DOWN UNDER MOVIEZ

France – 2025
Genre : Cinéma
Auteurs : Julien Savès, Julien Beaunay, Elise Girard
Nombre de pages : 528 pages
Éditeur : Aardvark Editions
Date de sortie : 22 septembre 2025
LE PITCH
DOWN UNDER MOVIEZ se propose d’aller au-delà de la notion parfois vague d’Ozploitation, expression née en 2008 dans le documentaire Not Quite Hollywood de Mark Hartley, et de l’élargir à tout un corpus des années 1970 à nos jours, Nouvelle Vague y compris. Une sorte de guide pratique qui vous fera voyager aux quatre coins du pays, au travers d’une large sélection de films – des incontournables aux plus obscurs -, de dossiers thématiques, de portraits de personnalités et de nombreux entretiens inédits avec les cinéastes qui ont fait la renommée et la richesse de ce cinéma Down Under (George Miller, Peter Weir, Bruce Beresford, Gillian Armstrong…).
Le cinéma de tous les dangers
Résumé à quelques cinéastes ayant fait carrières aux USA (Phillip Noyce, Peter Wear…), à quelques aventures mécanisées délirantes (la saga Mad Max) et plus largement à un divertissement bis débridé et furieux rassemblé sous la bannière d’Ozploitation, le cinéma australien reste un vaste continent à conquérir. Grande aventure donc que proposent Julien Savès et Julien Beaunay (dits les Juliens), aidés d’Elise Girard, partis à l’assaut de cinq décennies de productions cinématographiques souvent mal ou peu connues, de films d’exploitations, de reflets de la Nouvelle vague, jusqu’aux production post-modernes et tape-à-l’œil des années 2000 à aujourd’hui.
On en passe forcément par un indispensable historique, autant sur la naissance du pays que sur celui de son cinéma, on y évoque les prémices locales souvent aujourd’hui totalement perdue avant de passer aux choses vraiment sérieuse avec la renaissance des années 70 permise autant par une nouvelle génération de cinéaste en herbe nourris à la production internationale (américaine et européenne) que par une politique économique favorisant en grande liberté l’industrie locale moribond. Mise en contexte, présentation des évolutions et des schémas récurrents d’un film à l’autre, les auteurs ne cherchent pas ici l’exhaustivité absolue, préférant choisir pour chaque décennie les films qui leurs paraissent les plus incontournables et les plus représentatifs. Les 70’s en passent forcément par Walkabout, Picnic à Hanging Rock, Patrick ou L’attaque des fourgons blindés, mais il y est aussi nettement question des premières grandes ocker comedies (Stork, Arvin Purple, The Adventures of Barry McKenzie…), des films érotiques, des premiers essais purement horrifiques (Night of Fear…) et bien entendu des nombreux films d’action célébrant déjà les cascades et les rois de la mécanique (The Man from Hong Kong). Les 80’s seront forcément plus marquées par la déferlante Mad Max (le premier en 79 et les deux suivants en 81 et 85), marchepied d’une explosion du ciné de genre, fantastique ou non, allant de l’excellent Déviation mortelle au tendu Calme blanc en passant par les cavalcades pour gosses du Gang des BMX et des drames beaucoup plus sérieux comme Héros ou salopards ou Un Cri dans la nuit.
La revanche des antipodes
Par suite d’une fuite des cerveaux (de nombreux cinéastes et techniciens sont allé chercher fortune aux USA), les deux décennies suivantes semblent nettement moins touffues mais réserve tout de même quelques trésors (Bad Boy Bubby, Body Melt, Wolf Creek…) et ne peuvent s’achever que par un retour triomphant aux deux derniers chapitres de la saga Mad Max. Au milieu de tout cela que ce soit avec les films mis en avant ou ceux réservés pour des travellings plus rapides en fin de chapitre (les « miscellanées »), c’est à un véritable défilé de titres plus ou moins connus que nous sommes conviés. Tous nous sont contés, recontextualisés, redéfinis, analysés et valorisés, avec toujours une envie d’approcher ce qui fait véritablement la singularité partagée du cinéma Australien. Une question de paysages, une question de lien compliqué avec l’Angleterre-mère, une notion d’étrangeté et de magie presque omniprésente, l’influence grandissante de la culture aborigène… Down Under Moviez tend parfois à la discussion avec le lecteur.
Et question de parfaire ces plus de 500 pages dense et passionnante, l’ouvrage propose aussi de nombreux portraits de figures incontournables (l’acteur-star aborigène David Gulpilil, le scénariste Everett de Roche, le réalisateur Richard Franklin, le compositeur Brian May…) et des interviews inédites de cinéastes incontournables et passionnants : Peter Weir, Bruce Beresford, Gillian Armstrong, George Miller, B. Trenchard-Smith, Fred Schepisi, Rolf de Heer, Andrew Traucki et Phillip Noyce ! Que du lourd en somme, mis en valeur par une très belle édition et une iconographie généreuse et aguichante.
Parfait pour les néophytes, plein de bonnes surprises pour les cinéphiles avertis, Down Under Moviez donne envie de replonger à 300km/h dans ce cinéma « anti-autoritaire, turbulent et bruyant, exubérant à l’excès » (dixit Brian Trenchard Smith) et que certains éditeurs vidéo continuent sur leur belle lancée : à quand des Bluray pour Snapshot, Heatwave, OZ, The Return of Captain Invincible, Calme Blanc, L’école de tous les dangers, Bad Boy Bubby ou Solitaire ?





