LES WEEK-ENDS DE NÉRON

Mio figlio Nerone – Italie, France – 1956
Support : Bluray & DVD
Genre : Péplum
Réalisateur : Steno
Acteurs : Alberto Sordi, Vittorio De Sica, Gloria Swanson, Brigitte Bardot, Ciccio Barbi, Mario Carotenuto, Mino Doro, Enzo Furlai…
Musique : Angelo Francesco Lavagnino
Image : 1.33 16/9
Son : Italien Dolby Digital 1.0
Sous-titres : Français
Durée : 90 minutes
Editeur : Tamasa Distribution
Date de sortie : 15 septembre 2026
LE PITCH
Pour s’éloigner de sa mère Agrippine qu’il a déjà tenté d’assassiner, Néron, empereur romain, séjourne sur le littoral en compagnie de sa maîtresse Poppée et de son conseiller, Sénèque. Malgré les complots organisés par Agrippine qui préférerait voir son fils partir au combat, Néron continue à se distraire en s’adonnant au chant et aux plaisirs faciles. Son esprit reste pourtant actif et il tentera une nouvelle fois de se débarrasser de sa mère dans le naufrage du bateau qui la conduit à Capri…
Rome vaut bien une farce
Né aux belles heures des grandes coproductions italo-françaises (et quelques autres nations européennes), la comédie Les Weekends de Néron affiche un casting international (Sordi, De Sica mais aussi la grande Gloria Swanson et la petite Bardot bien chez nous) pour mieux détourner les codes du grand péplum historique hollywoodien.
Terre d’accueil de nombreuses productions en costumes américaines (de Ben-Hûr à Cléopâtre) l’industrie locale a bien entendu rapidement tenté de profiter des décors et moyens mis en place dans la banlieue de Rome et ailleurs. Les péplums à l’italienne ne datent pas d’hier mais l’explosion du genre, grâce au Travaux d’Hercule et ses accents bodybuildés n’est pas encore vraiment advenu lorsque la Titanus lance la production de ce bien curieux Les Week-ends de Néron dont bien entendu le modèle reste indubitablement en provenance étasunienne et en particulier le superbe Quo Vadis de 1951 où Peter Ustinov incarnait un Néron dévoré par la folie et dont Alberto Sordi entend bien donner sa propre interprétation. Une immense star de la comédie, adoré par l’italienne entière, qui s’amuse à reprendre le look presque iconique du personnage historique tout en lui donnant un versant nettement plus simplet, naïf, transporté par les choses de l’amour et les arts (dont un opéra avec quelques animaux) et en particulier la musique, mais constamment terrorisé par sa mère, Agrippine, qui aimerait bien l’envoyer à la guerre. Spécialiste de la comédie populaire et de la grosse artillerie, le réalisateur Steno (Les Aventures et les amours de Casanova, Les Temps sont durs pour les vampires, de nombreux Toto…) profite de décors luxueux, de riches costumes et des moyens techniques du Cinémascope et du Technicolor pour reconstituer une sorte de théâtre antique mais où toutes les situations semblent aller à vau-l’eau.
Attention à l’incendie
Tandis que Néron s’efforce de préparer son grand spectacle musical (aux grands désespoirs de ceux qui ont déjà entendu son chant), tout en cachant l’existence de sa belle fiancée Poppée aux yeux de sa mère entre deux ou trois tentatives d’empoisonnement mutuels, tandis que cette dernière ne songe qu’à en faire un empereur conquérant et va-t-en-guerre. Tout le monde ici, ou presque, s’efforce d’éliminer ou de tromper l’autre, dans un vaudeville meurtrier avec sorties de scènes expéditives. Même si chacun tournait dans sa langue maternelle, dans une cacophonie et un chaos parfaitement italien, tous les participants gardent du tournage de très bons souvenirs et ça se voit : Sordi offre un Néron stupide mais touchant à souhait, la sublime Bardot pas encore starifiée par Et Dieu créa la femme… joue l’adolescente capricieuse entre deux échanges de robes particulièrement sexy (dont une totalement transparente), Gloria Swanson donne par son jeu expressionniste des airs de sorcière à sa Agrippine et Vittorio De Sica surplombe le tout avec son Sénèque passant du solide conseillé au vil manipulateur sans en avoir totalement l’air. Si le métrage a parfois un peu tendance à se répéter dans sa dernière partie, les dialogues amusants et les situations burlesques s’enchainent à bon rythme et dans une bonne humeur communicative qui n’empêche pas quelques petites finesses historique (le scénario est bien adapté des textes de Tacite) et quelques élégances techniques. Difficile en effet de ne pas citer la superbe photographie et les quelques peintures sur verre concoctées par le génial Mario Bava, ni même la présence en premier assistant d’un Lucio Fulci qui devra encore trois ans avant de devenir cinéaste à son tour.
Bref un bon petit moment d’histoire cinématographique qui s’amuse à parodier la grande Histoire et surtout ce fameux péplum décrivant la grande Rome comme un sac de vipères et un empire décadent obsédé par les orgies et l’assassinat de son prochain. Le bel habillage et l’abatage du superbe casting font vraiment passer un bon moment.
Image
Belle surprise que cette copie HD des Week-ends de Néron, film relativement rare et qui plus en Bluray, qui impose une clarté étonnante, une définition très poussée et une netteté de tous les instants. Les cadres sont intensément propres, les couleurs façon Technicolor sont éclatantes et puissantes et un léger grain persistent délicatement aux cotés de charmants argentiques. Peu ou pas d’information sur cette restauration, mais en l’était c’est du grand luxe. A noter que le travail n’a été effectué que sur le montage italien, le montage français connu jusque-là est bien présent sur l’édition mais dans une copie SD bien plus baveuse et floconneuse.
Son
Pour la version restaurée du film, seule la post-synchronisation italienne est disponible. Elle est disposée dans un Dolby Digital 2.0 plutôt sobre mais tout à fait clair et efficace. Pas de grosses perditions en vue et les dialogues fusent avec énergie. Le doublage français d’époque est bien présent sur le montage hexagonal offrant des prestations vocales tout à fait convaincante et dans le ton de l’époque avec un mono correcte.
Interactivité
Tamasa Distribution a fait le choix pour ce combo Bluray / DVD de proposer en plus de la nouvelle restauration du film, l’ancien montage français composé de nombreuses petites différences de montages (plans, enchainements, durées…) qui rendait compliqué au passage le plaquage de la vf sur le montage italien. Cette copie est présentée dans son jus, tel que les anciens DVD ont pu le faire, avec une source SD bien plus fatiguée mais toujours très colorée.
En sus, l’éditeur nous propose aussi une présentation très sympa du film par l’historien Jean Ollé-Laprune qui croise quelques informations historiques, quelques filmographies ou carrières et quelques anecdotes pour brosser le portrait d’une comédie en toge pas si incongrue que ça dans les faits (le portrait de Néron…), mais parfaitement improbable dans sa production internationale et son défilé de personnalité réputées.
Liste des bonus
Version française non restaurée (86’), « Le Regard de Jean Ollé-Laprune » (28′), Bande-annonce de 1956.







