BATTLEBEAST T.1

Invincible Universe : Battle Beast #1-6 – Etats-Unis – 2025
Genre : Action, Space Opera
Dessinateur : Ryan Ottley
Scénariste : Robert Kirkman
Nombre de pages : 184
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 2 avril 2026
LE PITCH
Condamné à une soif de violence inextinguible, BATTLE BEAST parcourt l’univers à la recherche du seul guerrier plus puissant que lui – et d’une mort glorieuse, son unique récompense. Mais même dans un univers peuplé de Viltrumites redoutables comme Invincible et Omni-Man, il semble que personne ne puisse arrêter le guerrier le plus dangereux de la galaxie… à moins qu’il ne commette l’impensable.
La vie est une bataille à mort
Robert Kirkman et Ryan Ottley se retrouvent enfin pour relancer l’univers d’Invincible. Après huit ans d’absence, Battle Beast est la première série inédite (en attente la prochaine Capes) à explorer la galaxie de ce fameux super-héros et elle s’attache à décrire le destin de l’un de ses guerriers les plus puissant et sanguinaires.
Comme le rappel la première planche de l’album, Battle Beast avait effectivement marqué de son empreinte sanglante la série principale, écrasant dans un premier temps l’ensemble des Gardiens du globe et leurs alliés. La série en présence se déroule ainsi entre les volumes 3 et 5 de la dernière intégrale, suivant la quête insatiable de ce guerrier de l’espace pour trouver un concurrent à la hauteur. Un anti-héros à la recherche d’un challenge, d’une violence libératrice et sans doute aussi comme il l’affirme d’une fin glorieuse. Dans un premier temps Kirkman s’amuse à plaquer sa narration sur le caractère franchement bourrin et brutal du protagoniste, enchainant les combats ultra gores, les rencontres qui finissent mal et les remarques totalement cyniques sur le bien, le mal et qui dévore l’autre. Mais peu à peu, il sait aussi creuser plus avant son personnage et montrer d’authentiques fêlures qui explique en partie sa fascination pour la violence et le massacre. Personnage relativement monolithique, sorte de Conan fauve du cosmos, Battle Beast se devait dès lors d’être accompagné d’acolytes à sa hauteur. Le scénariste ne manque pas d’humour et l’acoquine avec un prince déchu et à moitié mangé par son ancien bourreau, et la conscience IA d’un vaisseau qu’il vient de pirater. Le premier tente constamment de faire ressortir le meilleur dans ce barbare qu’il va convaincre d’aller libérer sa planète (surtout pour anéantir une alien massive), tandis que le second ne cesse de trouver le meilleur moyen possible pour s’en débarrasser… définitivement.
Pour rugir de plaisir
Un trio de choc qui apporte une bonne dose d’humour décalé et pourquoi pas un peu de tendresse dans un comic de brutes. L’auteur retrouve pleinement le ton et fraicheur de la série principale mais lui offre un versant Space Opera nettement plus décomplexé et nettement plus sanguinolent (il fallait le faire) puisque Battle Beast a tout de même comme fâcheuse tendance à bouffer ses victimes. On apprécie aussi le glissement progressif du récit au cadre SF vers des épisodes de plus en plus proches d’une geste Fantasy (rencontre avec une sorcière, fabrication d’une épée magique, libération d’un peuple oublié…) montrant que le titre peut effectivement aisément se plier à l’inspiration de son créateur. Une aventure qui ne pouvait au passage qu’avoir Ryan Ottley comme illustrateur, lui qui a définitivement apposé sa marque sur les meilleurs épisodes d’Invincible (mais aussi sur Brit) et qui retrouve loin de chez Marvel (Spiderman, Hulk…) toute la frénésie qui peut le caractériser. Son style est plus racé que jamais, vif et dynamique, les planches toujours fouillées et habitées, mais l’artiste fait surtout très mal dans les nombreuses séquences de batailles (contre un seul ennemi ou une armée) développant un dynamisme effréné et ultra tranchant, profitant de chaque occasion pour se baigner dans tous les excès du gore graphique. Attention ça tache !
Un retour en force pour le Invincible Universe avec un titre franchement fun et parfois décapant. Plus ou moins annoncé en trois volumes et toujours en cours aux USA, elle permet d’y remettre les griffes sans trop se prendre la tête (pas besoin d’avoir lu le reste pour comprendre l’histoire) tout en démontrant les talents d’entertainer rock’n’roll de ses auteurs.




