SEND HELP

Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Sam Raimi
Acteurs : Rachel McAdams, Dylan O’Brien, Edyll Ismail, Bruce Campbell, Dennis Haysbert, Chris Pang…
Musique : Danny Elfman
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital Plus 7.1 Français, Espagnol, Allemand…
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol, Allemand…
Durée : 113 minutes
Editeur : 20th Century Studios
Date de sortie : 11 juin 2026
LE PITCH
Seuls rescapés d’un accident d’avion, Linda Liddle et Bradley Preston se retrouvent à présent coincés sur une île déserte. Pour ces deux collègues que tout oppose, l’heure est venue de surmonter les griefs du passé et de travailler ensemble pour tenter de s’en sortir. Mais en fin de compte la bataille pour la survie devient une épreuve de force, inquiétante et cruellement drôle, où chacun veut jouer au plus fin…
Les démons dans l’île
Plus de quinze après le très méchant Jusqu’en enfer, Sam Raimi revient enfin à la comédie noire et cruelle avec Send Help. Un projet plus modeste après les franchisés Le Monde fantastique d’Oz et Doctor Strange in the Multiverse of Madness, et qui lui fait manifestement beaucoup de bien… et à nous aussi.
Même si son épisode Marvel a de très beaux restes, il semble clairement que depuis quelques années les productions les plus personnelles de Sam Raimi ait été produites pour la télévision à l’instar de la pharamineuse série Ash Vs Evil Dead. Mais Mark Swift et Damian Shannon, scénariste du rigolo Freddy Vs Jason (et dont le script initial était bien meilleur que celui tourné) ont ouvertement imaginé leur Send Help en pensant, plein d’espoir, au papa d’Evil Dead à la réalisation. Et c’est plus que logique lorsque l’on découvre un film qui prend à nouveau un certain plaisir sadique à martyriser des personnages qui finiront forcément par s’étriper sauvagement mais qui auront aussi en cours de route été joyeusement recouverts de sang de cochon par gerbes entières, ou de vomi… par gerbes entières. L’âme slasptick du cinéaste est toujours aussi vivace, tout comme sa faculté à donner corps à des personnages aux airs caricaturaux de prime abord avec la gentille et fragile comptable contre le nepo-PDG imbouffable, mais dont l’équilibre moral, le manichéisme premier, va progressivement se montrer plus glissant et pervers que cela.
Le nouveau royaume
A ce titre l’actrice Rachel McAdams (Il était temps, Sherlock Holmes…) resplendit dans cette image d’une femme réservée et maladroite qui éclot littéralement en vivant par ironie du destin son rêve absolu de candidate potentielle au jeu américain Survivor (équivalent US de Koh-Lanta) et peut enfin démontrer ses vrais talents. Comme un poisson dans l’eau alors que son patron arriviste, déjà diminué par une blessure à la jambe, n’arrive jamais vraiment à se remettre en cause à et s’échapper de ses postures inutiles. Send Help s’amuse bien à jouer dans quelques scènes à l’idée d’une romance possible, presque fleur bleue façon Le Lagon Bleu nouvelle formule, mais c’est pour mieux souligner l’impossibilité du franchissement de ce mur de classe, et d’une réconciliation entre la pauvre Linda et le machiste invétéré qui est en face d’elle, tendance chouineur dépendant. Film à message ? Peut-être, mais Send Help et son décor paradisiaque lumineux échappé d’une trend TikTok, est cependant loin d’être naïf et Raimi dispose de nombreux petits indices quant à la présence d’un véritable ver dans la pomme. Tandis que les thèmes musicaux de Danny Elfman passent tranquillement de la tendre mélancolie aux atmosphères plus inquiétantes, Sam Raimi s’intéresse de plus en plus aux aspects les plus tordus de la protagoniste, réécrivant finalement le récit et la situation à sa manière, à son avantage, avec une pointe de folie non négligeable.
Tout est donc en place pour les petites révélations finales et naturellement un jeu de massacre bien vicelard et douloureux qui a le mérite d’aller jusqu’au bout et qui montre bien que pour certaines personnes c’est moins l’ordre inégal des choses qui les gêne que la place qu’ils peuvent y trouver. Cynique et malin, comme un bon petit Raimi.
Image
Capturé sur caméras Arri Alexa 35 en 4K, Send Help n’a donc pas vraiment de grosses difficultés à affirmer une copie éclatante, vive et ultra colorée. Les détails sont au rendez-vous, précis et creusés, les textures gardent une fibre bien naturelle, les décors naturels sont resplendissants mais c’est la palette de couleurs, solaires, qui en met plein la vue. Seuls finalement les séquences tournées en fond vert ou comportant quelques images de synthèses montrent une définition légèrement plus douce et tranchent de manière assez marquée avec le reste du métrage.
Son
La prestation Dolby Atmos de la version originale est optimale pour profiter pleinement de l’immersion dans cette ambiance de survival. Du crash d’avion qui surprend par son mixage presque vertical jusqu’aux ambiances exotiques de l’île en passant par les nombreux moments de tensions plus sourdes, la piste est à la fois ample et dynamique, mettant toujours parfaitement en valeur les musiques d’Elfman sans qu’elles soient trop envahissantes. Le doublage français est lui proposé dans un mixage intermédiaire, Dolby Digital Plus 7.1 qui fait de son mieux pour atteindre les mêmes hauteurs… et y arrive plus d’une fois.
Interactivité
Sur le disque UHD proprement dit on ne trouvera en guise de bonus que le commentaire audio réunissant Sam Raimi et sa productrice Zainab Azizi, mais celui-ci se montre particulièrement riche en anecdotes sur le tournage (difficultés diverses, improvisations…) et en réflexions techniques (effets spéciaux, mise en scène…), le tout sur un ton franchement léger et didactique particulièrement agréable.
Pour le reste des bonus il faut ensuite se tourner vers le disque Bluray avec quelques featurettes assez rapides sur la prestation de Rachel McAdams, sur le décor de l’ile déserte ou sur la musique de Elfman, et un autre un peu plus accrocheur se concentrant uniquement sur la scène de chasse contre le sanglier. Raimi avoue avoir pris beaucoup de plaisir pour ce passage en particulier et les images permettent de croiser les interviews et les images du tournage tout en évoquant quelques points plus techniques et pratiques. Mais le gros morceau se trouve du coté de la section « scènes coupées » qui présente surtout un mélange de scènes plus longues, de segments délaissés mais aussi des scènes présentées sous diverses étapes de recherches (storyboards, animatiques, le sanglier en marionnettes…) dont par exemple une scène de crash qui a pas mal évoluée de la première mouture à celle gardée dans le montage final. Plus d’une heure à l’intérêt variable mais qui au moins permet d’approcher le travail d’épuration narratif du film, à l’instar de ce long monologue féministe, laissé sur le carreau sans doute parce qu’il aurait souligné trop lourdement l’une des thématiques du métrage. Intéressant donc.
Liste des bonus
Commentaire audio de Sam Raimi et Zainab Azizi, Scènes coupées (77’), Bêtisier (6’), « La mise en scène de la chasse au sanglier » (5’), « Du bureau à l’île » (6’), « Rachel McAdams devient Linda Liddle » (3’), « L’instinct de survie » (3’), « SOS : Les sons de la survie » (4’).







