THE MARSHAL KING T.1

Japon – 2025
Genre : Western, Aventure
Dessinateur et Scénariste : Boichi
Nombre de pages : 208
Éditeur : Doki Doki
Date de sortie : 1 juillet 2026
LE PITCH
Dans une ère de désolation où les desperados sèment le chaos, un homme traverse seul le désert, traînant derrière lui le cercueil de M. Godspeed, l’invincible hors-la-loi. Son nom est Jim Godspeed, le fils de « M ». Venu offrir la dépouille de son père, qu’il aurait lui-même tué, Jim proclame qu’il veut devenir marshal ! Mais que renferme le cœur de ce fils de bandit notoire ? La justice ou bien… le mal ?
Shoot to kill !
L’artiste Boichi (Origin, Dr Stone) est de retour avec une nouvelle série. Mais surprise il s’agit d’un western. Un western post-apocalyptique chaotique et décoiffant… mais un western tout de même avec ses desperados, ses gunfights et son paysage de désert brulé par le soleil où seuls les plus rapides survivent.
Dès les premières pages l’auteur nous met la tête directement dans le sable. L’univers est foisonnant dans son croisement d’esthétique crasseuse spaghetti et de steampunk bourrin où le gangster Godspeed, reconnaissable par ses bras biomécaniques en or, affronte une armée d’opposants à bord d’un train-tank. Comme toujours Boichi en met plein les yeux affirmant la précision de son trait, son travail implacable sur les textures et les contours et une dynamique exacerbée qui oscille entre l’hyperréalisme et les excès cartoons. Bourrin, surtout que les colts ne se contentent pas de tirer de simples balles mais provoquent des explosions infernales. Le cadre est posé, mais le héros de Marshall King n’est pas cet homme au poncho, mais son fiston que l’on découvre quelques pages plus loin trainer le cercueil du paternel comme Django était censé trainer celui de son épouse dans le classique de Corbucci. Un changement qui tourne alors le récit vers des contours plus classique du shonen avec cette idée d’une école qui permettrait de façonner les futurs chasseurs de primes et hommes de loi de ce monde à la Mad Max et donc constamment au bord du gouffre.
Duels au sommet
L’occasion de rencontrer d’autres personnages bien typés (en particulier deux demoiselles, l’une sexy l’autre quasi-SD), d’initier l’idée de multiples duels à venir, de mettre en place une structure plus classique entre amitiés, gags et menace sourde en arrière-plan… Avant que Boichi ne renvoie tout valser en quelques pages mettant dans les mains de Jim la fameuse arme surpuissante cachée dans les entrailles du bâtiment et qu’on imaginait bêtement devenir le McGuffin du manga. Pas le temps de s’ennuyer ou même de prendre ses marques dans The Marshall King puisque le scénario enchaine les révélations, les duels et les revirements à la vitesse d’un Lucky Luke devançant son ombre comme si dans un geste presque suicidaire Boichi voulait bruler toutes ses cartouches dès le premier tome. Mais quand elles brulent, elles carbonisent tout et défouraillent sévères à coup de têtes explosées, d’armées dévastées, de foreuses futuristes sorties de nulle part et de poses iconiques en veux-tu en voilà. Avec sa mise en scène décomplexée et sa vision de l’action toujours débordante, décuplée et chaotique, il réinvente le western en mode sauvage dévastateur et délire post-moderne hystérique, quitte effectivement à mettre la structure de son histoire, ou l’installation plus concrète de ses protagonistes, au second plan. Ce premier tome a le défaut de ses qualités donc, marquant par son graphisme et sa narration excitée, mais traitant son scénario comme une simple toile de fond, succession de situations propices aux démonstrations de force.
L’arme ultime est déjà entre les mains du héros, le gang de desperado s’est fait massacrer comme de rien, l’école ne semble déjà plus à même d’apprendre quoi que ce soit au surpuissant as de la gâchette… et maintenant ? Il faut avouer que l’on est tout de même très curieux de voir où Boichi va pouvoir aller après tout ça…




