RAMBA : PARDONNE MES OFFENSES

Italie – 2026
Genre : Action, Erotique
Dessinateur : Andrea Bulgarelli
Scénariste : Marco Delizia
Nombre de pages : 48
Éditeur : Tabou BD
Date de sortie : 19 février 2026
LE PITCH
Sierra de Guadarrama, arrière-pays madrilène, en Espagne. Dans ce pays montagneux et reculé, un monastère majestueux et lugubre trône. À sa tête, la mystérieuse Torque Madré veille avec autorité et application sur ses ouailles. Inquiétés par l’appel mystérieux de leur fille pensionnaire de l’établissement, de riches italiens font appel à la célèbre agence privée de Ox et Ramba. Leur mission ? Ramener coûte que coûte la jeune fille à la maison !
Ramba II : New Blood
Il y a à peine un an, Tabou BD nous permettait d’assister à la renaissance miraculeuse de la formidable Ramba, reine des mercenaires et guerrière du sexe, s’échappant enfin d’une retraite pas du tout méritée. Un tour de chauffe, avant qu’elle ne revienne aux choses plus sérieuses avec Pardonne mes offenses, toujours servis par Marco Delizia et sublimé par Andrea Bulgarelli.
Si effectivement le précédant tome Une Heure à tuer était une bonne surprise, en particulier grâce à une prestation graphique de haute volée, il faut reconnaitre que le scénario concocté par le créateur historique Marco Delizia manquait tout de même d’ambition avec son petit gang de violeurs à castrer sur la plage. Mais ce second volume s’échappe de la petite anecdote façon fait-divers pour embarquer la belle et musclée Ramba, se cachant toujours entre deux missions dans un salon de coiffure aux mœurs très particuliers, vers la campagne espagnole. Des vacances sur la plage libertine du coin ? Que nenni, sur les traces d’une adolescente, pensionnaire malheureusement dans un bien curieux monastère et qui aurait appelé sa riche famille à l’aide grâce à un portable planqué. Bien entendu avec sa discrétion légendaire, son efficacité sans pareil et sa mesure en toutes choses, Ramba était la femme idéale pour mener ce sauvetage à bien : à peine arrivée sur les lieux elles s’envoient deux esclaves bien membrés de la mère supérieure, s’offre un cuni avec une sœur assoiffée avant de lui balancer un bastos dans le crâne, et fout le feu au bâtiment alors que les voitures de la police hurlent alentours.
Le choix des armes
D’emblée le cadre choisi pour l’histoire renvoie à toute l’imagerie délicieusement impie de la nunsploitation et ses débordements les plus culs, salles des tortures et lesbianisme débridé compris, et semble nettement plus motivant pour le talentueux Andrea Bulgarelli (Suspiria de la cour des ténèbres) qui s’en donne à cœur joie dans les ambiances gothiques et décadentes. Un sacré plus pour un trait déjà particulièrement précis et impeccablement détaillé, retrouvant toute cette énergie de l’école érotique italienne, entre réalisme et fantasme, et que le dessinateur pousse sans doute encore plus loin ici dans ses gros plans resserrés capturant comme jamais les crispations d’un plaisir orgasmique. On comparait dans le précédent article Bulgarelli au maitre Buscema, roi de l’anatomie et de la pose athlétique, on lui trouverait presque ici une filiation avec le français Solé pour un hyper-réalisme qui frôle l’humoristique et la farce parodique. Logique car rien n’est jamais à prendre au sérieux dans Ramba, que ce soit la critique cléricale bien lourdingue ou les grosses parties de jambes en l’air, bourrines et sauvages, pleines de cris et de sueurs, où l’on s’insulte autant qu’on se chevauche.
Pardonne mes offenses se montre ainsi un cran au-dessus du premier tome, trouvant un décor et une trame plus adéquate, installant au passage une nouvelle ennemie d’envergure qui pourrait devenir récurrente, et permettant une fois encore à Andrea Bulgarelli d’exposer sans vergogne son talent insolent. Sans doute la meilleure chose qui pouvait arriver à Ramba.



