YOROÏ

France – 2025
Support : Bluray
Genre : Fantastique, Action
Réalisateur : David Tomaszewski
Acteurs : Orelsan, Clara Choï, Alice Yanagida, Kazuya Tanabe, Skread, Ablaye…
Musique : David Soltany
Image : 2.35 16/9
Son : Français DTS Master Audio 5.1 et 2.0
Sous-titres : Aucun.
Durée : 106 minutes
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 4 mars 2026
LE PITCH
Après une dernière tournée éprouvante, Aurélien décide de s’installer au Japon avec sa femme Nanako, enceinte de leur premier enfant. Alors que le jeune couple emménage dans une maison traditionnelle dans la campagne japonaise, Aurélien découvre dans un puits une armure ancestrale qui va réveiller d’étranges créatures, les Yokaïs.
Une histoire à raconter
Même si l’artiste fraye avec le cinéma depuis un petit moment déjà et c’était même payé un trip introspectif avec Comment c’est loin, on ne s’attendait pas forcément à le voir débarquer avec un film de baston fantastique. L’occasion pour lui de revenir sur son personnage médiatique et sa passion de la culture nippone… et annoncer la sortie de son dernier album La Fuite en avant.
Les deux opus sont d’ailleurs nés plus ou moins en concomitance, l’un nourrissant l’autre et vice-versa, en faisant forcément un passage (presque) obligé pour les nombreux fans du rappeur français. Des thèmes, des réflexions, des échos que les amateurs pourront allez comparer et rapprocher d’un titre à l’autre, surtout que d’une certaine façon l’ensemble du métrage pourrait être perçu comme un clip introductif à la chanson finale, Yoroï justement qui clos le film et l’album de 2025. Dans d’autres mains une telle entreprise aurait pu aboutir à un spectacle boursouflé, mégalo et terriblement embarrassant, mais dans celles d’Orelsan, qui cultive ici plus que jamais sa figure d’artiste embarrassé par sa starification, soulé et surtout passablement largué, l’objet se détourne du film d’action héroïque annoncé par l’affiche. La fameuse armure qui vient se coller sur le corps du chanteur, hommage évident à celles des Chevaliers du zodiaque, n’est pas synonyme de pouvoirs démentiels, mais plutôt d’une malédiction. Trouvée au fond d’un puits de sa nouvelle maison louée au fin fond de la campagne japonaise, celle-ci va attirer vers lui des créatures monstrueuses, mélange de vieux yokaï, de streums d’anime et de n’importe-quoi, personnifiant les vieux démons qui l’habitent : une famille étouffante, les vieux copains toxiques, les diverses addictions, l’attirance pour les « mauvaises » filles, la crainte de l’engagement et de la paternité… Tous les soirs il doit les affronter et survivre, et ce malgré son indolence et son manque de motivation. Heureusement sa compagne Nanako (Clarice Choï) qui porte déjà le couple à bout de bras, est nettement plus costaude que lui en arts-martiaux.
Perdu d’avance
Orelsan ne se prend certainement pas au sérieux, semble constamment subir ses malheurs et traverse le film avec son phrasé plombé et sa dégaine molle, en se moquant constamment de son image et du pitch même de ce film, volontairement kitch mais jamais traité par-dessus la jambe. Responsable de la plupart des clips du monsieur dont le fameux Ils sont cool lui aussi habité de la mythologie héroïque des années Club Do, David Tomaszewski fait preuve de large ambitions cinématographiques, capturant à merveille les superbes paysages japonais, donnant corps avec très jolie photo à la fameuse demeure idéale, puis aux rues de Tokyo, et montrant un solide sens du rythme dans les nombreux affrontements, souvent bien funs grâce à un prolongement de l’ironie du film. Sympathique et plutôt surprenant au démarrage, Yoroï va cependant montrer de vrai signe de fatigue une fois passé la première moitié du film, les retours inlassables des monstres et la nécessité d’en expliciter la nature et la symbolique gommant peu à peu la légèreté initiale. Le retour à Paris surtout, bourré de fan-service, et s’efforçant de se construire autour d’une confrontation entre Orelsan et son double maléfique, montrent d’un même mouvement les limites d’acting du chanteur et celles d’un scénario qui aura eu bien du mal à se développer passé son concept, aguicheur, de départ.
La démarche reste cependant sincère et souvent assez amusante, et surtout propose un univers bien trop rare dans le paysage du cinéma français. Rien que pour ça Yoroï mérite qu’on y jette un œil entre deux bons sons du bonhomme.
Image
Capturé sur caméra Arri Alexa 35, Yoroï est numérique jusqu’au bout des griffes et son transfert HD se plie sans difficulté à tous les impératifs attendus : netteté constante, définition creusée, couleurs vives, noirs intenses… Quelques effets spéciaux ressortent un peu par des textures plus lisses mais l’ensemble du métrage est effectivement très performant, particulièrement appréciable dans les grandes scènes lumineuses au Japon qui rappellent très volontairement l’esthétique des anime.
Son
Toujours sympa de penser aux spectateurs qui n’ont pas de Home Cinema et qui ne souffriront donc pas des variations sonores intempestives grâce à un DTS HD Master Audio 2.0 justement frontal mais dynamique et équilibré. Les plus chanceux eux profiteront plus ouvertement de la prestation DTS HD Master Audio 5.1 plus à même d’accompagner les ambiances « magiques » et surtout de souligner l’impact et la fluidité des scènes de baston. Très efficace.
Interactivité
Il y avait beaucoup à dire et à faire, ne serait-ce qu’une interview du principal intéressé mais malheureusement l’édition Bluray est tristement vide.
Liste des bonus
Aucun.







