TOWER DUNGEON T.4

タワーダンジョン – Japon – 2023
Genre : Fantasy
Dessinateur et scénariste : Tsutomu Nihei
Nombre de pages : 160
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 1 juillet 2026
LE PITCH
Tandis que le voile se lève sur la parenté de Yuva, un nouveau groupe d’aventuriers se lance à l’assaut de la tour des dragons : “l’Alliance des pilules anti-mal de mer”. Un dracomorphe à un bras et son valet muet. Une princesse de rongeurs anthropomorphes et son vaillant chevalier servant. Un vieillard aux magies de feu et son fidèle destrier. Et enfin, une guerrière qui ne quitte jamais son armure. Quel sort les attend dans ce labyrinthe sans merci ?
Level 4
Entamée voici trois ans dans les pages de la revue Shonen Sirius, la dernière série de l’auteur star Tsutomu Nihei (Blame, Noise, Knights of Sidonia…) a clairement de quoi décontenancer les habitués. Un revirement vers une expérience plus épurée et vers un modèle de Fantasy qui reste, avec ce quatrième recueil, toujours aussi audacieux.
Entré dans l’esprit de nombreux lecteurs comme l’un des maitres de la SF en manga, devenu populaire pour son style très sombres, violent, baroque et aux reflets organiques dignes de l’artiste Giger, Tsutomu Nihei a effectivement entamé depuis quelques années une transformation progressive de son style visuel. Une métamorphose qui aboutit aux planches extrêmement épurées de Tower Dungeon où les personnages frôlent parfois la silhouette, où les visages sont esquissés, les contours brossés et surtout où les amas de noirs (toujours présents) laissent de plus en plus de place à de larges aplats de blanc. La structure des cases, leurs enchainements, se font presque contemplatifs avec une culture de l’ellipse et du décrochage plus prononcé encore qu’autrefois. C’est clairement moins fouillé et touffu que ses premières œuvres, mais la réflexion graphique est toujours omniprésente, se glissant dans un dispositif narratif plus onirique et conceptuel. C’est bien entendu totalement en adéquation avec le principe même de Tower Dungeon qui revisite tous les codes de la Dark Fantasy avec une simplicité volontairement très poussée où même le point de départ semble avoir été entendu des dizaines de fois.
MMORPG
Dans un royaume médiéval un terrible nécromant débarque, tue le roi et prend possession de son corps tout en kidnappant la princesse qu’il enferme en haut de la titanesque Tour des dragons. Aux plus fiers chevaliers de la région et aux plus courageux héros de tenter d’en atteindre le sommet pour mettre fin à ces terribles agissements. Même si quelques personnages affleurent comme le brave Yuva, jeune homme de basses extractions mais à la force considérable, le récit de Tower Dungeon semble se construire comme une succession de parties d’un même jeu vidéo où chaque tentative avortée, laisse sur place quelques escaliers branlants construits à la va-vite, quelques ennemis occis mais aussi de nombreux cadavres que le sorcier noir pourra faire revivre au milieu d’autres terribles créatures. Dans ce quatrième tome en l’occurrence, c’est une toute nouvelle compagnie qui se lance à l’assaut de la bâtisse (un scientifique draconique, deux souris humanoïdes, une chevaleresse comme prisonnière de son armure et un étrange vieux magicien) et qui révèlent sur leur route de nouveaux pièges avant d’être rejoints par l’armée complète du roi… rapidement transformée en pierre.
Si quelques bribes de réflexions sur l’état de décrépitude et de corruption de la cours, voir même sur l’état moral des héros auto-proclamé a pu être évoqué dans les chapitres précédents, la lecture ici se concentre plus que jamais sur la succession d’épreuves spectaculaires (Nihei n’a pas son pareil pour donner naissance à des bestioles organiques et des zombis perturbants) et sur cette étrange atmosphère qui se dégage de ce RPG faussement naïf, à l’arrière-plan relativement macabre où on a souvent la forte impression d’observer le jeu Dungeon Keeper du point de vue des futurs victimes. Toujours aussi intriguant donc.




