HÉRACLÈS T.1 : UN AMOUR PERDU

Italie – 2025 / 2026
Genre : Fantastique, Erotique
Dessinateur : Cosimo Ferri
Scénariste : Cosimo Ferri
Nombre de pages : 64
Éditeur : Tabou BD
Date de sortie : 29 janvier 2026
LE PITCH
Héraclès est le fils illégitime du divin Zeus et d’e l’humaine Alcmène. Furieuse d’avoir été trompée, Héra, son épouse, retourne sa colère contre le fruit de cette union, Héraclès, et décide de l’éliminer en déposant deux serpents dans son berceau mais l’enfant faisant preuve d’une force prématurée, réussit à les étrangler. Héra, folle de rage d’avoir vu son plan échouer, envoie un sort à Héraclès ?
Fort comme un demi-dieu
Désormais bien installé comme le nouveau spécialiste de la mythologie grecque en BD, l’italien Cosimo Ferri poursuit son exploration des plus grands héros de l’antiquité. Après Achille et Ulysse c’est tout naturellement au tour du grand Héraclès (ou Hercule) de bander ses muscles et entamer son épopée annoncée ici en trois tomes.
Comme pour les deux triptyques précédents, Cosimo Ferri continue d’aborder les grandes légendes antiques avec un sérieux indéboulonnable. Toujours nourri par ses études en Art et en Histoire, il aborde ainsi les fameux 12 travaux en se basant généreusement sur les sources les plus anciennes et non les itérations les plus fantasques. Si la raison de ces fameux travaux reste pour l’instant encore nimbée dans quelques brumes oniriques (mais les connaisseurs savent), le reste suit scrupuleusement le déroulement connu, du Lion de Némée au Sanglier d’Erymanthe en passant par la biche au pieds d’airain et l’Hydre de Lerne, mais aussi quelques rencontres plus rarement évoquées avec la belle Athéna ou quelques ondines venant soulager la fatigue des guerriers. Héraclès, plus tragique et torturé que dans les aventures expurgées diffusées partout, n’est en outre pas seul à traverser la Grèce mythique de long en large, il est comme il se doit accompagné de son neveux, jeune et malin, Iolaos. Une excellente manière de réviser ses classiques où l’auteur pousse même le vice jusqu’à placer de nombreuses citations originales en grec (avec traduction en bas de page) comme pour un manuscrit retrouvé.
Petits hobbys et autres travaux
Cette volonté de classicisme est naturellement portée avec autant de force par les illustrations de l’artiste qui ne s’essaye pas aux expérimentations ou aux effets trop alambiqués, préférant un découpage bien plus sobre, assez théâtral souvent, qui vient titiller les souvenirs des péplums d’antan (attitude, costumes, décors épurés…) mais aussi les vieux livres d’histoire. Avec ses lavis à l’acrylique, ses drapés soignés et ses anatomies statufiées, Cosimo Ferri inscrit son album dans le marbre, chaque personnage faisant preuve de prestance, d’une beauté parfaite et presque divine, reflet logique d’un temps où hommes et dieux cohabitaient gaiement. Ils ne faisaient d’ailleurs pas que cohabiter. Après avoir été édité dans une version relativement chaste sous le titre Un Nouveau Destin chez Graph Zeppelin, l’album revient ici avec Tabou dans sa forme intégrale avec une bonne quinzaine de pages qui explorent nettement plus frontalement les passions et les pratiques de ces grands personnages. Les trois nuits de passion entre Alcmène et le terrible Zeus déguisé en Amphitryon, les caresses effectuées par une ondine généreuse sur un Héraclès épuisé par ses batailles ou la découverte par Iolaos des plaisirs offerts par un jeune éphèbe, viennent colorer le récit d’un érotisme plus qu’appuyé. Des scènes de sexe sans détour qui dans leurs détails pornographiques n’apportent cependant pas grand-chose à l’histoire, mais satisferont certainement les érotomanes érudits.



