MÉTAL HURLANT N°18 BIS : LOVECRAFT VINTAGE

France – 2026
Genre : Horreur, Fantastique
Dessinateurs : Enki Bilal, Philippe Druillet, Moebius, Alberto Breccia, Jean-Michel Nicollet, Philippe Foerster, Esteban Maroto…
Scénaristes : Jean-Pierre Dionnet, Rodolphe, Norberto Buscaglia…
Nombre de pages : 272
Éditeur : Les Humanoïdes Associés
Date de sortie : 8 avril 2026
LE PITCH
Dans ce numéro faisant écho au Spécial Lovecraft de 1978, vous trouverez le nectar de la BD lovecraftienne des années 1970 à 1990. Que ce soit chez les Américains ou les Franco-Belges, H.P. Lovecraft a eu un impact profond et tentaculaire sur la créativité des auteurs d’imaginaire, et Métal vous a sélectionné ce qui s’est fait de mieux. Alors plongez avec nous dans l’univers du Maître de Providence aux côtés des légendaires Mœbius, Bilal, Caza, Claveloux, Chaland et tous les autres !
Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu
Deux ans après avoir proposé un premier numéro Lovecraft permettant à la nouvelle garde de se laisser envahir par les cauchemars innommables, Métal Hurlant revient pour un numéro spécial cette fois-ci uniquement composé d’adaptations et inspirations signées par les plus grands et extraites des archives les plus sombres. Que du beau monde et des trésors oubliés qui s’étalent sur des pages maudites.
La rédaction dirigée par Jerry Frissen aurait sans doute pu se contenter de reprendre plus ou moins tel quel le numéro historique de 1978, spécial Lovecraft devenu culte, mais la voie choisie se montre finalement nettement plus riche, sombre et sinueuse, avec une collection de récits et de BD piochées allègrement sur une vingtaine d’années de publications libres et aléatoires. Métal Hurlant canal historique forcément mais aussi Pilote, Fluide Glacial, A Suivre et quelques albums plus rares encore, perdus ou restées jusque-là exclusifs au marchés espagnol ou américain. Des pages sacrées, revenus du fond des âges (demandez aux jeunes, les 80’s c’est la préhistoire) où forcément rejaillissent à nouveau les maitres créateurs des Humanoïdes Associés comme Moebius qui imagine avec un joli sens de l’absurde dans les salles secrètes d’un gouvernements giscardien un culte dévoué à un certain Ktulu ou inévitablement le gourou Druillet avec des extraits de son délirant Necronomicon illustré accompagné d’un texte analytique complet sur les liens entre le graphiste et l’auteur de Providence par Alex Nikolavitch. Kaza est bien entendu lui aussi de la partie avec son conte cauchemardesque et cosmique Mandragore, tandis que le ténébreux Jean-Michel Nicollet semble vouloir se perdre totalement dans l’esprit dérangé de son maitre avec Fièvre puis H.P.L.
Les apôtres
Incontournable mais peut-être un peu attendus finalement, le magazine se montre particulièrement lumineux lorsqu’il redonne vie à des prestations connues presque uniquement par les détenteurs des savoirs interdits. A l’instar de ces premières œuvres signées par un Enki Bilal que l’on ne fait que deviner parfois dans ces constructions fantasmagorique à la Druillet et ses contours fiévreux à la Tardi et qui en trois voyages dans une France rétrofuturiste et apocalyptique (Le Bol Maudit, A tire d’aile et Ophiuchus réinvente les voyages spirituels cosmiques et les métamorphoses douloureuses et mystiques de Lovecraft. Autres trésors, l’adaptation directe et tout simplement brillante de L’appel de Cthulhu par Esteban Maroto devait être publié en Espagne par un éditeur qui fit faillite mais fut heureusement sauvé par l’américain Warren Publishing avec des textes revus par l’illustre Roy Thomas (Conan chez Marvel). Le découpage en chapitre y est tendu à la perfection, les textes sont réduits à l’essentiel laissant l’artiste étaler la précision hallucinante de son encrage, de ses jeux d’ombres et de visions de créatures impies aussi merveilleuses qu’effrayantes. L’école espagnole sied à merveille aux petites mondes nébuleux comme le prouve les deux adaptations plus académiques dans l’écriture (très présente) de Norberto Buscaglia de L’Abomination de Dunwich et Le Monstre sur le seuil mais totalement sublimées par les lavis renversant du talentueux Alberto Breccia se donnant presque des airs de drame réaliste avant de plonger dans une suggestion surnaturelle étonnement poétique. C’est beau, terriblement beau.
D’autres belles surprises attendent les lecteurs dans ce numéro évènement, complété comme il se doit par une traversé de grands créateurs maudits (et douteux) par mister Otto Madox, une interview passionnante avec le mangaka Gou Tanabe dont les adaptions de HP sont devenus des références, une autre du peintre Ian Miller, connus pour ses couvertures anglaises étonnantes des romans Lovecraft et divers articles on ne peut plus dans le thèmes (la série Lovecraft Country, le jeu Sherlock Holmes : The Awakened…). Gare à vous !



