LE FRUIT LE PLUS DOUX T.2

France, Italie – 2026
Genre : Fantastique, Erotique
Dessinateur et scénariste : Gabriele Di Caro
Nombre de pages : 64
Éditeur : Tabou BD
Date de sortie : 19 février 2026
LE PITCH
À Sweetville, petite ville de l’Amérique rurale, tout paraît calme, serein, ennuyeux… et pourtant chacun à son mystère… de la serveuse volage, à la bourgeoise nymphomane, du journaliste véreux à l’artiste alcoolique, sans compter les deux amis d’enfance, Ronald et Larry, qui cachent un douloureux secret…
Les baies sauvages
Après Les Arcanes de la Maison Fleury, l’italien Gabriele Di Caro avait confirmé tous les espoirs de ses lecteurs avec le premier tome de Le fruit le plus doux, petite chronique de l’American Way of Life teintée d’humour, de fantastique et d’une sacrée sensualité. Des qualités intactes pour ce second et dernier tome.
Retour donc à Sweetville petite bourgade américaine bien ancrée dans ses 50’s où finalement ce sympathique concours du fruit le plus doux est surtout l’occasion de cartographier une communauté parfois sans doute un peu trop infusée dans son temps. Préjugés sociaux, rumeurs, jugements, secrets et racismes ouvertement évoqués rappellent qu’il ne faisait pas toujours très bon vivre dans ces voisinages là et la disparition récente de l’un des habitants ne va pas forcément arranger la donne. On retrouve donc à nouveau dans cet album la petite galerie de personnages bien campés qui s’agitent dans les demeures et appartements, se croisant parfois au diner ou brièvement dans la rue, et dont le train-train et les mystères étouffés sont progressivement portés aux nues (logique) par d’étranges demoiselles nues et tentatrices perchées dans un arbre. La sublime veuve qui se redécouvre une vie passionnelle dans les bras du mauvais homme. La Desperate Housewife trop occupée à colporter son venin pour se rendre compte de ses propres désirs. L’artiste alcoolique qui entame un chaleureux sevrage dans les bras de sa voisine de palier, sublime femme de couleur. La jeune serveuse bien formée qui saute sur tout ce qui bouge mais maltraite son pauvre collègue amoureux. Le vieux Ronald qui s’évertue à dissimuler son lourd passé et un drame familial honteux…
C’est la saison de la cueillette
Leurs petites histoires vont ici trouver une conclusion relativement heureuse pour ceux qui n’ont finalement jamais pensé à mal ou plus ou moins assumé leurs natures, parfois plus dramatique pour d’autre alors que les dernières vérités vont éclater au grand jour. Gabriele Di Caro se fait parfois un peu juge et bourreau soit, mais toujours avec une certaine tendresse pour l’ensemble de la petit compagnie, reflet d’une comédie humaine finalement si classique et proche. Le traitement des éléments fantastiques trouve aussi un nouvel écho en se rapprochant plus ouvertement encore de ses contours de fable, faisant ici référence à une vieille légende irlandaise tout en prenant directement la structure du conte et de sa finalité morale.
Le Fruit le plus doux séduit toujours autant, et bien entendu le traitement de la sexualité y est aussi pour quelque chose. Plus torride encore que le premier tome, celui-ci multiplie clairement les étreintes alors que l’impact des muses nudistes se fait de plus en plus ressentir, proposant toujours des illustrations sans ombrage, sans fausse pudeur, mais privilégiant la sensualité, la candeur, voire parfois la drôlerie, plutôt que le porno primaire. Nos demoiselles sont encore une fois largement gagnantes, véritables fantasmes de magazines rétro, pin-up aux formes voluptueuses, sexy en diables et dotées d’attributs irrésistibles. Une lecture pleine de plaisirs.




