ALICE AU-DELÀ DES ÉTOILES T.1

ありす、宇宙までも – Japon – 2024
Genre : Comédie dramatique
Dessinatrice et scénariste : Kiko Urino
Nombre de pages : 208
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 20 mai 2026
LE PITCH
Sur le point d’entrer au collège, Alice est une jeune fille intelligente mais “semilingue” : née de parents japonais mais ayant grandi à l’étranger, elle ne maîtrise aucune des deux langues, que ce soit le japonais ou l’anglais. C’est alors qu’un camarade de classe lui promet de l’aider à réaliser son rêve : devenir astronaute pour “ressentir” la présence de ses parents dans l’espace…
L’étoffe d’une héroïne
Déjà éditeur en France de ses deux précédentes créations, De Neige et de flammes et Internet Love!, Glénat reste très attaché à la signature de Kiko Urino et propose le premier tome de Alice Au-delà des étoiles, chronique adolescente et estudiantine pleine d’entrain.
Après un premier essai intéressant du coté de la Fantasy, l’autrice avait montré une certaine capacité à capturer l’air du temps et l’expression des sentiments dans le très contemporain Internet Love !. On reste ici dans un décorum assez proche et en tout cas un titre qui met surtout en avant la proximité de ses personnages. L’héroïne en est donc Alice, adolescente un peu à part, rêveuse et gaffeuse, qui souffre depuis longtemps de grandes difficultés scolaires à cause des nombreux déplacements à l’étranger qu’elle a vécu avec ses parents et donc un apprentissage incomplet des différentes langues qu’elle aborda (japonais, anglais…). C’est le camarade de classe Inuboshi, petit génie de l’école que tout le monde déteste, qui met le doigt dessus et se met en tête de l’aider à progresser et à dépasser son handicap. Les premières planches nous la montre déjà prête à embarquer dans une fusée spatiale, consacrée troisième japonaise à pouvoir s’envoler dans l’espace, et tout l’enjeu du manga est de nous montrer comment d’une élève fragile, elle a pu devenir une cosmonaute de renom.
Décollage en prévision
Avec ses illustrations toujours très légères, expressives et dynamiques, Kiko Urino se laisse joyeusement emporter par la candeur de son héroïne mais aussi et surtout par la rationalisation et le sérieux de ce jeune professeur. Le titre véhicule alors les notions d’effort, de dépassement de soi, d’importance de l’apprentissage, mais sans le ton austère et jugeant de la leçon de morale, préférant surtout rappeler que les élèves en difficultés ou en échec, ne le sont jamais sans raison et peuvent eux aussi croire en leur rêve. Le volume aborde le thème de la résilience (Alice est fortement marquée par la disparition de ses parents) mais aussi par d’autres parfois plus étonnants (le dialogue philosophique, la sensibilité sonores ou la variabilité des couleurs) mais toujours pour nourrir cette maturation d’Alice qui, on s’en doute, va elle aussi apporter de nombreuses choses à son ami (tempérance, tolérance, rapprochement social…) dans un échange de plus en plus équilibré. Il y est aussi question de conquête spatiale, avec la reproduction en version lycéenne de véritables tests de sélection mis en place par la NASA et leurs homologues japonais où peu à peu les capacités d’Alice vont affleurer et surtout sa différence devenir un authentique avantage.
Alice au-delà des étoiles est donc bien une comédie teen, avec parfois des effets graphiques et narratifs proches du shojo, mais l’aborde avec un angle plutôt original qui pour l’instant suffit à attiser la curiosité du lecteur. En cours de prépublication dans la revue Big Comics Spirit, le titre en est déjà à son sixième tome au Japon et a gagné l’année dernière le prestigieux Grand Prix du Manga Taisho.





