BERSERK T.43

ベルセルク- Japon – 2025
Genre : Fantastique, Action
Dessinateur : Studio Gaga
Scénaristes : Kentaro Miura, Kouji Mori
Nombre de pages : 208
Éditeur : Glénat
Date de sortie : 1 juillet 2026
LE PITCH
Sur Elf Helm, face à Griffith, Guts s’abandonne à la colère et brandit son épée géante. Cependant, sa frappe ne porte pas et son ennemi enlève même Casca ! Désespéré, Guts embarque avec ses compagnons et s’éloigne de l’île en train de s’effondrer. À leur insu, leur vaisseau pénètre dans les eaux territoriales kushanes ! Guts et les siens, capturés, abordent un nouveau continent…
Le Colosse au pied d’argile
Second recueil de Berserk produit après la disparition du talentueux Kentaro Miura, ce volume 43 poursuit la voie ouverte par ce dernier et son équipe historique. Loin d’une continuation simple et facile, les pages en présence font preuve d’une envie de bousculer le récit et l’emmener vers de nouvelles frontières.
Une œuvre aussi puissante (et lucrative) que Berserk pouvait-elle réellement rester inachevée ? Bien entendu que non et l’éditeur Hakusensha a rapidement relancé la publication du titre un an après le décès de l’auteur Kentaro Miura, mais en s’arcboutant sur une mise en avant d’une authentique fidélité au matériaux original assuré par le maintien de la fameuse équipe du Studio Gaga, soit les assistants de l’artiste, aux découpages et dessins. Le plus ardus cependant était de maintenir le fil de l’histoire et de ne pas perdre de cette intensité épique qui a fait la force du manga. Ami d’enfance et collègue de Kentaro Miura, Koji Mori (Suicide Island) serait alors le grand dépositaire du grand plan imaginé de longue date par l’auteur, désormais propulsé comme superviseur des nouveaux épisodes de Berserk. Inévitablement, le titre ne sera jamais totalement le même, les illustrations s’approchant fortement mais sans exactement la même touche de génie, et les scénarios s’efforçant de rester sur des rails déjà dessinés mais sans les sorties de routes et les flashs d’inspirations possibles pouvant apparaitre en cours de route. Pas de trahison en vue donc, comme l’avait déjà montré le 42eme tome donc publié en 2024, et qui frappait justement par cette fin brutale d’une époque et l’ouverture vers un nouveau cycle (le dernier ?), propulsant Guts dans une nouvelle phase de tourments.
L’âge sombre avant la renaissance
Après la tragédie mise en place, on le retrouve dans ces nouveaux chapitres plus qu’abattu, hagard, passif, désespéré et quasiment suicidaire, attendant ou espérant la mort, sans même réagir. A tel point même qu’il est presque absent de ce volume, relégué au second plan, enchainé puis transporté dans une geôle de l’empire Kushan. Un choix scénaristique plutôt culotté mais à la fois logique et permettant dans le même temps de prendre le temps de mettre en place les nouveaux enjeux politiques avec l’armée de Griffith qui menace définitivement l’ensemble des royaumes, de découvrir l’organisation de ces peuples orientalisant (un mélange entre l’inde antique et le Moyen-Orient) tout en laissant aux alliés de Guts le soin d’être plus acteurs et partie prenante que d’habitude. Si l’écriture et le texte est très souvent mis en avant dans le récit, ce tome 43 s’offre tout de même une imposante bataille dans sa seconde moitié avec une déflagration de magie démoniaque et l’apparition d’un esprit mortel en pleine table ronde diplomatique. Un grand segment qui assure une nouvelle fois du soin toujours très particulier apporté par le Studio Gaga à la démesure barbare, aux affrontements sanglants et aux émanations magiques. Si parfois quelques détails dans les corps ou les visages peuvent faire tiquer (mais faut être exigeants), il faut avouer que les décors particulièrement imposants, les foules ultra détaillées, la minutie des costumes et des armures continuent d’impressionner et d’élever Berserk parmi les sommets de la Dark Fantasy.
Le passage de relais est ici entériné avec un nouveau rebond dans l’arc Fantasia et un final plus intriguant que spectaculaire mais qui pourrait déboucher sur un nouvel élan pour la série. Abattu, vaincu, Guts n’en reste pas moins une force hors du commun, un guerrier ultime, dont le retour est d’ores et déjà attendu par des milliers de lecteurs.


