CTHULHU : THE COSMIC ABYSS

France – 2026
Support : Playstation 5, Xbox Series, PC
Genre : Horreur, Investigation, Aventure
Développeur : Big Bad Wolf
Musique : Nicolas Garcia, Tina Guo
Durée de jeu : Moyenne
Langue : Audio anglais, textes français
Éditeur : Nacon
Date de sortie : 16 avril 2026
LE PITCH
Dans ce thriller angoissant inspiré de l’univers de Lovecraft, vous incarnez Noah et enquêtez sur la mystérieuse disparition de mineurs dans les profondeurs de l’océan Pacifique. Avec l’aide de votre compagnon IA, Key, explorez l’immense prison labyrinthique de R’lyeh et tentez de résister à la corruption de l’esprit causée par l’influence de Cthulhu.
L’enquête suit son courroux
Alors que l’actualité fait la part belle à l’étalage de puissance, Nacon propose de prendre une petite dose d’humilité avec Cthulhu : The Cosmic Abyss, un titre développé par Big Bad Wolf qui met en avant la vulnérabilité et la réflexion dans un monde qui part à vau-l’eau. Prévoyez quelques entorses du cerveau.
Cthulhu : the cosmic abyss (CTCA) place le joueur dans un univers horrifique jonché de cadavres plus ou moins frais. Mais ici, pas de place pour l’action. Le maître mot est »investigation ». Le titre vous met dans la peau d’un enquêteur qui, dans un futur proche, est amené à explorer une base sous-marine dont les occupants ont mystérieusement disparu. Le cœur du jeu est de comprendre ce qu’il s’est passé. Cela se fait en collectant des informations dans l’environnement exploré et en résolvant des énigmes. Cette mécanique peut se révéler très vite piégeuse car, par la nature même de l’intrigue qui fait agir le joueur après des événements donnés, ce genre de jeu est forcément dirigiste. Mais CTCA parvient à contourner cet écueil en apportant une couche d’exploration assez poussée malgré l’espace restreint des niveaux. Si tous les niveaux sont liés par le fil conducteur principal, chacun apporte une touche propre qui renouvelle assez finement la progression du joueur. Ce renouvellement est un élément essentiel pour capter le joueur car chaque fois que l’on passe un niveau, on retourne à zéro et on doit recommencer une nouvelle enquête, se constituer un corpus d’indices et tenter de comprendre la marche à suivre pour pouvoir avancer.
Sauvé par le vilain défaut
La curiosité sera votre principal carburant pour avancer dans l’aventure. Même si le jeu propose plusieurs niveaux d’aide pour faciliter la progression du joueur, les réponses ne peuvent venir que d’un processus actif de lecture, de recoupement, de supposition et d’essais. Le moindre détail compte, qu’il soit lu, vu ou entendu. S’il faut trouver un bouton ou une vasque pour avancer, ce sera au joueur de comprendre quoi chercher et comment le trouver. La majeur partie des indices se localisent au sonar, qui peut capter un type d’objet spécifique une fois qu’il a été trouvé et analysé. Cette analyse demandera un point d’énergie du scaphandre et il faudra veiller à bien gérer son budget. Si on se retrouve à cours d’énergie, l’analyse reste possible mais elle développera la Corruption, un mal mystérieux qui résonne comme un compte à rebours. Le jeu explique simplement que ce mal est voué à progresser, sans plus de précision. La manière de sortir d’un niveau peut l’accélérer, la ralentir ou ne pas l’affecter. Il y a donc trois issues pour chaque chapitre et il est possible de refaire chaque niveau déjà exploré pour tenter de parfaire son parcours. Une bonne idée pour ajouter du challenge à la fois en terme narratif qu’en terme ludique.
More powaaaaaaa
Pour avancer dans le jeu, il faut collecter des indices et les interpréter. Cette interprétation se fait via un menu dédié à la gestion des indices. Un peu à la manière de Nobody wants to die, certains de ces indices apparaissent sous forme de question qui oriente subtilement le joueur. Ce menu est un outil puissant pour avancer mais quel que soit le nombre d’indices collectés et la compréhension qui en est tirée, la résolution se fait forcément sur le terrain. Et il s’avère que ce terrain recèle plus de secrets que ce à quoi on aurait pu s’attendre. En effet, au delà de l’enquête, CTCA propose au joueur une mécanique de personnalisation des capacités de son personnage. Ce dernier peut avoir plus de points d’énergie pour l’analyse, un sonar avec une plus grande portée, une sensibilité à la Corruption réduite, etc. Or, beaucoup de ces bonus sont cachés, ce qui démultiplie l’intérêt de l’exploration. C’est d’autant plus intéressant que le jeu impose de nombreux allers-retours monotones lors de la recherche de solutions. La découverte d’un secret égaye habilement le parcours du joueur, même si la monotonie est aussi ce qui fait le charme d’un tel titre, dans la mesure où une grande partie de l’aventure passe par une réflexion intense.
Cthulhu : the cosmic abyss est diaboliquement efficace dans sa manière de capter le joueur, pour peu que ce dernier ait envie de se prendre en main et de chercher la petite bête là où elle pourrait potentiellement être. Il propose une mécanique d’enquête solide dans un univers intriguant et qui évolue bien. La monotonie liée à la recherche de la solution fait partie du package mais il est également possible de partager l’expérience en groupe. Car en fin de compte, c’est un escape game qui peut se conclure assez rapidement. Pour le reste, il est propre sur le plan visuel et solide sur le plan technique. L’ambiance sonore remplit sa mission et accompagne efficacement une intrigue bien ficelée. Une jolie réussite.







