HAMNET

Etats-Unis – 2025
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Chloé Zhao
Acteurs : Paul Mescal, Jessie Buckley, Emily Watson, Joe Alwyn, Jacobi Jupe, Olivia Lynes, Bodhi Rae Breathnach…
Musique : Max Richter
Image : 1.78 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 Français et Espagnol
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol.
Durée : 125 minutes
Editeur : Universal Pictures Home Entertainement
Date de sortie : 3 juin 2026
LE PITCH
Angleterre, 1580. Un professeur de latin fauché, fait la connaissance d’Agnes, jeune femme à l’esprit libre. Fascinés l’un par l’autre, ils entament une liaison fougueuse avant de se marier et d’avoir trois enfants. Tandis que Will tente sa chance comme dramaturge à Londres, Agnes assume seule les tâches domestiques. Lorsqu’un drame se produit, le couple, autrefois profondément uni, vacille. Mais c’est de leur épreuve commune que naîtra l’inspiration d’un chef d’oeuvre universel.
Shakespeare in Love
Echappé d’une collaboration Marvel, Les Éternels, intéressante mais pas vraiment soutenue par le studio, Chloé Zhao retrouve à nouveau le chemin de projets plus personnels. Même s’il s’agit là d’une « commande » confiée par certains Spielberg et Sam Mendes à la réalisatrice, cette adaptation du roman éponyme de Maggie O’Farell (coscénariste ici) porte sa fascination pour une nature réparatrice, une émotion à fleur de peau et une poésie contemplative délicate.
Il faut attendre plus des deux tiers du long métrage pour entendre le nom de William Shakespeare, ouvrant ainsi la découverte du Globe Theater et surtout d’une représentation de la pièce centrale Hamlet venant contracter par son décor, son texte et sa mise en scène toutes les émotions mise à rude épreuve tout au long du métrage. Hamnet donc n’est pas véritablement un biopic classique sur le plus grand dramaturge anglais, mais une extrapolation de sa vie intime (très peu connue finalement), de ses relations de famille avec ses enfants et son épouse Agnes. Chloé Zhao adopte d’ailleurs son point de vue à elle, présentée comme une guérisseuse (d’autres diront sorcière) dont la proximité constante avec mère nature imprègne puissamment le film d’une atmosphère païenne, magique et primordiale. La première image la montre en symbiose avec les arbres, la forêt et l’ordre naturel, créature fascinante, libre et mystérieuse qui appelle à un naturalisme qui dévie de l’exercice historique pour célébrer un lyrisme minutieux et symbolique.
La nature de l’art
Les faits sont secondaires tant Hamnet célèbre surtout l’existence dans son ensemble, des premiers émois (passionnels), à la découverte de la vie maritale et familiale dans l’Angleterre des Tudors, des premières distances prises et du passage des années, avec une lenteur tout à fait maitrisée qui laisse respirer les êtres et les émotions. La réalisatrice de Nomadland et The Rider trouve un allié de taille avec Lukasz Żal, chef opérateur de Ida, Cold War et surtout La Zone d’intérêt, qui travaille les clair-obscur et les contrastes comme une succession de toiles de maitre, ne citant jamais totalement ses références mais se tournant vers des abstractions particulièrement évocatrices. C’est beau, soigné, fort, intensément poétique et raffiné, mais c’est aussi et surtout un authentique drame qui après une longue scène choc emporte le métrage vers son âme profonde, celle d’une confrontation à la fatalité, à l’inéluctabilité de la disparition et donc de l’éphémère du bonheur. On pourra parfois reprocher là à Chloé Zhao quelques excès mélodramatique, quelques longueurs dans sa manière de scruter la douleur de ses personnages, mais cette souffrance est aussi d’une certaine façon parfaitement nécessaire pour aboutir à cette magnifique dernière séquence célébrant l’art comme une autre forme de magie, prompte à soigner les plaies, faire perdurer l’esprit des êtres perdus et rassembler les âmes dans une communions digne d’un sabbat.
Éblouissant par instant, touchant et vibrant presque toujours, Hamnet est un film transporté de la même façon par son interprétation. Paul Mescal donne à voir un Shakespeare plus humain que jamais quand la sublime Jessie Buckley incarne à l’écran une figure de femme cathartique, puissante et terrienne (la scène de l’accouchement en pleine nature est mémorable), mais on sera sans doute plus surpris encore par la justesse incroyable des trois enfants, Olivia Lynes, Bodhi Rae Breathnach et surtout Jacobi Jupe, absolument renversant dans le portrait de ce petit garçon, le Hamnet du titre, d’une rare maturité.
Image
Petite punition pour les cinéphiles français qui n’auront pas le droit, pour l’instant, à une sortie UHD du film comme aux USA (et presque partout ailleurs). Reste donc un Bluray de très haute facture qui s’empare avec efficacité de la source numérique 4K sculptant admirablement les cadres, jouant des profondeurs et des matières avec une certaine ferveur. Même si la palette de couleur ne pourra pas avoir l’étendue d’une prestation Dolby Vision, les variations de verts de l’omniprésente nature et le rouge de la robe d’Agnes impactent à merveille le tableau.
Son
Deuxième punition, la version doublée française n’est disponible que dans un Dolby Digital 5.1 fonctionnel, propre et plutôt discret. Bien timide à coté du Dolby Atmos de la version originale qui développe l’ambiance sonore bien au-delà des simples dialogues (centraux dans le film) pour installer une ambiance large et enveloppante faites d’effets naturels (vents, pluie, bruissement de la nature…) qui ajoutent constamment à l’atmosphère romantique du métrage.
Interactivité
La partie bonus vidéo ne risque pas de rester dans les mémoires avec son petit détour par les coulisses du tournage, le sujet sur les talents de Chloé Zhao et celui, un peu plus développé, sur la grande reconstitution historique et la fabrication des superbes décors, le tout s’avérant au final assez court et surtout enclin à se célébrer les uns les autres plutôt que de véritablement creuser les thématiques du film. Heureusement, la réalisatrice est bien présente pour un commentaire audio didactique et assez complet où cette dernière parle aléatoirement de la musique, de la mise en scène, de la photographie, des décors, de l’adaptation du livre et bien souvent, de son travail très particulier avec les acteurs autour de la construction de leurs personnages. Quelques silences, mais toujours très courts, et surtout une belle envie de partager sa passion pour le projet.
Liste des bonus
Commentaire audio de la réalisatrice, Une famille pour toujours (7’), Une Atmosphère créative (4’), Reconstituer la période Tudor (10’).







