STAR WARS : THE MANDALORIAN AND GROGU

The Mandalorian and Grogu – Etats-Unis – 2026
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Space Opera, Aventure
Réalisateur : Jon Favreau
Acteurs : Pedro Pascal, Sigourney Weaver, Jeremy Allen White, Martin Scorsese, Jonny Coyne, Lateef Crowder, Hemky Madera, Paul Sun-Hyung Lee…
Musique : Ludwig Göransson
Image : 2.39 et 1.78 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital Plus 7.1 Français, Allemand, Espagnol…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol…
Durée : 122 minutes
Editeur : LucasFilms
Date de sortie : 30 septembre 2026
LE PITCH
La chute du maléfique Empire Galactique a précipité la dispersion des seigneurs de guerre impériaux à travers la galaxie Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin et son jeune apprenti Grogu.
This is the (other)way
La saga Star Wars ne s’arrête définitivement plus à la seule « famille » (ah ah ah) Skywalker et son univers étendu télévisuel se prend même désormais des envies de grands écrans. Après trois saisons qui font le carton plein sur Disney +, The Mandalorian s’offre donc un long métrage en grande pompe, avec le petit Grogu qui s’impose même dans le titre, question de bien faire craquer toute la famille.
C’est d’une certaine façon la grande victoire de Dave Filoni qui œuvre depuis les années 2000 dans l’ombre de George Lucas en développant considérablement l’univers initial de Star Wars. C’était d’ailleurs lui qui réalisait le film d’animation pilote de The Clone Wars en 2008 (une partie du film de 2026 peut d’ailleurs être vu comme une suite), supervisa la série qui suivie mais aussi Star Wars : Rebels, Ahsoka et bien entendu The Mandalorian qui tous partagent une même trame secondaire avec des personnages et évènements en commun. Le fait que Filoni s’offre même un lourd caméo dans The Mandalorian and Grogu appuie la petite fierté bien placée. Après une petite vingtaine d’années passée à la télévision, l’arrivée au cinéma de sa création la plus glorieuse, dont les deux premières saisons marquaient un retour à l’esthétique et à la tradition Star Wars tout à fait réjouissant, sonne alors comme une trop belle occasion pour mettre en avant toutes les qualités affichées du programme de Disney +. Avec un budget un peu plus confortable, les équipes créatives de la série, soit le meilleur de LucasFilms, assurent effectivement largement le spectacle mélangeant allègrement les plus belles images de synthèses avec une volonté constante de revenir aux techniques anciennes (marionnettes, stop-motion, maquettes…) pour préserver l’esprit même de la franchise et ses évolutions. Le travail sur les environnements, les jeux de lumières, les esthétiques des différentes planètes traversées et les nouveaux monstres et robots rencontrés assurent d’un savoir-faire indéniable qui ne donne surtout jamais l’impression de visionner un épisode au rabais.
Le coté un peu obscure
C’est franchement très beau… Oui mais après ? En laissant de coté toute la mythologie désormais complexe de The Mandalorian pour ne pas brusquer le grand public, The Mandalorian and Grogu se veut alors une aventure pulp et assez joyeuse, un contrat de plus dans la douce vie du duo de chasseurs de prime improbable désormais au service de la nouvelle république. Une longue mission soit mais découpée comme une succession d’épisodes où on reconnait le temps d’une visite sur une planète à la Blade Runner les ambitions d’un vieux film de gangsters où le fils de Jabba joue le boxeur (ou gladiateur) instrumentalisé par les mafieux, pour ensuite dévier vers un assaut sur la planète-mère des Hutt avec la parenthèse survival qui donne enfin le premier rôle à Grogu. Un film bourré d’action, de rebondissements, de très courtes apparitions de Sigourney Weaver, mais qui ne réussit jamais à dépasser justement les élans d’un téléfilms grand luxe, à instaurer une vraie notion de danger, d’évolution des personnages, une monté en puissance et des enjeux dignes d’un grand long métrage Star Wars. Et même si les ambitions spectaculaires sont là, difficile pour Jon Favreau (Le Livre de la jungle, Iron Man, Le Roi Lion…) de dépasser son statut de yes-man et d’échapper à son mélange d’académisme sobre et de découpage un poil brouillon, abordant toutes les grandes scènes du film avec un esprit fan-boy (l’ouverture renvoie à L’Empire contre-attaque, la poursuite sur la lune de Shakari calque French Connection en mode rocketman…) parfois assez plombant.
Difficile de résister aux mimiques du petit Grogu et à la classe intacte du fameux Mando, mais cette grande aventure cinéma n’arrive jamais à trouver la bonne distance avec ses origines télévisuelles. Les multiples morceaux de bravoure produits en grand format pour les projections IMAX en mettent certes pleins les yeux mais ne peuvent totalement nous délester de la sensation d’assister à un montage de luxe d’épisodes de la série. S’il avait été produit et diffusé directement sur Disney +, l’opération serait passée comme une lettre à la poste.
Image
On s’attendait à du lourd et on n’est pas déçu. Impressionné même tant la précision de restitution offerte s’avère assez sidérante dans son déluge de détails, de profondeur et de finesse. La copie joue comme en salles Imax des changements de format entre le scope et une image nettement plus large pour les grandes scènes spectaculaires, mais dans tous les cas la qualité est toujours au rendez-vous avec un piqué immuable qui révèle à chaque instant toutes les textures des costumes, personnages réels (humains ou marionnettes) et décors tout en apportant une fluidité admirable dans l’homogénéisation avec les environnements virtuels, les créatures en images de synthèses et même celles en stop-motion. Les variations de luminosités sont aussi riches qu’une palette de couleurs étendues qui fait constamment honneur aux artistes de LucasFilms.
Son
Très efficace, agréable et enveloppant le Dolby Digital Plus 7.1 de la version française retrouve aisément les grandes sensations de la projection en salles. Il est cependant quelques coudées derrières la version originale et son Dolby Atmos ultra ample et ultra percutant qui rejoint les grands mixages Star Wars de ces dernières années avec une énergie décoiffante et un relief bourré de détails dans les profondeurs, dans les verticales, où se marient les ambiances aliens, les voyages spatiaux et les tirs lasers avec générosité.
Interactivité
Sans trop en avoir l’air, les quatre segments proposés dans la section bonus de l’édition (uniquement sur le Bluray cependant) se révèlent plutôt intéressants en évitant gentiment les habituelles interviews de l’équipe en pleine tournée promotionnelle. En effets ces derniers se tournent surtout vers des questions plus techniques allant de la création graphique des différents environnements du film, des véhicules inédits ou revisités en passant par les costumes, mais aussi le doublage, les bruitages, l’intégration des effets numériques et l’importance d’effets spéciaux à l’ancienne alliant maquettes, marionnettes et stop-motion. Avec un joli hommage au grand Phil Tipett à la clef. Les galettes proposent aussi un commentaire audio du réalisateur Jon Favreau qui semble un peu seul dans son exercice (surtout au vu de la double paternité du métrage) délivrant quelques infos sur les origines du passage au cinéma, quelques anecdotes techniques ou de tournage, mais cela reste un peu trop laconique pour passionner.
Liste des bonus
Commentaire audio de Jon Favreau, « La Conception de The Mandalorian and Grogu » (20’), « Biomes : De la neige au marécages » (6’), « Bienvenue à Shakari » (9’), « Le vrai Dejarik » (6’).







