L’ÉVASION DE COLDITZ T.1 : ZUGZWANG

France – 2026
Genre : Aventure, Histoire
Dessinateur : Alejandro Gonzalez
Scénariste : Salva Rubio
Nombre de pages : 104
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 20 mai 2026
LE PITCH
Allemagne, 1939. Gérard Bonaventure, pilote français engagé dans la Royal Air Force est capturé par les nazis. Connu pour s’être échappé de plusieurs camps de prisonniers, il est transféré cette fois vers un lieu dont personne ne s’évade : Colditz. Les nazis ont fait de ce château une prison inviolable ! Mais pour Bonaventure, la guerre ne s’arrête pas là. Il garde une mission en tête : voler de nouveau.
Les indomptés
Durant la Seconde Guerre Mondiale, entre les murs du château de Colditz se jouet une partie d’échec pas comme les autres. Celle-ci oppose un pilote français, aidé de ses compagnons officiers et le Kommandant Schwab, directeur de la prison, et l’enjeu est tout simplement de reprendre sa liberté.
Comme une parenthèse au milieu d’un conflit meurtrier, et alors que les Nazis prouvaient leur inhumanité dans les camps de concentration, les évènements qui se déroulèrent dans le château de Colditz ont toujours fasciné le grand public, alimenté par de nombreux témoignages, romans et film comme le très célèbre Les Indomptables de Colditz de Guy Hamilton. Une vision d’ailleurs en général essentiellement anglo-saxonne alors qu’il s’avère que les lieux furent jusqu’en 1943 largement occupés par des soldats français, aux cotés des camarades polonais, hollandais et bien entendu britannique. Et pas n’importe-quels prisonniers puisqu’ils s’agissait en grande majorité d’officiers, tous remarqués pour leur tendance à l’évasion et l’insubordination. Dans ce lieu où étrangement (et c’est avéré) la Convention de Genève était respecté le sport favori était alors de trouver un nouveau moyen de se dérober au regard des gardes et rentrer au pays. Auteur des nettement plus dramatiques Le Photographe de Mauthausen et La Bibliothécaire d’Auschwitz, le scénariste historien Salva Rubio se penche cette fois-ci sur un épisode beaucoup plus aventureux de cette période sombre et retrouve alors l’esprit de ces grands classiques d’autrefois, de La Grande Évasion à Stalag 17, où l’héroïsme de ces gentlemen en treillis forçait l’admiration des spectateurs et ridiculisait les contingents allemands.
Le soleil brillera
Basé une nouvelle fois sur de véritables recherches historiques, L’évasion de Colditz va ainsi suivre les multiples tentatives souvent orchestrées par le héros Gérard Bonaventure et ses camarades d’infortunes, et les trésors d’imaginations et d’astuces mis en place pour narguer la rigidité de l’ennemi : déguisement multiples, le classique tunnel, diversions à loisir, objets dissimulés dans les courriers, moqueries incessantes… Quitte une fois pris à se retrouver pour un mois à l’isolement ou privé de loisirs. Les grands plans se mettent d’ailleurs aussi en place avec les autres camarades européens, échos des grandes alliances stratégiques qui se réorganisaient dans le reste du monde. On suit chaque nouveau plan avec intérêt, chaque recapture avec désarrois et la longue mise en place de visites dans la réserve du courrier ne manque certainement pas de suspens. On a parfois bien du mal à se dire que s’est plus ou moins véritablement déroulé, tant tout cela ressemble bien souvent à un grand jeu de gosse, affrontements presque puéril de quelques privilégiés ne craignant pas d’être fusillés ou affamés… et pourtant plus d’une trentaine de prisonniers réussirent véritablement à s’échapper de Colditz.
Cet équilibre entre les nombreux épisodes de ce récit d’aventure et son ancrage dans un authentique contexte historique donne un charme certain à cette lecture, ultra rythmé et qui d’ailleurs n’a pas opté graphiquement pour des illustrations trop réalistes et rigides. L’illustrateur espagnol Alejandro Gonzalez (Duke Nukem: Glorious Bastard, Injustice Les Dieux sont parmi nous) pratique en effet un trait beaucoup plus souple, presque animé et apporte beaucoup de dynamisme à l’ensemble tout en s’appuyant sur des personnages au designs bien typé tout droit sortis d’un vieux film de guerre. Logique.




