LA DUELLISTE T.2 : BOTTE SECRÈTE ET CORSET

Italie, France – 2025 / 2026
Genre : Aventure, Érotique
Dessinateur : Francesco Trifogli
Scénariste : Francesco Trifogli
Nombre de pages : 64
Éditeur : Tabou
Date de sortie : 29 janvier 2026
LE PITCH
Dans le Paris de Louis XV, la jeune et belle Françoise nourrit un projet de vengeance à l’encontre du Baron de Valmy, l’assassin de son père, réputé pour être la plus fine lame du royaume. Pour y parvenir, la belle abandonne corsets et jupon et apprend l’art de l’escrime et celui de la séduction. Car le jour du grand bal de la noblesse parisienne approche… un bal où tromperies et trahisons libertines sont monnaie courante. Se parant de sa plus belle robe, Françoise retrouve, le temps d’un soir, sa féminité… et est bien déterminée à percer les secrets inavouables de la cour.
Elle touche !
Comme pour le premier tome en 2025, le seconde de La Duelliste connait lui aussi sa version « uncut » du coté de Tabou BD avec des pages supplémentaires et surtout une sexualité générale nettement plus assumée. La BD y gagne en érotisme mais étonnement aussi en profondeur.
Petite surprise l’année dernière lorsqu’après un premier tome édité en février 2025 chez l’éditeur voisin Graph Zeppelin, la nouvelle série de Francesco Trigogli se voyait auréolé d’une seconde édition, plus adulte et culottée du coté de Tabou BD. Rebelotte ici avec Le Bal Masqué devenu pour l’occasion Botte secrète et corset avec une petite quinzaines de planches inédites qui sont très loin de n’être que des artifices pour les lecteurs attirés par la chair fraiche. Si l’artiste italien, effectivement très célèbre pour ses contes pornographiques signés sous le pseudo de Trif, n’a pas son pareil pour célébrer les corps sveltes et délicats de ses protagonistes féminins, on reste tout de même toujours dans un érotisme assez soft. Les corps sont nus et visibles, les uns et les autres s’adonnent à quelques épanchements, mais jamais en touchant le classement X ou avec une quelconque vulgarité. Le sexe est ici à nouveau un ingrédient de l’histoire qui vient donner corps aux sentiments et au passions, et même expliquer certains rebonds d’une histoire qui n’en manque pas.
La robe déchirée
L’auteur pioche toujours autant dans les grandes références, d’Alexandre Dumas à Choderlo De Laclos, sans oublier le maitre Shakespeare, et affirme clairement son classicisme pour concocter une grande aventure romanesque où la simple histoire de vengeance première, d’une fille pour son père, ne cesse de se complexifier de révélations en révélations. Si les talents d’épéistes de Françoise se confirment spectaculairement dans quelques duels toujours impeccablement dessinés et rythmés, l’éclosion de ses sentiments, la tragédie de ses origines et de lourds secrets dans quelques familles aristocrates troublent très agréablement le chemin. A force aussi, son costume de gentilhomme censé lui assurer l’anonymat et l’assurance de pouvoir participer officiellement à un duel fatidique, commence à s’écailler et à laisser échapper sa nature féminine. La finesse des illustrations, la délicatesse des traits et le caractère bouillonnant de l’héroïne continent d’offrir un véritable souffle à cette BD historique et de cape et d’épée ménageant l’aventure, le drame et l’action avec une formule des plus équilibrées et efficaces. Il faut à ce titre souligner l’excellent travail du coloriste Andrea Celestini, discret à la première approche mais distillant de très jolies atmosphères d’atelier d’artiste, de chambres aux draps froissés ou d’un bal masqué dont la noblesse d’apparat n’est bien entendu que poudre aux yeux.
Et les dernières planches ménagent quelques surprises qui laissent forcément le lecteur happé par les ultimes révélations… Conscient que tout cela risque de finir comme une authentique tragédie.



