SHINOBI UNDERCOVER T.1

しのびごと – Japon – 2024
Genre : Action, Comédie
Dessinateur : Santa Mitarashi
Scénariste : Ippon Takegushi
Nombre de pages : 192
Éditeur : Soleil Éditions
Date de sortie : 5 mars 2026
LE PITCH
Même dans le Japon moderne, les ninjas agissent toujours dans l’ombre. Le jeune prodige Yodaka a reçu une mission, protéger la lycéenne Aoi à tout prix. Mais il ignore encore qu’en plus de devoir affronter des adversaires redoutables, il va être confronté à un univers impitoyable pour un phobique des interactions sociales… le lycée !
Mon ninja à moi
Sortie en grande pompe pour Shinobi Undercover, le nouveau shonen star de Soleil Édition toujours en cours de publication au Japon dans le mythique Shonen Jump. Le premier tome est disponible en édition standard et en édition collector avec une couverture légèrement métallisées, 3 ex-libris et un petit livret consacré à la courte histoire « Something Only I Don’t Know » des mêmes auteurs.
Déjà actuellement à son septième volume dans son pays d’origine, Shinobi Undercover marque le grand retour d’Ippon Takegushi et Santa Mitarashi qui certes n’avaient pas réussi à faire perdurer leur titre précédent, le très rigolo et un peu barré Candy Flurry et ses sucettes surpuissantes, mais qui avaient au moins déjà imposé un ton et une certaine maitrise du genre. Ici aussi d’ailleurs le concept fait immédiatement mouche avec cette société secrètes de ninjas qui existerait toujours dans le monde contemporain, mais dirigée par une branche gouvernementale, utilisée pour les éliminations furtives et les protections rapprochées sous couverture. Parmi ces agents, Yodaka est déjà une petite légende de par ses habilités mortelles et invisibles, mais il a cependant de très grosses défaillances sociales et une timidité maladive. Envoyé protéger une jeune lycéenne menacée par une mystérieuse organisation, il doit alors faire face à la pire épreuve de sa vie : le regard des autres !
L’académie des ninjas
Sur un arrière-plan de série d’action tendue et ménageant de nombreux combats nerveux et plutôt aiguisés dans leurs découpages, Shinobi Undercover joue surtout la carte de la comédie adolescente, s’amusant constamment des réactions de son héros constamment mal-à-l’aise malgré les encouragements (parfois bien autoritaires) de son conseillé personnel dans son oreillette, mais aussi des maladresses de la jolie Aoi, dont la bonté naturelle et le besoin d’agir face à la moindre injustice ne fait que menacer la mission des ninjas. Car Yodoka n’est pas seul, dès la seconde moitié du volume ses collègues Umineko et surtout Hibari qui cache derrière ses airs enjoués un caractère terrifiant, s’installent solidement dans le paysage. Le récit est déjà bien dense, introduisant au passage la présence de nukenin (des ninjas renégats) particulièrement retors et implacables, alternant les grandes scènes de combats constamment complexifiées par le besoin de ne pas être repérés, et les pures scènes de comédie, voire les petits moments touchants et les premières marches (on s’en doute) vers un soupçon de romance typique de ce genre de récit. Pas le temps de s’ennuyer, la caractérisation des personnages se fait au fil de l’eau, en même temps que tous les enjeux et les premières pièces du puzzle de mettent en place. Ippon Takegushi se montre ainsi particulièrement efficace dans son jonglage constant entre les différentes tonalités, sans jamais se vautrer dans les gags trop faciles, ou les débordements vers des meurtres trop violents ou des ambiances trop noires.
Un bon sens de l’équilibre dans la grande lignée de la revue Shonen Jump, fun, divertissant et prometteur, et qui est clairement promis à un joli petit succès en France aussi.



