28 JOURS PLUS TARD

28 Days Later – Royaume-Uni, Etats-Unis – 2002
Support : UHD 4K
Genre : Horreur, Thriller
Réalisateur : Danny Boyle
Acteurs : Cillian Murphy, David Schneider, Toby Sedgwick, Naomie Harris, Noah Huntley, Christopher Eccleston, Christopher Dunne, Emma Hitching…
Musique : John Murphy
Image : 1.85 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais et DTS HD Master Audio 5.1 Français, Allemand, Espagnol, Italien…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol, Italien…
Durée : 113 minutes
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 2 septembre 2026
LE PITCH
Un commando de la Protection Animale fait irruption dans un laboratoire top secret pour délivrer des dizaines de chimpanzés soumis à de terribles expériences. Mais aussitôt libérés, les primates, contaminés par un mystérieux virus, bondissent sur leurs « sauveurs » et les massacrent. 28 jours plus tard, le mal s’est répandu à une vitesse fulgurante à travers le pays, et Londres n’est plus qu’une ville fantôme…
Juste après
Désormais devenu le point de départ d’une « franchise » protéiforme, 28 jours plus tard était en 2002, avec le bien plus commercial Resident Evil sorti la même année, le point de départ de cette fameuse résurrection du film de morts-vivants. Les références sont là, mais le survival extrême de Danny Boyle (Trainspotting, Slumdog Millionnaire…) reste une œuvre novatrice et révélatrice qui n’a rien perdu de sa rage.
A force de revisiter la trajectoire de Jim (Cillian Murphy, fragile mais charismatique) et ses compagnons d’infortunes dans une Angleterre devenue l’enfer sur terre et d’explorer les conséquences de l’épidémie dans les suivants 28 semaines plus tard et les deux 28 ans plus tard, on en avait presque oublié que le réalisateur et son camarade scénariste Alex Garland, avaient disposé en introduction du film de 2002 une explication on ne peut plus claire de l’origine du mal. Une tentative de libération d’un chimpanzé utilisé comme cobaye dans un laboratoire secret qui tourne mal, une morsure brutale sur un des défenseurs de la cause animale, et le virus qui va rapidement plonger le pays dans le chaos est moins d’origine médicale ou chimique que conditionné par la confrontation entre l’animal et les images de violences perpétrées par l’homme. Le mal de 28 jours plus tard est donc bien une forme de folie libérée, une brutalité, une férocité, un appétit pour la mort et la destruction qui, comme le montre finalement quasiment tout le reste de la filmographie du cinéaste, sont omniprésents dans notre histoire et notre modèle social. Ce n’est ainsi qu’une ultime étape vers notre propre destruction, vers l’effondrement de la civilisation, où va naturellement éclore, en écho direct avec l’échec commercial de La Plage tourné deux ans plus tôt dans le giron hollywoodien, une nouvelle confrontation entre l’homme électron et un modèle totalitaire en reconstruction.
Survivants
La transformation de brave garçon un peu dépassé à guerrier sans pitié dans l’assaut final du film n’est pas une reconquête de virilité, mais bien un ultime sursaut d’espoir face à une troupe de militaire, et un Major Henry West (Christopher Eccleston, très loin de Doctor Who) en ersatz froid et fataliste du Colonel Kurtz d’Apocalypse Now, déjà prêt à réduire les femmes à des objets sexuels et des pondeuses pour un avenir meilleur. Comme en atteste les fins alternatives bien connues, le pessimisme habituel de Danny Boyle, véhiculé d’ailleurs par la vision du monde Selena (Naomie Harris), avait bien été au départ poussé jusqu’au bout, mais l’éveil du protagoniste et son chemin sacrificiel méritait amplement une conclusion pleine d’espérance… et filmée sur pellicule 35mm. Car à la fois pour capturer une certaine modernité, ou en tout cas une imagerie brute du début des années 2000, et incarner plus drastiquement à l’écran le complet chaos du monde de 28 jours plus tard, le film fut donc essentiellement capturé sur caméra DV et autres appareils numériques à la qualité d’affichage encore balbutiante. Y ajoutant des changements de focales, des mouvements en soubresauts, diverses superpositions, cadrages empêchés et un montage souvent percuté et plus généralement une urgence nerveuse et éreintante, Danny Boyle crée presque l’esthétique d’un film témoin, assistant comme un personnage à la catastrophe en cours.
28 jours plus tard en devient un film d’horreur profondément contemporain, rejouant certaines thématiques mémorables de l’inoubliable trilogie fondatrice de George A. Romero (critique de la société de consommation et du militarisme en premier ligne), mais où l’action et les faits nous regardent directement dans les yeux, questionnant constamment notre position aux drames en train d’advenir et leurs origines. Un film d’horreur de l’intime assez brillant il faut bien le dire qui au passage n’a certainement pas été asséché par ses trois « suites » devenant surtout le terreau d’une saga passionnante et toujours expérimentale.
Image
En voilà une proposition étonnante ! On ne s’attendait vraiment pas à ce qu’un film comme 28 jours plus tard tourné pour 90% de ses plans en caméra numérique basse définition reviennent sur support UHD. Seule la fin a été shootée en 35 mm. Et pourtant en revenant directement à la source DV (et non le transfert 35 utilisé pour les projections salles) et surtout en éliminant tous les procédés d’atténuation de grain et d’accentuation des contours, les techniciens réussissent effectivement à booster l’image du film. Elle reste faiblarde, floue, parsemée de décrochages numériques, de noirs laiteux et d’horizon écrasés, mais la définition se montre largement plus maitrisée en 4K, plus homogène et lisible, tout en profitant de manière étonnante du Dolby Vision pour s’extirper de la fausse image terne que le film trainait jusque-là. Des contrastes bien marqués qui délivrent au passage quelques tableaux qui tirent de manière incroyable vers la peinture impressionniste (voir le plan sur les champs de fleurs, sidérant).
A noté qu’en revenant à la première version matérielle du film, Sony a oublié un court plan (le visage d’un infecté dans la scène du tunnel) qui avait dû être ajouté en 2002 dans les dernières étapes du montage.
Son
Dans la ligné de l’excellent et tétanisant DTS HD Master Audio 5.1 déjà proposé sur le Bluray de la Fox, on découvre ici un Dolby Atmos inédit qui développe peut-être un peu plus les sonorités arrières, mais reste tout de même très proche de la prestation connue. Les ambiances sont bien placées, la musique délicate et les invasions d’infectés sont parfaitement envahissantes pour un spectacle toujours aussi efficace. Le doublage français reste lui en DTS HD Master Audio 5.1 mais ne démérite pas du tout.
Interactivité
28 jours plus tard passe des mains de la Fox à celle de Sony Pictures pour sa sortie 4K et Steelbook, mais coup de chance ne perd pas en cours de route ses bonus d’origine comprenant un commentaire audio très complet et fourni réunissant le réalisateur et son scénariste, un pseudo-making of surtout concentré à crédibiliser le postulat de départ (des virus partout !!!), une large série de scènes coupées et pas moins de trois fins alternatives bien plus cruelles dont une assez longue en grande partie restée à l’état de storyboard.
On aurait quand même apprécié un documentaire rétrospectif et un sujet sur la restauration.
Liste des bonus
Commentaire audio du réalisateur Danny Boyle et du scénariste Alex Garland, Scènes coupées et fins alternatives avec commentaires optionnels, Rage pure : Le making-of de 28 jours plus tard, Clip vidéo de Jacknife Lee, Storyboards animés, Galeries de photos fixes, Bande-annonce et teaser pour le cinéma.






