RED SONJA

Etats-Unis – 2025
Support : Bluray
Genre : Fantasy, Action, Aventure
Réalisateur : M.J. Bassett
Acteurs : Matilda Lutz, Robert Sheehan, Wallis Day, Luca Pasqualino, Michael Bisping, Martyn Ford, Eliza Matengu, Danica Davis…
Musique : Sonya Belousova, Giona Ostinelli
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 110 minutes
Editeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 11 septembre 2026
LE PITCH
Après le massacre de son peuple et des années d’esclavage, Red Sonja s’évade et prend la tête d’une horde de guerriers pour affronter le tyran Dragan. Entre magie noire, créatures fantastiques et batailles épiques, elle s’engage dans une quête de vengeance qui pourrait changer le destin de tout un royaume.
Survivante
40 ans après une première tentative peu concluante, retitrée Kalidor en France (parce que Schwarzy), la fière Red Sonja revient enfin sur les écrans. Enfin les petits en France, le film de M.J Bassett se voyant relégué en simple DTV avec son échec commercial, prévisible, aux USA. Mais abandonnée, maltraitée, battue voire humiliée, la diablesse rouge se relève toujours !
Si Red Sonja connait une carrière plutôt fructueuse du coté de la BD américaine avec diverses séries qui continuent encore et toujours d’être éditées par Dynamite, sa carrière cinéma à immédiatement été plus compliquée. En 1985 déjà, lorsque Dino Di Laurentis décide d’offrir un spin-off à son succès mondiale Conan Le Barbare, il se retrouve coincé avec une apparition de sa star Arnold Schwarzenegger qu’il ne peut plus nommer Conan pour des raisons de droit. Voici donc Kalidor, camarade d’une Red Sonja affichant la carrure impressionnante de Brigiette Nielsen et hésitant constamment entre la dark fantasy (la première partie, la plus réussie) et le spectacle enchanté familial (la deuxième, nettement plus laborieuse). Le public ne sera franchement pas au rendez-vous, mais malgré tout certains resteront farouchement attachés au personnage comme Robert Rodriguez qui dès les années 2000 tente de vendre son adaptation avec une superbe affiche mettant en avant Rose McGowan dans le rôle-titre. Aux oubliettes puisque désormais le futur du personnage est associé au remake de Conan de Marcus Nispel de 2011 avec même, selon certaines rumeurs, un début de tournage sous la direction de Simon West stoppé en urgence face à la déconfiture (méritée) du remake. Les jeux sont faits rien de ne va plus, Millenium Films (ex Nu Image) relance la machine vers 2018 avec un Brian Singer (X-Men) vite limogé suite aux nombreuses accusations d’agressions sexuelles. C’est alors finalement la productrice et scénariste Joey Soloway (Six Feet Under, My Wonder Women…) qui entame la refonte du projet avant de s’éclipser pour « différent artistique ». C’est ce qu’on appelle du development hell ! Et surtout un sacré boxon dont hérite finalement le cinéaste M.J. Bassett, ancien grand espoir du ciné de genre anglais (La Tranchée, Wilderness…) reconverti en faiseuse pour la télévision mais qui peut se prévaloir d’avoir signé un Solomon Kane étonnement fidèle à l’esprit des romans de Robert E. Howard à peu de frais.
Tout feu tout flammes
L’enjeu pour elle est ici plus ou moins le même : mettre fin à un long chemin de croix en signant pour un budget qui a fondu au soleil une adaptation digne de ce nom d’une grande fresque de Fantasy. Le souci naturellement c’est qu’en plus de moyens nettement en dessous des besoins de ce type d’aventure (certains décors font carton-pâte, les images de synthèse sont la traine, les figurants attendent l’heure de la cantine…), il faut se dépatouiller avec un scénario qui n’aura jamais cessé d’être remodelé, passé d’un parangon du bis (avec du cul et du gore) à un divertissement nettement moins barbare, voir plus grand public en cours de route où on sent poindre, de manière assez maladroite, quelques velléités écologistes et féministes. Le film n’échappe pas à quelques particularités du récit schizophrène (les ellipses, les flashbacks, quelques détails très sanglants qui sortent de nulle part…) avec toujours ces élans épiques qui semblent de la même façon être retenus pour des questions tristement pragmatiques comme cette cavalcade à flan de montagne de Sonja et ses compagnons rapidement avorté après un plan de drone et quelques ébrouements de canassons.
A l’étroit, toujours, et pourtant ce Red Sonja ne choisit jamais la facilité du second degré ou du cynisme en s’attachant à une origin story qui retrouve à sa manière la candeur de ces aventures d’Heroic Fantasy des années 80, frôlant le kitch, mais délivrant un spectacle plutôt soigné, toujours rythmé, jalonné de quelques créatures fantastiques qui rehaussent (naïvement) le tout et de quelques batailles, plutôt terriennes, rappelant la sauvagerie de l’ère l’ère hyborienne. M.J. Bassett emballe le tout avec beaucoup de soin et de ferveur, à l’image de l’actrice Mathilda Lutz (Coupez !, Revenge…) athlétique et fougueuse en jeune Sonja encore idéaliste et surtout des deux « vilains » l’empereur Draygan (Robert Sheehan) et sa guerrière Annisia (Wallis Day), qui par leur folie et leurs origines torturées apportent une portée tragique à une quête par nature normalement plutôt manichéenne.
Il n’est pas encore arrivé le grand film sur la diablesse, personnage iconique au potentiel pourtant assez énorme, mais ce Red Sonja de 2025 fait de son mieux pour faire survivre la légende et surtout dépasser une gestation et un accouchement particulièrement difficile. En prenant le projet pour ce qu’il est, un petit film de Fantasy plein de bonne volonté, il n’est vraiment pas difficile d’y trouver son compte.
Image
La copie HD de Red Sonja est des plus satisfaisantes. Elle propose une image claire, colorée, vive et précise mais ne pouvant jamais vraiment se détacher de sa patine profondément numérique. Assez logique, tout comme les éléments en images de synthèse toujours un peu plus doux que le reste dans le piqué, mais l’ensemble du film offre une définition franchement solide.
Son
Que ce soit en vf ou en vo les deux DTS HD Master Audio 5.1 s’efforcent de développer un peu plus l’esprit épique du film. Les séquences de batailles jouent de leur dynamique très efficace, la spatialisation est toujours présente, mais là aussi on se sent parfois un peu resserré dans le budget. Comme les musiques qui peinent toujours à vraiment décoller.
Interactivité
On sent bien que le film n’a pas rencontré le succès escompté. La partie bonus regroupe ainsi une petite featurette promotionnelle très classique compilant les interviews des producteurs et acteurs (et quelques autre) tous enthousiastes de participer à ce futur grand classique, et une série de B-Roll montrant sans commentaire les coulisses du tournage de certaines scènes du métrage. On y observe la préparation des scènes d’action, les petites mains qui s’agitent et les acteurs qui patientent entre deux prises.
Liste des bonus
Dans les coulisses (8′), Sur le tournage (23′).







