JUMPERS

Hoppers – Etats-Unis – 2026
Support : Bluray
Genre : Aventure, Animation
Réalisateur : Daniel Chong
Acteurs : Piper Curda, Bobby Moynihan, Jon Hamm, Kathy Najimy, Dave Franco, Meryl Streep, Eduardo Franco…
Musique : Mark Mothersbaugh
Image : 1.85 16/9
Son : DTS HD Master Audio 7.1 Anglais, Dolby Audio + 7.1 Français, Dolby Audio 5.1 Néerlandais et Flamand
Sous-titres : Français, Anglais, Néerlandais…
Durée : 105 minutes
Editeur : Walt Disney France
Date de sortie : 8 juillet 2026
LE PITCH
Mabel, une adolescente passionnée par les animaux, saute (littéralement !) sur l’occasion d’essayer une nouvelle technologie révolutionnaire permettant de communiquer avec eux d’une manière totalement inédite… en se glissant dans la peau d’une adorable femelle castor. Conçu par des scientifiques visionnaires, ce dispositif permet de transférer la conscience humaine dans le corps de robots-animaux plus vrais que nature.
L’étang calme
A l’occasion des 40 ans du Studio, Pixar n’a pas seulement livré dans les salles le fameux Toy Story 5 pour cette année 2026, mais aussi ce Jumpers, quelque-peu bazardé en début d’année sans trop de tambours ou de trompettes. Un projet original cependant (c’est déjà ça), amusant et gentiment délirant mais qui reste cependant bien trop sage.
Pourtant le sujet de Jumpers offrait l’opportunité de renouer avec l’esprit frondeur d’une œuvre comme Wall-E qui, tout en jouant d’une poésie lumineuse et inspirée, mettait les spectateurs face à leur responsabilité en tant qu’espèce. Ici aussi donc il s’agit de venir rappeler que l’humain est toujours prompt à raser son propre écosystème, ne serait-ce que pour gagner quatre minutes afin traverser une ville grâce à une rocade qui traversera joyeusement un ancien étang nettoyé de toute sa vie naturelle. Face à ce projet, Mabel, une étudiante dilettante mais moralement investie, voire acharnée, habitée par la découverte du lieu grâce à une grand-mère disparue. Ce combat de David conte Goliath ne manquait plus qu’un artifice gentiment délirant (une machine qui permet de transférer l’esprit humain dans des robots d’animaux) pour que la révolte des bêtes puisse s’enflammer. Un feu de paille malheureusement, car si le message « nous faisons tous partie du même monde » est illustré avec beaucoup d’humour et la dichotomie entre le règne animal et le libéralisme destructeur illustrée sans détour, très vite les scénaristes baignent Jumpers dans une triste confusion des valeurs.
Huile de castors
La pauvre Mabel qui a épuisée les moyens légitimes de rébellion (manifestations, pétitions…) n’est renvoyée qu’à une colère qu’elle doit apprendre à contenir, tandis que le règne animal ne transfert la sienne, plus légitime encore, que dans une forme de rage meurtrière qui oblige l’héroïne, et certains de ses amis, à tenter de sauver un Maire aussi stupide qu’égocentré. Dans Jumpers, il semble que ce soit moins la destruction de la nature qu’une mauvaise gestion de son agressivité qui soit le problème… La limpidité du message d’un Wall-E semble bien loin, noyé qui plus est dans une comédie souvent survoltée qui rejoue, en plus sophistiqué tout de même, les élans du très lourdaud Les Rebelles de la forêt. La magie de Pixar opère tout de même dans cette excellence technique, sans doute un peu plus discrète ici par les partis pris cartoon, indéboulonnable, et dans cette imagination qui vient régulièrement sauver le moindre gag poussif. De l’hommage aux Oiseaux à une attaque de requin blanc hilarante, en passant par les petits bonheurs du cycle de la vie et de la fameuse chaine alimentaire, Jumpers provoque de nombreux sourires et assure un divertissement familial des plus plaisants.
Mais on est cependant très loin de la finesse d’analyse psychologique, de l’incarnation pointue des personnages et des sous-textes élégamment amenés des débuts. Même la mise en scène de Daniel Chong (We Are Bears), venu de l’animation traditionnelle, manque singulièrement de magie et d’envolés pour dépasser une production qui in fine aurait facilement pu être proposé par un studio concurrent.
Image
Encore un « classique » Disney qui doit apprendre à se passer du support 4K (à contrario des USA) mais heureusement le Bluray reste d’une grande qualité technique. La source entièrement numérique, aux couleurs vives et contrastées n’a pas été bien dure à transférer sur le disque HD assurant une restitution des plus pointue, précise et ferme, avec un bel effort sur les textures et la profondeur. L’aspect légèrement cartoon du film, prenant un peu de distance avec l’ultra réalisme d’autres films en synthèse, facilite le travail mais les jeux de lumières, les contrastes et les rondeurs n’en sont pas moins admirablement rendus.
Son
L’édition fournit une prestation DTS HD Master Audio 7.1 ultra immersive, ample et généreuse qui vaut bien, ou presque, un bon Dolby Atmos. Tout y est à l’équilibre avec une ouverture des canaux particulièrement notable et une dynamique vive et énergique qui sied à merveille à l’esprit du film. Enfin ça c’est pour la version originale, puisque le doublage français doit encore se contenter d’un Dolby Digital 5.1 de la génération DVD. Le doublage est réussi, la partition est pleine d’entrain mais on reste quand même loin des meilleures sensations.
Interactivité
Disney déploie quelques bonus plutôt sympathiques allant de la visite d’une réserve naturelle en compagnie des animateurs venus s’inspirer des véritables animaux, d’un making of plus classique essentiellement tourné sur la nature des personnages et de l’histoire et d’un point plus appuyé sur la première scène du roi Georges et ses multiples évolutions. Basique, accessible, mais jamais vraiment fouillé, ni pour les enfants ou les vrais amateurs d’animation. Reste le bêtisier des doubleurs et l’habituel zoom sur les multiples clins d’œil du film, et surtout une nouvelle sélection de scènes coupées présentées à divers stades de travail (cinématique et croquis essentiellement). Toujours intéressant car outre quelques petits gags abandonnés, elles témoignent d’une approche scénaristique (où Mabel était engagé par les scientifiques) finalement abandonnée en cours de production.
Liste des bonus
« Observation de nos amis les animaux » : L’équipe Pixar explore le parc de Yellowstone, et étudie la faune sauvage (10′), « Un castor pas comme les autres » : Making of (12′), Découpage de la scène « Rencontre avec le roi Georges » : Avec Daniel Chong et son équipe (6′), « Beaverton regorge de clins d’oeil cachés » : Caméos de films Pixar, références cachées et anecdotes (4′), Bêtisier « barragement » drôle : Avec les doubleurs (2′), 6 scènes coupées avec introduction de Daniel Chong et Axel Geddes (19′).







