FRAYEURS

Paura nella città dei morti viventi – Italie – 1980
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Horreur
Réalisateur : Lucio Fulci
Acteurs : Christopher George, Catriona MacColl, Carlo De Mejo, Antonella Interlenghi, Giovanni Lombardo Radice…
Musique : Fabio Frizzi
Image : 2.35 16/9
Son : Italien et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 92 minutes
Editeur : Le Chat qui fume
Date de sortie : mars 2026
LE PITCH
À New York, lors d’une séance de spiritisme, une médium, Mary, et ses assistants tentent de contacter l’au-delà. Elle à la vision d’un prêtre errant dans un cimetière, venu se pendre à un arbre, acte impie qui provoque le réveil des morts dans la cité maudite de Dunwich. Mary s’effondre. Déclarée morte, elle est enterrée. Mais la jeune femme, en fait, en état de catatonie, se réveille dans son cercueil. Condamnée à une mort certaine, elle est sauvée de justesse par le journaliste Peter Bell. Tous deux décident de se rendre à Dunwich…
La peur au corps
Second volet de sa trilogie des Portes de l’enfer initiée avec le célèbre L’Enfer des zombies, Frayeurs résonne aujourd’hui comme le dernier effort avers une émancipation totale du cinéma de Lucio Fulci. Un an avant l’absolu L’Au-delà, voici une ébauche à l’atmosphère éprouvante.
Longtemps simple cinéaste italien parmi d’autres, Fulci a donc dû constamment composer avec les modes des moments et les attentes communes du public populaire et des producteurs locaux. Si sa carrière avant cela est déjà traversée d’authentiques bijoux noirs comme Beatrice Cenci, Le Venin de la peur, La Longue nuit de l’exorcisme, 4 de l’apocalypse ou L’Emmurée vivante, ils se plient tous en partie aux codes du moment, que ce soit le giallo, le western ou autres. Avec la fausse suite du Zombie de George A. Romero, totalement inscrite dans le paysage des morts-vivants du moment, il réussit pourtant à distiller un travail sur l’ambiance et une sécheresse qui lui sont propre. Le succès aidant, il s’engouffre totalement dans ces recherches esthétiques avec le suivant Frayeurs qui justement se débarrasse des effets de styles de ses compatriotes, des fausses trames policières ou d’une dramatisation mathématique, pour plonger dans un spectacle macabre total et insaisissable de 90 minutes tout juste. Si son incontournable coscénariste Dardano Sacchetti (La Baie sanglante, Démons 1&2, Pulsions cannibales) tente de livrer un hommage à l’œuvre du romancier H.P. Lovecraft, le cinéaste lui efface presque généralement toutes les citations (excepté le carton d’ouverture et la ville où se situe l’action) pour en préserver finalement que la substantive moelle, soit un univers clos, hors du temps et de l’espace, transformée en un incroyable cauchemar vivant.
La peur au corps
L’inquiétante étrangeté, l’innommable, l’intouchable, le mal à l’état brut… Des notions qui envahissent les sublimes cadres de Fulci sous la forme de tempêtes de sables constantes, d’un vent nocturne poussant à la folie, d’une bande sonore obsédante poussée par la marche funèbre de Fabio Frizzi accompagnée d’effets sonores échappés d’une cérémonie vaudou… Le Dunwich de Lucio Fulci, incarné dans les riches décors de Savannah, est présenté comme une antichambre de l’enfer, un lieu qui a déjà un pied dans la tombe. D’où sans doute cette sensation que le script fait régulièrement du surplace, que les personnages sont déconnectés de l’horreur qui se trame et de l’horreur de pourriture qui suintes de partout. Parfois trop flottant, parfois rattrapé par son bricolage de dernière minute (le plan final est quand même peu convaincant) Frayeurs n’est pas tout à fait l’un des chefs d’œuvre de Fulci, mais certainement le premier film où sa fascination morbide et sa quête d’un film monde, prend vraiment corps. Mais bien entendu si l’opus est resté comme l’un des grands cartons de sa filmographie, un grand champion à venir des vidéoclubs, c’est pour ses apparitions incroyablement gores et scabreuses : les restes en décomposition d’un bébé, les cervelles arrachées à mains nues, les spectres aux airs de morts-vivants méchamment décomposés, une trépanation à la perceuse, une pluie de milliers d’asticots et une pauvre femme qui vomit, de manière interminable, ses propres tripes ! Mémorables certes, mais on y préférera sans aucun doute les élans plus poétiques, gothiques, entre une séance de spiritisme qui s’achève dans un hurlement obsédant, une pauvre Catriona MacColl qui se réveille six pieds sous terre et une visite finale dans un caveau sous-terrain digne d’une production Hammer.
