LES SEIGNEURS MAGES T.1

France – 2026
Genre : Fantasy
Dessinateur : Greg Mauny
Scénariste : Juliette Fournier
Nombre de pages : 48
Éditeur : Vents d’Ouest
Date de sortie : 1 avril 2026
LE PITCH
La mort de Yalnus, le puissant seigneur mage, marque profondément le pays et très vite se pose la question de sa succession. Pendant ce temps, Kain et sa petite sœur Niméa rêvent, eux aussi, de devenir des mages, mais ils sont jeunes et inexpérimentés…
Une aventure d’ailleurs
L’autrice de la série Les Semi-déus propose le premier tome d’une trilogie en devenir : Les Seigneurs mages. Un récit initiatique dans un univers de Fantasy. Cela aurait pu être une publication ultra-classique, énième naissance d’un jeune héros plein de fougue au milieu d’un monde de dragons post-Tolkien… mais ce n’est clairement pas le cas.
On reconnait déjà d’une certaine façon l’écriture de Juliette Fournier, où en tout cas l’âme qui habite Les Semi-deus dès les premières pages de ce premier tome. La structure est relativement classique, introductive avec ses deux personnages principaux, un jeune guerrier dans l’âme et sa « petite » sœur plus fragile à protéger, mais pourtant par leur positionnement par rapport au monde qui les entoure, quelques bribes décimées dans les dialogues, soit la charpente qui se monte peu à peu pour installer l’univers de la série, on comprend que l’aventure sera bien plus complexe que cela. Il sera bien entendu question de se dépasser, de trouver sa place dans le monde adulte et de voir au-delà des légendes, mais surtout de découvrir quel est justement le fonctionnement de ces royaumes entièrement dirigés par des mages. Des sorciers vivant depuis des millénaires pour certains, protégeant, guérissant les simples gents, mais s’octroyant aussi les richesse et la magie au détriment des autres. Pourquoi d’ailleurs doivent-ils récolter ces œufs de odiums qui apparaissent une fois que les créatures ont été occis par les membres de guides au péril de leur vie ? Avec la mort de Yalnus qui régnait en maitre sur la région depuis 3000 ans et les nombreuses tensions liées à sa succession, on imagine bien que le récit va considérablement accentuer ses échos politiques et écologiques par la suite.
Enchantement
Pour l’instant, le scénario pose les bases comme il se doit, mais sans lourdeur et en apportant quelques personnages secondaires hauts en couleurs à l’instar ce duo de mage, Dariel et Mirus, dont le regard cynique et lucide sur les évènements saupoudre le tout d’un peu d’humour. Un tableau qui a de la présence, de l’existence, de l’épaisseur mais qui attire beaucoup, il faut bien le dire, par sa personnalité visuelle. Pour son tout premier album, Greg Mauny impose un sacré coup de crayon, vivace, fluide, mariage sous influence de Moebius, du manga et de l’école florissante du studio Ghibli, offre constamment une grande expressivité et joue généreusement sur des formes et des corps très variés. Les fameux mages sont plus ou moins marqués par des traits animaliers ou démoniaques, les vêtements travaillent un exotisme rafraichissant et même le traitement de la magie, et des créatures qui y sont attachées, trouvent leurs petites fantaisies. Au passage, les couleurs vives et éclatantes, très « anime » de Ooshima appuie là encore sur cette impression très agréable d’une totale découverte, d’un petit monde à part.
Les Seigneurs mages a ainsi cette belle qualité de travailler de multiples niveaux de lectures, proposant une aventure épique et fantasy aguicheuse pour les jeunes lecteurs, mais leur ouvrant des perspectives intéressantes qui peuvent très facilement intéresser les adultes. C’est franchement beau et plutôt bien pensé. La suite devrait encore creuser ces belles qualités là.



