LA FOURMI BLANCHE T.1 : DU FOND DES ABYSSES

Termite Bianca – Italie – 2005
Genre : Science-Fiction
Dessinateur : Patrizio Evangelisti
Scénariste : Marco Bianchini, Marco Santucci
Nombre de pages : 60
Éditeur : Graph Zeppelin
Date de sortie : 29 janvier 2026
LE PITCH
Dans un futur très lointain, les habitants des déserts et les seigneurs des abysses marins se livrent une guerre sans vainqueurs ni vaincus. Le conflit a épuisé les deux civilisations entraînant avec lui une lente décadence. Mais ce qui va tout bouleverser, c’est une menace inattendue, qui fera se croiser le destin des deux peuples. Le Géosien Uther et le Nautile Rudbekius vont donner le signal à des événements qui pourraient bien annoncer le retour de la terrible race des Anciens sur la Terre.
Celle qui se fait attendre
Graph Zepellin réédite ici une série de science-fiction qui avait été entamée en 2005 du côté du disparu Pavesio mais qui avait été laissée inachevée dans sa version française. L’éditeur repart du début pour les nouveaux lecteurs mais assure déjà que les six tomes sont bel et bien prévus.
Peut-être qu’il aurait été pertinent pour l’occasion de regrouper les six albums dans des volumes à la pagination plus fournie. Un constat surtout pertinent à cause de ce premier tome assez particulier qui, en dehors des très belles six premières planches, sans paroles et toutes dans l’action, laisse la véritable héroïne de La Fourmi blanche de côté. Du Fond des abysse est ainsi un album introductif presque exclusivement constitué d’un long flashback qui revient sur les origines de la jeune femme et sa place très particulière dans cet univers de Space Opera. Un récit écrit à quatre mains entre Marco Bianchini (François sans nom, 999 à l’aube de rien du tout) et Marco Santucci (La Mandragore, Orphelins) qui décrit le déclin d’une planète lointaine où deux espèces humanoïdes opposées dans une longue et terrible guerre sont frappés par un étrange virus dégénératif inscrit dans leur ADN. Leur seul espoir repose à la fois sur la découverte de leurs véritables origines, mais aussi sur une alliance très improbable. On y suit ainsi d’un coté un chercheur du peuple des mers s’opposant à ses politiciens et risquant tout pour mettre la main sur la vérité, et de l’autre un guerrier du peuple de la terre, tombant presque par hasard sur la trajectoire de ce dernier.
Non solubles
En l’occurrence ici, la manière de décrire le background géopolitique et civilisationnel de La Fourmi Blanche semble souvent plus convainquant que ce contraste un peu caricatural entre la figure éclairée et le gros bidasse va-t-en-guerre (avec mâchoire carrée de héros américain), et l’absence d’un point de vue clair brouille un peu trop la narration, pourtant assez classique. Les pistes à développer sont pourtant bien là, mais la personnalité et le charisme de la véritable héroïne manque clairement à l’appel pour l’instant. Heureusement, l’illustrateur Patrizio Evangelisti (Cornelius Shiel) se démène comme un diable pour en mettre plein la vue. Les différents designs des véhicules futuristes, le contraste entre les ruines persistantes dans un désert ocre et le vaste citée sous-marine frappe d’emblée, tout autant que l’imposante masse de quelques créatures aliens géantes dignes d’un film de monstre japonais. Ses personnages ne manquent pas de caractère non plus, avec une finition de l’ensemble à l’aérographe qui donne une constante sensation de relief et de profondeur digne parfois des maitres Richard Corben et Liberatore.
Là encore, ce sont ironiquement les quelques apparitions de la fameuse Fourmi Blanche qui font le plus d’effets, présentée comme une créature athlétique, vive et toute en fluidité qui fend le décor comme une ombre blanche… Elle devrait tout logiquement définitivement s’imposer dès le second tome à venir prochainement.



