BLEACH DELUXE T.1

ブリーチ – Japon – 2002
Genre : Action, Fantastique
Dessinateur et scénariste : Tite Kubo
Nombre de pages : 560
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 30 septembre 2026
LE PITCH
Ichigo Kurosaki possède un don particulier : celui de voir les esprits. Un jour, il croise la route de Rukia, une shinigami (un être spirituel), en train de pourchasser une “âme perdue”, un esprit maléfique qui hante notre monde et n’arrive pas à trouver le repos. Mise en difficulté par son ennemi, la jeune fille décide alors de prêter une partie de ses pouvoirs à Ichigo, mais ce dernier hérite finalement de toute la puissance du shinigami. Contraint d’assumer son nouveau statut, Ichigo va devoir gérer ses deux vies : celle de lycéen ordinaire et celle de chasseur d’esprits…
Purification en cours
Classique parmi les classiques du Shonen et même célébré comme l’un des Big Three du magazine Weekly Shonen Jump au début des années 2000 aux cotés de One Piece et Naruto, Bleach aura marqué avec ces 74 tomes et sa vaste saga de protecteurs des âmes humaines toute une génération de lecteurs. Il était alors effectivement temps, dix ans après sa conclusion, que le titre revienne pour une intégrale au format Deluxe.
Consacré aujourd’hui collectivement comme un incontournable du manga moderne, Bleach est aussi connu pour avoir quelque-peu perdu sa voie et son originalité en cours de route, s’étendant au-delà du raisonnable, poussé par un éditeur vers les rives du shonen basique mettant en place des enjeux de plus en plus colossaux et des ennemis immortels et surpuissants. Une dégradation malheureusement assez classique dans le genre qui saute encore plus aux yeux lorsqu’on replonge dans les premières pages de la série. A peine sortie de son précédent titre Zombie Powder qui reposait déjà sur des questions surnaturelles, Tite Kubo abordait donc Bleach par une focale nettement plus réduite, se concentrant durant les premiers chapitres sur la collaboration entre Rukia, shinigami centenaire poursuivant les mangeurs d’âmes appelés Hollows et le héros Ichigo Kurosaki, grand frère un peu bourrin mais protecteur qui va immédiatement se révèler détenteur de grands pouvoirs. Capable de déceler la présence de ces monstres mais aussi de faire apparaitre un zanpakuto (sabre immense qui fait triper mon fils), lui permettant de trancher ces ennemis fantomatiques. L’auteur met en place son univers avec une efficacité indéniable, apportant à chaque chapitre publié de nouvelles informations sur les particularités de cette mythologie croisant shintoïsme et christianisme, tout en explorant les personnages (camarades de classes, jolie amoureuse et futurs alliés) qui gravitent autour du protagoniste.
Par le tranchant de la lame
Les missions de sauvetages et d’éliminations ne manquent déjà pas, et l’artiste impose son sens anguleux de l’action et du découpage, affirmant déjà un style bien établi qui ne demande qu’à se peaufiner encore, mais il préserve encore une tonalité très humaine, portée sur l’émotion et une certaine sensibilité particulièrement prégnante lorsqu’ils s’agit de la famille d’Ichigo. Plutôt que de balancer le trauma de ce dernier et ses proches dès les premières pages, il fait lentement affleurer une véritable douleur, une certaine culpabilité, dont la révélation va directement donner une autre aura au héros tout en explicitant une bonne part de son statut à part. A l’instar d’un certain Demon Slayer qui débutera quelques années plus tard Bleach séduit indéniable pas sa manière de teinter les codes du shonen par une certaine noirceur, voire une réflexion assez frontale autour de l’existence et la mort. Ainsi entre deux scènes plutôt humoristiques, quelques sourires, comportement farfelus et postures, l’histoire confronte régulièrement les personnages à l’implacabilité de la disparation et la cruauté qu’elle revêt pour ceux qui restent et qui doivent survivre avec cette absence. On n’est jamais ici très loin de la chronique adolescente où l’apparition de pouvoirs et la découverte d’une réalité cachée fait directement écho à un passage difficile mais nécessaire vers l’âge adulte.
Premiers actes d’une vaste aventure qui va durer pas moins de quinze ans, les trois premiers tomes initiaux regroupés ici dans un seul et même volume, s’imposent comme une excellente entrée en matière et une introduction assez brillante au récit plus épique et complexe à venir. Pour l’occasion Glénat délivre un format plus large permettant de mieux profiter des illustrations, avec le retour des pages colorisées pour leurs prépublications et même une illustration inédite offerte pour la première édition.




