MÉTAL HURLANT : HELLFEST

France – 2025
Genre : Fantastique, Horreur, Comédie
Dessinateur : Collectif
Scénariste : Collectif
Nombre de pages : 272
Éditeur : Les Humanoïdes Associés
Date de sortie : 11 juin 2025
LE PITCH
Alors que Métal Hurlant était contemporain du hard rock et du punk, un hasard amusant a voulu que les dieux de la Musique enfantent un genre de musique encore plus extrême dans lequel la norme est de hurler dans le micro : le métal. HELL YEAH !! Il ne nous en fallait pas plus : en juin 2025, pour un numéro spécial, nous vous donnons rendez-vous en enfer… ou plus exactement au Hellfest, le temple impie du métal.
BDs Furieuses
Du 19 au 22 juin dernier se tenait comme chaque année la grande cérémonie de la musique rock extrême : le Hellfest. Du métal plein les oreilles et pleins les doigts, des fosses remplies d’allumés en cuir une bière à la main, des headbangs à s’en déboiter les cervicales et de la musique venue tout droit des enfers (et de la scène aussi). Un pèlerinage pour des milliers de fans biberonnée à AC/DC qui ont désormais trouvé leur bible avec ce numéro spécial Hellfest signé par l’équipe de Métal Hurlant.
Métal Hurlant et le Rock (Hard, Métal et toutes la panoplie) c’est bien entendu une vieille histoire d’amour, une relation presque fusionnelle, naturelle en tous cas et qui a parcouru le récit éditorial de la mythique revue des Humano. Son nom déjà, renvoie forcément à quelques riffs de guitar cosmique, et les Américains ne s’y tromperont pas en le traduisant par un plus symbolique encore Heavy Metal. Et puis si de nombreux auteurs et artistes ne cacheront jamais leur amour pour cette musique transgénérationnelle, métamorphe, du folk au plus sauvage en passant par le psychédélique, l’arrivée de Philippe Manœuvre à la rédaction aboutira à de mémorables numéros spécial Rock, dont le premier, en 79, vit d’ailleurs la première apparition du Lucien de Frank Margerin. Plus de quarante ans plus tard, un volume estampillé Hellfest raisonne alors comme un prolongement de cette antique tradition, mais avec forcément un contenu un peu plus énervé et bourrin, surfant sur le souffre, la marée humaine et les toilettes plus sèches depuis longtemps, pour célébrer le grand temple, international, du métal sous toute ses formes.
Un passe 3 jours et 300 pages pour l’enfer !
Au programme de nombreux articles sur les débuts sous le nom de Furyfest via les souvenirs de Luz, sur les origines (probables) des inénarrables combats de caddies, mais aussi le stoner et son rock hanté venu du désert, le style graphiques des logos de groupes de Hard Rock, un portrait du groupe français Glam Furies ou une rencontre avec les imposants Gogira. On se régale aussi de l’épopée solitaire d’Adrien Vinay, punis de Hellfest suite à une fracture de la cheville, qui se réinvente son festival dans son appartement à coup d’Advil, de musique à donf, de meubles éclatés et de voisin révoltés, ou des portraits récurrents de gentils métalleux signés Eric Salch. Mais nuls autres que Pat Mills et Olivier Ledroit ne pouvaient mieux ouvrir la messe qu’avec leur orgiaque et baroque Hellfest in Hell (auquel renvoie aussi la couverture), spin off endiablé de leur fameuse série Requiem, chevalier vampire, où les plus grandes stars de la musique infernale se livrent à une battle monstrueuse et sanglante. Le diables, ses sépulcres et leurs hordes démoniaques sont bien entendu omniprésents tout au long des nombreuses pages de BD : appelés par les adorateurs comme dans la cérémonie charbonneuse et sans parole de Gwendal Briec Holy Metal Guts ou le sacrificiel Mes Chers agneaux de Thomas Bidault, obligeant les fans à traverser inlassablement la foule une bière à la main dans le superbe et métaphoriquement amusé Sisyphe de Fabrizio Dori, littéralement à l’origine du tout dans le Soloverdose de Nikola Witko où les débats entre fan tourne à la bataille rangée ou enfin ultime grand prix du Battle Metal d’Adrien Mangold et Pierre Dheur, véritable hommage aux plus belles traditions du Hellfest. La musique transporte les âmes parait-il, et le Métal peut l’emmener dans un univers de fantasy barbare via une vieille cassette audio chez Erwan Surcouf et son Very Curious Girl, éveiller mortellement les pulsions d’un vieux curé avec un bon vinyl de Death Metal voir même provoquer une révolution féministe à travers le cosmos dans le très glam Féminazgoule d’Elizabeth Holleville et Juliette Etrivert.
Comme toujours à boire, à manger, à digérer et à déguster dans ce nouveau numéro spécial de Métal Hurlant parsemé de témoignage graphiques d’authentiques fan du festif’ et de la culture métal tout autant que de curiosités absurdes et méchantes comme le boyband transformé en monstre zombie et hard rocker, une très salle blague de Vuilleman avec un brave superman découvrant les mœurs secrets des meilleurs chanteurs du genre et un affrontement sidérant imaginé par Michaël Sanlaville dans lequel un Jesus envoyé stoppé le Hellfest par son père se confronte à la lead-singer de Nightwish et au mythique Dio. Heavy Metal Never Dies ! Et loué soit-il !




