THE GOON : RETOUR A LONELY STREET

The Goon #1-4 – Etats-Unis – 2019
Genre : Action, Fantastique
Dessinateur : Eric Powell, Tom Sniegoski
Scénariste : Eric Powell, Brett Parson
Nombre de pages : 153
Éditeur : Delcourt
Date de sortie : 12 mars 2026
LE PITCH
Après d’étranges aventures en dehors de leur ville de prédilection, The Goon et Franky retournent à Lonely Street pour découvrir que le vide qu’ils ont laissé a été comblé par une horde de personnages peu recommandables : Baby Galahad dit « la goule de l’East-Side’, Vinnie Nosferatu et Seti la momie du South-Side, pour n’en nommer que quelques-uns.
La chasse aux monstres
Le Goon aura su se faire attendre puisque quatre ans séparent le précédant volume, Les Seigneurs de la misère, et celui-ci. Delcourt semble décider à rattraper enfin son retour sur la série d’Eric Powell qui livrait ici un retour aux sources des plus retentissants.
Il pensait qu’on ne l’y reprendrait plus et pourtant The Goon est finalement revenu à Lonely Street. Le quartier de ses débuts dans le crime et la castagne, de ses premiers affrontements contre les forces du mal et de ses premières beuveries en compagnie de Franky, le poto aux fantasmes euh… très particuliers. Bref. Après les dernières mésaventures un retour à la maison s’imposait question de prendre un peu de repos. Mais les choses ont bien changé et la paix qu’avait penser établir sur place le gros bras n’a finalement été que de trop courte durée. Les rues sont redevenues des coupes-gorges, la population est plus pauvre et terrifiée que jamais (et picole encore plus du coup) tandis que les gangs se disputent les frontières de leurs territoires. Pas le temps se trouver un toit décent et sans malédiction, qu’il faut donc retourner dans la street cassé du vilain et du délinquant. Et naturellement ces nouveaux ennemis n’ont absolument rien des gangsters classiques et iraient plutôt piocher leurs dégaines et leurs petits vices du cotés des vieux films de monstres des années 30 et 40… la gloire en moins.
De belles gueules de vainqueurs
On découvre donc Baby Galaad la goule, Vinnie Nosferatu le mafieux susceptible, Séthi la momie frileuse aux chats, Bedon le roi des clodos, Pete le barbeau expulsé du lac noir et reconverti en fabriquant de poisson pané, tous s’offrant en ouverture de chapitre leur petite origine story pas piquée des verts. Il est même question d’une secte démoniaque tendance Lovecraft qui transforme la population en zombie avec leur Beelzeburp frelatée, avec en coulisse un antagoniste mystérieux qui cache, pour l’instant, son identité dans l’ombre. Eric Powell, aidé par quelques copains au script et aux dessins sur les deux derniers fascicules, retrouve les grands classiques avec Retour a Lonely Street offrant quelques bastons bien percutantes, quelques visions d’horreur gentiment gothiques, et surtout un humour parodique, noir et ironique toujours aussi réjouissant puisque, on le sait, la série The Goon ne s’est jamais vraiment prise au sérieux. Ça dépote, c’est drôle, c’est habité par un mauvais goût rafraichissant (oui, The Goon pisse dans les cercueils comme d’autres dans les violons) et de bien belles références macabres, et c’est aussi toujours aussi impeccablement illustré avec ce style plein de rondeurs, de mouvements et de déformations caricaturales, rehaussés de petits détails scabreux et grotesques. Le tout est élégamment habillé dans une colorisation qui oscille entre le cartoony précis, les lavis à l’aquarelle grisâtre voir simplement le fuseau noir dans certains flashbacks.
Relance de la série entamée en 2019 aux USA, Retour a Lonely Street est comme son nom l’indique un nouveau départ pour l’univers de The Goon avec un retour aux fondamentaux. Ce n’est donc pas l’album le plus surprenant de la saga, ni le plus original, mais il se déguste avec délectation et une bonne dose de mauvais esprit.



