DIEU PARDONNE… MOI PAS !

Dio perdona… Io no ! – Italie, Espagne – 1967
Support : Bluray
Genre : Western
Réalisateur : Giuseppe Colizzi
Acteurs : Terence Hill, Frank Wolff, Bud Spencer, Gina Rovere, José Manuel Martin…
Musique : Angel Oliver Pina, Bruno Nicolai
Durée : 113 minutes
Image : 2.35 16/9
Son : Français et Italien DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 25 juin 2026
LE PITCH
Au lendemain de l’attaque sanglante du train d’El Paso chargé d’un million de dollars en pièces d’or, le pistolero Cat Stevens et Hutch Bessy, un enquêteur au service d’une compagnie d’assurance, se lancent sur les traces de Bill San Antonio, un hors-la-loi officiellement mort. Stevens croit même l’avoir abattu à l’issue d’un duel un an plus tôt : il ignorait que son arme était chargée à blanc.
La Naissance de Terence & Bud
BQHL nous propose en bluray le tout premier film avec Terence Hill et Bud… Car même s’ils avaient déjà joué tous les deux dans un péplum (Hannibal), ils ne partageaient alors aucune scène à l’écran. Ainsi, Dieu pardonne… Moi pas ! inaugure les vrais débuts du duo à l’écran… mais c’est d’abord avant tout grâce ou à cause d’un coup du hasard.
En effet, Terence Hill a bien failli ne pas avoir le rôle de Cat Stevens. Le premier choix de Giuseppe Colizzi était un certain Peter Martel (ou Pietro Martellanza), un acteur que l’on avait pu voir dans une poignée de westerns spaghettis, aujourd’hui oubliés du plus grand nombre, dont Mon nom est Pecos et Un Doigt sur la gâchette. Suite à une dispute conjugale, Martell se casse le pied alors que le tournage doit tout juste démarrer, et sur les conseils avisés de Mauro Bolognini, on décide de le remplacer à la dernière minute par Terence Hill. C’est donc ainsi que Terence a rencontré Bud pour la toute première fois. Et cette première rencontre marque le point de départ d’une longue et fructueuse collaboration qui donnera 17 films en 27 ans.
Si Dieu pardonne… Moi pas ! réunit donc Terence et Bud, en 1967, dans le western italien, la mode n’est pas encore au western comique. Il y a bien quelques petites pointes d’humour dans le film, mais pour l’histoire et le ton général, on est plus dans une intrigue classique. Un récit de vengeance qui tourne autour d’un magot volé par un hors-la-loi sadique, avec quelques passages obligés comme le chemin de croix des héros qui se font torturer par les méchants, où on peut assister à un très beau et magnifique défilé de trognes patibulaires, avant le règlement de compte final. Et force est de reconnaître que la force principale du film réside déjà dans l’alchimie naissante entre Terence et Bud qui partagent de très bonnes scènes, dont une qui est la toute première apparition du fameux coup de poing marteau. Si l’humour n’est pas vraiment de mise, que Terence Hill est taciturne à souhait, on peut déjà déceler quelques éléments qui contribueront au futur succès de notre tandem : un malin souple et rapide, un costaud grognon possédant des manières bien abruptes. Au milieu de ce duo, on retrouve l’excellent et prolifique Frank Wolff (Le Grand Silence, Il était une fois dans l’Ouest) en hors-la-loi sadique comme lui seul savait les camper. Un vilain qu’on adore détester.
Le Chat, Le Chien et le Renard
On ne s’écarte pas des sentiers poussiéreux et balisés du western spaghetti, et on reste bien loin des westerns tartes à la crème qui fera le succès de notre tandem. Ici ça flingue, ça bastonne sec, ça torture méchamment, mais Giuseppe Colizzi, qui faisait ses débuts en tant que réalisateur après avoir été assistant et tâté de la production, notamment aux côtés du grand Sergio Leone, emballe le tout avec efficacité. Au niveau de sa réalisation, il livre effectivement un film soigné, avec de très bonnes idées : la table de jeu vue de dessous, les gros plans presque horrifiques sur les morts entassés, les scènes relativement violentes du fer rouge et du fouet (rappelant Le Temps du massacre de Lucio Fulci), et enfin, la noirceur générale qui imprègne tout le film, où l’on retrouve la sueur, la crasse, les yeux clairs, les sales gueules mal rasées, les cigarillos écrasés entre les dents tel Eastwood qui en inspirera des grappes, et sans oublier, un très bon final à suspense qui en rappellera forcément d’autres aux cinéphiles.
Mais ce qui fait réellement la personnalité du film, c’est que Colizzi s’est inspiré des fables animalières d’Esope en donnant aux personnages du film des caractères animaux. Terence Hill incarne donc le chat, Frank Wolff le renard (d’où le fait qu’il se soit teint les cheveux en roux) et Bud Spencer le chien.D’ailleurs, lors de la bagarre entre Hutch et cat, on peut voir la puissance massive et physique du chien contre la souplesse et la ruse du chat. Terence Hill se meut comme un félin lorsqu’il doit se faufiler, grimper… et cerise sur le gâteau, il ne sait pas nager. Cependant malgré ces références bienvenues au fables animalières d’Esope, Colizzi ne réinvente pas la poudre mais livre un film bénéficiant d’un très bon trio d’acteurs et d’une superbe galerie de sales trognes, et c’est pour ces raisons que Dieu pardonne… moi pas ! s’avère vraiment réussi
À sa sortie le film fut l’un des plus gros succès de l’année 1967 en Italie. Mario Girotti était devenu Terence Hill, Carlo Pedersoli se faisait désormais appeler Bud Spencer, mais avant d’exploser définitivement le box-office dans leurs rôles respectifs de Trinita et Bambino, nos deux compères reprirent deux fois de suite leurs personnages de Cat Stevens et Hutch Bessy dans Les 4 de l’Avé Maria et La Colline des bottes, toujours réalisés par Giuseppe Colizzi… Et qu’ils retrouveront, alors au sommet de leur gloire, pour le très fun Et maintenant on l’appelle Plata.
Image
Malgré le fait qu’il subsiste encore quelques défauts, de minimes petites tâches, un piqué par moment défaillant, l’apport HD est clairement visible et enterre de très loin la précédente édition DVD, la colorimétrie est de très bonne tenue.
Son
La VF est étonnamment plus pêchue que la VO, légèrement plus en retrait. Aucun souffle à déplorer.
Interactivité
Comme d’habitude, Terence Hill/Bud Spencer oblige, BQHL a fait appel à Jean-François Giré pour nous parler du film. Un entretien qui complète les nombreuse autres présentations enregistrées par le même monsieur qui se révèle ici riche en anecdotes et s’avère très passionnant.
Liste des bonus
Entretien avec Jean-François Giré (43’).






