XENOBLADE CHRONICLES 2 : NINTENDO SWITCH 2 EDITION

Japon – 2017 / 2026
Support : Nintendo Switch, Nintendo Switch 2
Genre : RPG, Fantasy, Science-Fiction
Développeur : Monolith Soft
Musique : Kenji Hiramatsu, ACE, Manami Kiyota, Yasunori Mitsuda
Durée de jeu : Elvée
Langue : Anglais et Japonais (voix), Français (textes)
Editeur : Nintendo
Date de sortie : 30 juillet 2026
LE PITCH
Perdues dans un océan de nuages, des civilisations entières vivent sur des Titans. Alors que les Titans avancent vers une mort certaine, leur dernière chance est Rex, un jeune chasseur, et Pyra, une arme vivante. Trouveront-ils à temps Elysium, le paradis mythique, pour sauver ce qui reste de l’humanité ?
Un Challenge de Titans
Marqué par un changement global d’esthétique et un traitement technique loin des cadors du genres, Xenoblade Chronicles 2 n’avait pas que soulevé l’enthousiasme à sa sortie il y a bientôt dix ans. Profitant d’une grande opération de mise jour collégiale de la saga pour préparer l’arrivée d’un futur opus inédit en 2027, cette première suite revient dans une version boostée pour la Switch 2.
Dans un temps où les grands studios de développement et les gamers bourrins ne juraient déjà que par l’Ultra HD, les textures photo-réalistes et des budgets monstrueux, voir débarquer un titre comme Xenoblade Chronicles 2 pouvait largement déstabiliser, voir entrainer un certain dédain. Non clairement le soft de Monolith n’était pas alors en termes de direction artistique l’opus le plus abouti, se perdant très souvent dans des designs de personnages trop « passe-partout » ou trop manga pour marquer les esprits ; installant des menus pas toujours des plus clairs et on ne peut plus rigides ; trébuchant sur ses ambitions avec un affichage instable et des cinématiques un poil vieillottes… Tout cela sans compter sur une construction dramatique qui a aucun moment ne fait l’effort de tendre la main au joueur, préférant se construire sur une masse scintillante d’épisodes, de missions et de quêtes, pour laisser affleurer peu à peu sa véritable nature, ses révélations tour à tour politiques, philosophiques et épiques. Il y a un effort à fournir pour plonger véritablement dans cet opus qui pourrait fonctionner directement comme un pied de nez à un certain Final Fantasy XV, quitte à ressembler, en moins brossé, à ce qu’essayait de mettre en place Square Enix depuis le 13ème épisode. Soit un gigantesque univers, fourmillant de personnages, de petits récits et surtout de véritables microcosmes naturels où s’ébattent divers espèces animalières, herbivores, carnivores ou volants, pouvant être observés en toute liberté, chassés ou… évités pour ne pas finir occis en un seul coup de griffe. Extrêmement construit et logique dans ses interactions, le monde d’Alrest ne peut fonctionner, là encore, que si on choisit de s’y perdre passant d’une durée de vie d’une soixantaine d’heure (déjà !) à plus du double !
Les aventures d’une vie
Un investissement nécessaire pour découvrir toute la richesse du game design, le foisonnement des environnements, mais aussi toutes les possibilités d’un gameplay à la puissance exponentielle. Un peu hiératique au départ, ces combats où une nouvelle fois les différents coups s’enchainent seuls ne laissant au joueur que le choix dans les attaques spéciales et le positionnement du personnage, ne prend de l’épaisseur que graduellement, voir excessivement lentement. Par l’amélioration du niveau du héros et de ses confrères tout d’abord, avec l’apparition de nouvelles techniques qui retrouvent les enchainements (faire trébucher, frapper au sol, projeter en l’air et enchainer l’ultime combo) que l’on connait depuis le chapitre Wii, mais aussi par la nouveauté de l’épisode : les Lames. Des créatures parfois humaines, animales ou moins identifiables, qui s’attachent aux combattant et font apparaitre de nouvelles techniques de combats (avec changements d’armes), prises en compte des éléments de faiblesse (les ennemis y deviennent plus résistant à chaque coup) et combos supplémentaires. Ces Lames, authentiques personnages avec lesquels on peut dialoguer, se lier et ainsi débloquer de nouvelles compétences, permettent aussi d’accéder à certains passages bloqués sur la surface des nombreux Titans flottant sur l’océan de nuage. Tout est imbriqué donc, intimement mêlé, et une fois dépassé ses articulations rouillées et son écran de fumé aux faux airs de MMORPG, Xenoblade Chronicles 2 se révéle aux courageux comme la grande expérience RPG qu’il est.
Par contre aucune retenue sur la nouvelle bande originale composée par Yasunori Mitsuda (Xenogears, Chrono Trigger) et son équipe, alternant avec volupté les sonorités bucoliques d’une exploration planante avec l’intensité épique d’un grand spectacle dramatique et les petites notes intimes nécessaires. Le mélange des genres fait ici des merveilles, tout comme le déluge de mélodies variées et parfois somptueusement portées par des voix angéliques. Une BO qui porte en elle toutes les ambitions d’une aventure hors normes.
Le renouveau
Très critiqué dans ses aspérités techniques Xenoblade Chronicles 2 méritait bel et bien une remise à jour et une amélioration considérable de ses articulations. Pour cette version Switch 2, Monolith a comme il se doit boosté l’affichage avec un 60FPS plutôt convaincant et qui ne décroche que lors des combats les plus imposants, et une révision 4K très poussée. Certes les bugs d’origines et les légers flous ou contours propres à ce type de portages sont de la partie, mais clairement l’affichage est nettement plus profond et détaillé que jamais. Surtout, les développeurs en ont profité pour fluidifier les déplacements dans les menus et même pour revoir quelques menus détails comme la gestion des obstacles présents sur la map, ne demandant plus de changer inlassablement de Lames équipées pour en obtenir la capacités adéquate. Plus souple, plus fluide, plus généreux et clairement plus agréable à l’œil que jamais, le titre propose aussi quelques bonus bienvenus comme des tenues alternatives pour Pyra et Mythra, un mode Merc Assault où on peut se lancer dans des combats d’arènes en compagnie d’une escouade de Lames Rares et l’inédite Momo. Une lame rare justement, maniant aussi bien la lumière que les ténèbres et qui peut faire apparaitre un orbe élémentaire en plein enchainement. Et cette dernière profite d’une quête dédiée qui, en plus d’être assez longue, dissémine de nombreux clins d’œil aux mythiques opus de Xenosaga… Monolith aurait-il enfin réussi à récupérer les droits de cette saga prequelle ? L’espoir fait vivre en tous cas.






