THE STUFF

Etats-Unis – 1985
Support : Bluray & DVD
Genre : Horreur
Réalisateur : Larry Cohen
Acteurs : Michael Moriarty, Andrea Marcovicci, Garrett Morris, Scott Bloom, Paul Sorvino, Danny Aiello, Patrick O’Neal, James Dixon…
Musique : Anthony Guefen
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 86 minutes
Editeur : Rimini Editions
Date de sortie : 7 août 2026
LE PITCH
Tout le pays ne parle que de ça, une nouvelle substance au goût irrésistible, baptisée The Stuff. C’est devenu LE dessert à la mode. Agacée, la concurrence charge David Rutherford, un ex-flic aux méthodes douteuses, de découvrir le secret de ce produit miracle. Au même moment, Jason, un jeune garçon, constate avec horreur que l’étrange substance est vivante. Chacun de leur côté, ils sont les seuls à comprendre que The Stuff s’empare des corps et des esprits, transformant ceux qui y goûtent en véritables zombies…
Bifidus très actif
Petit roi de la série B et du ciné d’exploitation aussi malin qu’un tantinet subversif, Larry Cohen (Le Monstre est vivant, Meurtres sous contrôle, Épouvante sur New-York…) imaginait avec The Stuff la commercialisation généralisée d’un yaourt glacé aux effets dévastateurs sur la santé de ses consommateurs. Naturellement toute ressemblance avec faits réels…
Si le nom de Larry Cohen est souvent chéri dans la mémoire des amateurs de cinéma d’épouvante et de petites productions bis, ce n’est pas forcément pour ses excès gores et ses atmosphères purement terrifiantes, car le réalisateur est effectivement surtout adepte d’un esprit assez déconnant, rejouant certains échos des grands classiques de l’horreur / sf des années 50 avec le regard plus ironique et critique de son époque. A ce titre The Stuff (« le truc ») est peut-être le film qui représente le mieux son cinéma, reposant sur une idée aussi simple que prometteuse (un yaourt tueur venu d’ailleurs), explorée presque jusqu’au bout avec une décontraction débonnaire. Porté par le regard presque cynique d’un enquêteur industriel opportuniste interprété avec talent, et jubilation, par un étonnant Michael Moriarty, l’affaire s’amuse à mélanger les genres et, malgré quelques effets légèrement crados à base de vomis de masses blanchâtres et diverses déformations de mâchoires, reste toujours dans une drôle de bonne humeur. Rien n’est bien grave dans cette réactualisation contemporaine des films SF paranos d’autrefois façon L’Invasion des profanateurs de sépultures, avec même une trame parallèle où un brave gamin tente d’échapper à des parents transformés par leur nouvelle nourriture préférée qui cite directement le sympathique Envahisseurs de la planète rouge.
Scream for Ice Cream
Créateur en son temps de la fameuse série culte Les Envahisseurs, Larry Cohen met cependant beaucoup moins en avant l’atmosphère tendue et écrasante du genre qu’une véritable farce de la société de consommation. S’inspirant de la collusion entre l’administration américaine et les grands groupes industriels permettant de mettre sur le marché des produits finalement dangereux ou provoquant une accoutumance (au hasard les cigarettes, le Coca Cola…), The Stuff décrit un monde totalement déréglé où aucun des cols blancs ne s’intéresse à la nature du produit tant qu’il rapporte des bénéfices et où la gentille famille type ingurgite tout ce que les médias et la publicité lui enfoncent dans le gosier. Pas si loin de la vérité, la satire vise souvent très juste, même si elle aurait pu aller beaucoup plus loin encore sans cet attachement de Cohen à un cinéma finalement toujours accessible, divertissant et à un second degré presque léger. Le monde sera ainsi bien entendu sauvé de l’invasion de ce Blob blanchâtre grâce à la collusion entre l’anti-héros, une sympathique publicitaire et le gamin courageux, mais aussi une milice militaire dirigée par Paul Sorvino, hilarant en Colonel va-t-en-guerre parfaitement abrutis, raciste et donc républicain jusqu’au trognon, détournant ainsi l’héroïsme patriotique d’autrefois vers un ridicule généralisé.
Même s’il part parfois un peu dans tous les sens, que la désinvolture du récit et de la construction empêche une certaine rigueur dans le rythme ou dans l’ambiance générale, The Stuff reste une petite perle du genre, maline, intelligente et déconnante, décrivant avec peu de moyens mais le charme irrésistible des bonnes séries B, une invasion dégoulinante et surcalorique toujours en cours aujourd’hui.
Image
Rimini semble avoir pu dégotter la toute dernière restauration du film en date, soit une copie effectuée à partir de scan 4K des négatifs 35mm, pour un résultat souvent assez bluffant. L’image est intensément propre, ferme, stable et creusée, assurant un piqué très marqué et donc une masse détails souvent jusque-là tout juste perceptibles. Le grain reste présent, mais en retrait, discret et assez délicat, tandis que la palette de couleurs se découvre une nouvelle énergie avec des teintes flashy typiques des 80’s qui cohabitent admirablement avec le blanc immuable du stuff. Excellente surprise même si, petit budget oblige, l’ensemble du master n’est pas toujours égal avec des effets visuels (collage divers) qui tranchent plus que jamais dans le tableau et quelques segments moins stables et plus abimés qui rejaillissent.
Son
Les deux pistes monos d’origine sont proposées ici dans des DTS HD Master Audio 2.0 tout à fait recommandable. Le doublage local n’est pas toujours d’une subtilité confondante et les voix peuvent sembler en décalage, mais le confort et l’esprit de l’époque sont bien présents. Plus claire, dynamique et naturelle, la version originale reste forcément bien au-dessus.
Interactivité
The Stuff rejoint comme il se doit la collection « Horreur » de Rimini, reprenant donc l’habillage bien reconnaissable, le digipack, le fourreau cartonné et bien entendu l’incontournable livret signé Marc Toullec. Disque Bluray et DVD répondent eux aussi présents mais avec l’intégralité des suppléments vidéo disponibles uniquement sur le premier. En guise d’introduction on y trouve une présentation du film pour la chaine youtube Welcome to the Primetime Bitch avec un tour d’horizon de la carrière et du style Larry Cohen puis une définition plus directe du film The Stuff afin de donner envie aux néophytes de découvrir l’objet en question. Le second segment est un documentaire rétrospectif de près d’une heure donnant la parole à Larry Cohen (réalisateur), Paul Kurta (producteur), Kim Newman (auteur et critique), Andrea Marcovicci (comédienne) et Steve Neill (responsable des effets spéciaux mécaniques) afin de retracer toute la production du film et délivrer de nombreuses anecdotes sur le tournage, le casting, les effets spéciaux et bien entendu la critique du modèle américain. Bien complet et sans langue de bois, les difficultés de ce type de série B et le caractère intransigeant du cinéaste n’étant jamais éludés.
Liste des bonus
Le livret « Du Blob au dessert » conçu par Marc Toullec (24 pages), Présentation du film par Mylène Da Silva de la chaîne Welcome to the Primetime BITCH (13′), « Le Stuff, vous n’en aurez jamais assez ! » (52′).






