NAOMI SAISON 1

Naomi: Season One #1-6 – Etats-Unis – 2019
Genre : Super-héros
Scénariste : Brian Michael Bendis, David F. Walker
Illustrateur : Jamal Campbell
Nombre de Pages : 168
Éditeur : Urban Comics
Date de Sortie : 25 septembre 2020
LE PITCH
Les habitants d’une petite bourgade du nord-ouest des États-Unis sont chamboulés par un combat en centre-ville entre Superman et Mongul qui a entraîné autant de dégâts que d’attention. L’affrontement éveille par ailleurs la curiosité de la jeune Naomi qui s’interroge sur son passé et ses racines, avant son adoption par ses parents. Les réponses ne vont pas tarder à venir et ces secrets de familles vont aller jusqu’à mettre en jeu la survie de la Terre elle-même !
Wonder Girl
Après revoir repris en mains quelques-unes des grandes figures de sa nouvelles maison DC Comics, il était important que Brian M. Bendis passe à l’étape suivant en y inscrivant directement une création originale. Et c’est au sein de la gamme Wonder Comics, et ses titres teen, que ça se passe.
Si aujourd’hui la grande masse de lecteur de comics est essentiellement adulte, l’une des quêtes perpétuelles des deux grands éditeurs de BD américaine est de draguer le lectorat adolescent, capable effectivement d’investir largement l’argent de leurs parents dans leurs passions, mais aussi de rebooter des titres et univers super-héroïque. Tout le monde se souvient de l’impact provoqué par New Teen Titans, Les Étranges X-Men (rejoint par Les Nouveaux mutants) et un peu plus récemment…. Ultimate Spider-man. Scénariste solide, Bendis n’a pas signé que des chefs d’œuvre (mais quelques-uns tout de même), mais il réussit deux petits miracles en rebootant les aventures trépidantes du plus sympathique des tisseurs, puis en le relançant à nouveau quelques années plus tard en écartant Peter Parker au profit d’un certain Mile Morales. Une longue série qui a aujourd’hui marqué l’histoire Marvel (il suffit de voir l’excellent film d’animation Spiderman New Generation) parce qu’elle a constamment su humer l’air du temps, proposer du neuf et surtout capter avec sincérité l’énergie propre à cet âge aussi attachant que casse-couille de l’adolescent.
Here comes a new chalenger
Un petit miracle que le bougre reproduit directement ici, épaulé par son camarade David F. Walker (Bitter Root, Occupy Avengers), en donnant naissance à cette Naomi, dont le prénom, tout en simplicité humaine, est le titre même de la série là où on aurait pu s’attendre à une Wonder quelque chose ou Super machine. Preuve que la série qui se découpe en « saisons » de 6 fascicules n’entend pas forcément imposer une nouvelle quête cosmique ou blockbuster explosif… ou du moins pas tout de suite. Les deux scénaristes préfèrent s’attarder sur le personnage central, jeune fille adoptée toujours en questionnement sur ses origines, vivant quelque part dans une banlieue calme et paumée loin de Metropolis, et dont la petite vie va être bousculé par le passage éclair de Superman (17 secondes !). La gamine et sa meilleure amie ; la gamine et sa bande de pote ; la gamine et ses parents plein d’amour, la justesse et le naturel des dialogues, le rythme laissé au service des personnages, Naomi fonctionne à merveille et rend tout ce petit monde immédiatement attachant et proche. Il faut dire que la modernité et l’expressivité des illustrations du prodige Jamal Campbell (Power Rangers, Far Sector…) impose un ton lumineux et vif, et s’amuse à multiplier les variations de découpages (horizontaux, verticales, en gaufrier, panoramas de deux planches…) comme pour mieux refléter l’effervescence de Naomi. Finalement le fait que ce premier album soit une Origin Story et l’introduction d’une nouvelle super-héroïne extraterrestre débutante mais déjà puissante, en devient presque secondaire. Tout comme le fait que ces évènements s’immiscent discrètement dans l’histoire éditoriale DC (entre Crisis et guerres Ran-Thanagarienne).
Une très jolie série qui traite de la recherche de son identité et de sa place dans le monde, qui appose un bel espoir sur la nouvelle génération et mêle admirablement teen-comedy et envolées spectaculaires, Naomi mérite largement son carton outre-Atlantique.




