats et des plus personnels. Une comédie certes, mais douce-amère, où la figure du Don Juan moderne ne fait plus vraiment rêver.
Les histoires d’hommes cavaleurs et adeptes de la tromperie généralisée jonglant joyeusement entre leur pauvre épouse délaissée, les anciennes conquêtes et les nouvelles maitresses, reste l’un des exercices récurrents de la bonne comédie française, héritière des théâtres de boulevard avec ses lots de quiproquo et de portes qui claquent. Dans son premier grand chapitre, Le Cavaleur en rejoue d’ailleurs assez docilement les codes et les tours de passe-passe plus ou moins acrobatiques avec ce brave Edouard Choiseul. Un grand pianiste dont la répétition avec orchestre ne cesse d’être interrompue, relancée et perturbée par les appels d’une maitresse oubliée à la gare (Catherine Alric en tenue de ski), de sa seconde femme (Nicole Garcia) qui espère le revoir un jour et de sa première (Annie Gorardot) qui n’est jamais bien loin. Comment se sortir de ses multiples promesses ? Comment garder toujours ces femmes dans sa zone de contrôle ? Comment continuer à cueillir le fruit défendu malgré les complexités de la vie et le temps qui passe ? Cet Edouard est, de l’aveu de tous, une transposition directe de la nature même de Philippe de Broca, qui retrouve alors plus ou moins des échos de personnages virevoltants déjà croisés dans d’anciens films comme Les Jeux de l’amour, Un Monsieur de compagnie ou Le Diable par la queue, mais avec une distance nouvelle, un regard clairement plus mature et serein.
La leçon de piano, piano
D’ailleurs, un temps envisagé pour Vittorio Gassman ou Yves Montand, séducteurs instinctifs s’il en est, le rôle échoua finalement à un (toujours) formidable Jean Rocheford qui imposa un jeu nettement plus subtil, discret et ambiguë, transformant son charmeur maladif en figure masculine qui oscille entre l’amoureux flamboyant et généreux, le goujat odieux, le gamin capricieux, le tombeur pathétique et le brave type finalement hanté par cette peur constante de vieillir et de ne plus plaire. C’est d’ailleurs le risque où, après avoir tenté de courir après tous les lièvres, de multiplier les passages en coups de vents et les tentatives malheureuse de concilier vie de famille et vie de célibataire (à se demander s’il consomme vraiment l’adultère…), le malheureux se retrouve seul, sans femmes (il les a toutes trompées) et sans amis (il leur à tous volés leurs femmes). Le cavaleur n’est donc pas la célébration d’un coureur de jupon mais bien un regard plus subtil sur une certaine masculinité, toxique pour les autres souvent, mais surtout pour elle-même, incapable de vivre vraiment l’instant de peur de le perdre. Les retrouvailles avec un premier amour incarné par une Danielle Darrieux toujours éblouissante, et la rencontre avec la petite-fille de celle-ci, résume à merveille les ambivalences du personnage, rêvant de jeunesse retrouvée et d’une nouvelle échappée amoureuse, mais bien entendu totalement incapable d’effacer totalement le temps qui a passé. Étonnant de retrouver ici aux dialogues l’incontournable Michel Audiard qui délaisse l’exercice du « bon mot » pour se glisser dans le ton plus mélancolique du film, offrant des textes souvent très justes et naturels à des acteurs qui ne manquent jamais d’authenticité.
Avec Le Cavaleur, Philippe de Broca ne signe pas sa comédie la plus hilarante, ni la plus aventureuse, mais en tendant constamment vers le drame personnel sans jamais y tomber, il offre un portrait touchant d’un homme perdu par lui-même, aveu finalement d’un cinéaste toujours porté par sa propre énergie mais qui à réussit à prendre le temps, un peu plus de 90 minutes, pour se regarder dans les yeux.
Image
Le cavaleur fait partie de cette nouvelle collection Philippe de Broca présentée par Rimini Editions, elle-même reprise de celle produite par TF1 Vidéo il a un peu plus de dix ans. On retrouve donc la même copie restaurée 2K parfaitement nettoyée et stabilisée, aux couleurs presque pastel bien rendues et au grain de pellicule respecté. Forcément la photographie parfois un peu vaporeuse, souvent légèrement voilée, ne facilite pas forcément le travail de compression et le piqué général, mais la galette s’en sort franchement bien.
Son
Le mono d’origine a lui aussi connu un rafraichissement très agréable avec un DTS HD Master Audio mono ferme et stable, frontal mais équilibré, qui met bien entendu les dialogues en avant.
Interactivité
Si l’habillage du bluray a changé, le contenu est une fois encore identique à celui de TF1 Vidéo avec donc le petit documentaire rétrospectif intitulé « L’Art de la fugue » qui entre nouvelles interviews (pour l’essentiel) et d’autres d’archives (essentiellement De Broca) revient sur la création du film, les différents souvenirs de tournage, les premiers acteurs approchés pour le rôle-titre et surtout la proximité entre le personnage d’Edouard et le cinéaste. Assez franc dans le ton et surtout très complet.
Liste des bonus
« L’Art de la fugue » : documentaire autour du film (29′), Bande-annonce restaurée.