Trois scènes magnifiques, sublimement éclairée par Sergio Salvati (une dizaine de collaboration avec Fulci) et mises en valeurs par les décors de Massimo Antonello Geleng (Dellamorte Dellamore), où le futur auteur de L’Au-delà s’impose avec une grande élégance comme l’héritier d’Edgar Alan Poe et… H.P. Lovecraft bien entendu.
Image
Huit ans après le Bluray d’Artus Films reposant alors sur la seule copie HD disponible et très perfectible, Le Chat qui fume nous propose une restauration nettement plus complète et éprouvée effectuée à partir d’un scan 4K des négatifs 35mm. Un retour à la source nécessaire pour revenir aux superbes argentiques du film, aux effets de profondeurs et au relief général, et délivrer enfin une image propre, ferme où le grain, toujours fluctuant et donc organique, s’imprègne avec élégance. Le traitement HDR10 / Dolby Vision n’est pas juste là pour faire joli sur la jaquette, il révèle des couleurs ocres, terreuses légèrement dorées, très très loin des prestations grisonnantes d’autrefois. On peut toutefois observer durant quelques séquences des variations de luminosité (manifestement tempérées mais pas effacées) qui restent encore perceptibles.
Son
Toujours pas de remix 5.1 voir Dolby Atmos…. Et c’est très bien comme ça. Les monos d’origines, nettoyés, rafraichis et raffermis, nous parviennent dans des DTS HD Master Audio qui tirent le meilleur du matériel disponible. Version italienne et version française ont bien entendu été entièrement postsynchronisées à l’époque et entrainent quelques distances autant dans le jeu que le placement des voix. Quelques restes de petites saturations persistent, mais l’omniprésence flippante des musiques de Fabio Frizzi et les bruitages totalement délirants font vite oublier tout ça.
Interactivité
Le Chat qui fume propose les disques UHD et Bluray bien logés dans un boitier scanavo fullframe avec jaquette exclusive et fourreau cartonné. En dehors des bandes annonces de Frayeurs et L’Au-delà, les bonus sont entièrement regroupés sur le disques HD avec un cocktail de nouvelles interviews où on croise l’actrice phare Catriona McColl, le roi des seconds rôles de film d’horreurs ritals Giovanni Lombardo Radice, le talentueux décorateur Massimo Antonello Geleng et l’incontournable scénariste Dardano Sacchetti, qui livrent très généreusement face caméra, partageant leurs souvenirs de tournage, leur regard sur le film et/ ou le genre, sans oublier bien entendu à chaque fois une facette sensiblement différente d’un réalisateur tour à tour chaleureux, colérique, maniaque et passablement perché. Le tout est complété par une présentation / analyse enregistrée par le duo Gérald Duchaussoy / Romain Vandestichele, auteurs d’un bon bouquin sur Mario Bava, qui reviennent sur la place du film entre L’Enfer des Zombies et L’Au-delà, ses expérimentations stylistiques, son ambiance particulière et les symboliques qui surnageraient au milieu de tout ça.
Liste des bonus
Frayeurs de Fulci avec Gérald Duchaussoy et Romain Vandestichele (54’), Fulci et moi, partie 1 avec Catriona MacColl (38’), Images du tournage de FRAYEURS commentées par Roberto Forges Davanzati et Sergio Salvati (10’), Dans l’os avec Giovanni Lombardo Radice (31’), Sous le cimetière avec Massimo Antonella Geleng (31’), Des mots pour les morts avec le scénariste Dardano Sacchetti (42’), Films annonces.







