ONIMUSHA : WAY OF THE SWORD

Japon – 2026
Support : PlayStation 5, PC, Xbox Series, Nintendo Switch 2
Genre : Action, aventure
Développeur : Capcom
Musique : Nozomi Ohmoto, Marika Suzuki
Durée de jeu : Moyenne
Langue : Audio et texte en français disponible
Éditeur : Capcom
Date de sortie : 03 septembre 2026
LE PITCH
Plongez dans une mêlée sanglante où l’action au sabre règne en maître. Explorez Kyoto, capitale historique japonaise à l’époque d’Edo, désormais corrompue par de sinistres nuages de miasme. Entre mystère, danger et complots, vivez une aventure palpitante au cœur d’un univers de dark fantasy.
Sabrez le saqué !
Après près de vingt ans d’attente, Onimusha: Way of the Sword marque le grand retour de la célèbre franchise de Capcom. Le titre explore les codes du genre chanbara avec une pointe de fantasy et un soupçon d’horreur, le tout avec une technique remarquable. Un retour qui ressuscite l’art du bushido vidéo-ludique avec beaucoup de talent et quelques petits défauts.
Horreur, fantasy, chanbara… on peut en parler dans tous les sens, à la fin, c’est incontestablement dans les combats que Way of the Sword trouve sa véritable identité. Musashi, le protagoniste, manie le sabre avec une fluidité impressionnante et chaque affrontement repose davantage sur le timing que sur le simple martèlement des boutons. La parade, notamment, occupe une place centrale. Quand elle est bien exécutée, elle permet de retourner une situation délicate, voire d’enchaîner avec une attaque dévastatrice digne des plus belles punitions de versus fighting. En particulier avec le Issen, une attaque qui se lance après une esquive ou une parade avec un timing extrêmement serré. Ce contre procure une satisfaction telle qu’il s’impose comme une des attaques principales. On en vient à préférer attendre les attaques ennemies et à se concentrer sur le moindre mouvement pour tenter de placer son contre. Le système laisse une fenêtre plutôt accessible en début de jeu, mais il révèle progressivement une vraie profondeur lorsque les ennemis montent en agressivité. Les affrontements contre les boss constituent d’ailleurs les moments les plus mémorables de l’aventure, grâce à des animations particulièrement travaillées et à une mise en scène qui évoque souvent le cinéma de samouraïs, le chanbara. Et le tout est servi par une technique aux petits oignons. Le RE Engine fait encore des merveilles ! Décors, effets de particules, mouvements des personnages, exécutions… Rien n’a été oublié pour donner aux combats une dimension spectaculaire.
Les jambes et le sabre
Malheureusement, cette réussite du système de combat ne se retrouve pas toujours dans la structure de l’aventure. En cherchant à moderniser sa formule, Capcom propose des zones plus ouvertes et ajoute davantage d’activités secondaires. Le problème est que ces espaces manquent parfois de variété et que certaines tâches donnent rapidement une impression de répétition. On patauge dans un univers constamment humide et gris, et à part quelques zones à la féerie hautement suspecte, Kyoto reste bien boueuse et monotone. Clairement, par leur manque d’inspiration et leur proposition répétitive, les phases d’exploration ne sont pas à la hauteur des combats. Et même si elles ne représentent pas la majorité du jeu, elles restent assez présentes pour altérer le plaisir. Dans la même veine, le bestiaire peine également à se renouveler et cela se ressent aussi sur les affrontements. Enfin, quelques mécaniques de progression peuvent donner le sentiment de ralentir une aventure qui fonctionne mieux lorsqu’elle se concentre uniquement sur l’action. Ce ne sont que des petits écueils mais ils finissent par être assez nombreux pour peser dans la balance. Heureusement, la direction artistique et la mise en scène compensent en partie ces faiblesses. Le Kyoto imaginé par Capcom mélange références historiques, folklore japonais et horreur fantastique avec une étrange cohérence. Musashi, représenté sous les traits de l’acteur Toshiro Mifune, possède en plus une aura incroyable, alternant très habilement entre sérieux, violence et quelques touches d’humour.
Onimusha: Way of the Sword n’est pas la renaissance parfaite qu’on aurait pu avoir, mais il réussit l’essentiel et nous rappelle pourquoi Onimusha possède encore une identité particulière. Son système de combat précis, ses affrontements de boss et sa réalisation spectaculaire constituent ses principales forces. Dommage que l’exploration et certaines mécaniques modernes viennent parfois casser son rythme. Le sabre reste néanmoins assez affûté pour imposer le respect.







