CADAVRES À LA PELLE

Burke & Hare – Royaume-Uni – 2010
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : John Landis
Acteurs : Simon Pegg, Andy Serkis, Tim Curry, Tom Wilkinson, Michael Smiley, Gabrielle Downey, Christopher Lee, Jessica Hynes, Isla Fisher, Hugh Bonneville…
Musique : Joby Talbot
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 5.1, Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 91 minutes
Editeur : L’Atelier d’Images
Date de sortie : 16 juin 2026
LE PITCH
Dans l’Édimbourg du XIXe siècle, deux compères sans le sou et vivant d’arnaques réalisent qu’un cadavre frais vaut une petite fortune auprès des écoles de médecine en quête de corps à disséquer. Poussés par l’appât du gain, ils se lancent alors dans une entreprise macabre aussi lucrative que dangereuse.
Hors du trou
Après 12 ans d’absence sur grand écran, John Landis marquait son grand retour en 2010 avec une petite comédie bien noire et macabre en terre britannique. Le regard qui frise du bonhomme se portait cette fois-ci sur deux figures criminelles bien célèbres, les terribles Burke & Hare, voleurs de cadavres et assassins notoires, interprétés pour l’occasion par les deux bateleurs Simon Pegg et Andy Serkis.
Il est de commune mesure de rappeler que John Landis n’a jamais été un immense cinéaste. Au-delà de l’immense sympathie que l’on peut avoir pour lui (c’est l’un des mecs les plus drôle de la planète), il a longtemps été cependant un vrai roi de la comédie américaine enquillant les classiques plus ou moins cultes comme American College, Les Blues Brothers, Un fauteuil pour deux, Trois amigos ou Un Prince à New York. Mais les années 90/2000 ont été bien moins tendres avec lui et le mojo semblait tout bonnement avoir disparu, si ce n’est sur le petit écran avec l’excellente série Dream On ou ses deux épisodes les Masters of Horror. C’est d’ailleurs en renouant avec l’esprit décalé et les tonalités macabres du fabuleux Le Loup-garou de Londres et de son clip Thriller pour Michael Jackson, que Landis semble avoir retrouvé l’inspiration, emballé par cette relecture d’un terrible fait divers survenu au début du 19eme siècle à Édimbourg où deux crapules aussi malines qu’amorales, se lancèrent dans le commerce de cadavres pour les écoles de médecine de la ville. Mais les morts n’étaient pas assez réguliers, ils décidèrent d’accélérer un peu le process en zigouillant eux-mêmes leurs futures marchandises.
Y a pas de métiers honteux
L’idée saugrenue de Cadavres à la pelle est de faire de ces deux types patibulaires, deux braves couillons, plutôt attachants, qui tentent simplement de s’en sortir et de satisfaire leurs douces et belles. Presque des romantiques ces deux gaillards, souvent plus maladroits que professionnels, que Landis s’amuse à suivre dans leur lente ascension commerciale tout en décrivant avec un ton on ne peut plus british, l’ambiance plus que douteuse qui régnait sur la ville à cette époque. Une série de portraits haut en couleurs, volontairement caricaturaux mais toujours avec le coté pince-sans-rire de nos amis britishs, qui se joue finalement constamment de cette omniprésence de la mort, de la décomposition et d’une finalité (voir les exécutions publiques qui ne suscitent plus qu’un bref intérêt) finalement banalisée. Dans cette cité, admirablement reconstituée dans tous le Royaume-Uni et aux fameux studios Ealing, Landis construit ainsi une farce truculente qui oscille entre quelques gags de slapstick (la poursuite du tonneau, les meurtres ratés…), l’ironie noire et une multitude de petites références bien placées (le gag sur l’haleine est… pour les spécialistes de l’histoire de la médecine) qui certes ne provoque jamais de grands éclats de rire, mais une certaine connivence loin d’être déplaisante.
Simon Pegg (Shaun of the Dead, Star Trek) et Andy Serkis (Le Seigneur des anneaux) font parfaitement le show, roulant des yeux et de la voix, mais le casting recèle d’autres trésors avec un défilé de pointures de l’école anglaise (Hugh Bonneville, Bill Bailey, Tom Wilkinson, Tim Curry…) et des tas de copains venant apparaitre en guest pour une scène ou un plan comme Sir Christopher Lee, Jenny Agutter, le réalisateur Michael Winner, Ray Harryhausen et même Costa-Gavras et toute sa famille pour une séance de photo très frenchy. Un petit côté Qui est-ce ? qui ajoute un bon esprit à ce divertissement presque convivial et décidément sympathique. Quelle injustice tout de même que cela reste le dernier film signé par ce cher John Landis.
Image
Assez injustement boudé par les éditeurs, le film n’a d’ailleurs pas de Bluray aux USA, Cadavres à la pelle se dote enfin d’une sortie vidéo notable en France. Le disque HD propose une copie plutôt solide, affirmant des cadres bien propres, stables et détaillés, avec un piqué assez soutenu et une palette de couleurs qui tient très bien la route, jusqu’aux noirs assez profonds et solides. Il est évident que ce master est hérité de l’ancienne source vidéo déjà visible sur quelques DVD parus en 2010, mais la transition se fait sans problème même si le manque de profondeur de certains plans souligne qu’il y a encore une petite marge de progression possible.
Son
Le doublage français est assez décevant avec un mixage trop désincarné et des voix pas toujours des plus convaincantes. On préfère largement la vo pour bien profiter des différents accents et des interprétations outrées de la bande. Le mixages DTS HD Master Audio 5.1 accompagne le tout avec beaucoup d’énergie et même si les effets manquent parfois de subtilités, l’ambiance décalée est là avec une restitution bien claires des jolies musiques de Joby Talbot.
Interactivité
L’Atelier d’images propose en premier lieu sur son disque Bluray de retrouver les anciens bonus DVD avec une petite série de scènes coupées dotées de quelques gags supplémentaires (et qui bizarrement auraient eu pour beaucoup leur place dans le film), ainsi qu’un making of relativement classique montrant une équipe enthousiaste et prompte aux congratulations collégiales, mais qui permet aussi de croiser à intervalles régulières un John Landis toujours aussi loquace, friand d’anecdotes sur ses collaborateurs et à l’humour irrésistible.
L’éditeur français a aussi invité le critique Fred Teper pour une présentation du film, avec un retour sur les faits réels qui ont inspiré le film, la trajectoire du cinéaste, la renaissance des Ealing Studios et le ton très particulier du film qui provoqua quelques incompréhensions chez les distributeurs et les spectateurs.
Liste des bonus
Présentation du film par Fred Teper, Les chroniques de Cliffhanger & co (14’), « Talents à la pelle » : Entretiens avec l’équipe du film (29’), Scènes coupées (11’), Bêtisier (2’), Bande-annonce (2’).







