INSAISISSABLES 3

Now You See Me : Now Youn Don’t – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller, Aventure
Réalisateur : Ruben Fleischer
Acteurs : Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Dave Franco, Isla Fisher, Justice Smith, Dominic Sessa, Ariana Greenblatt, Rosamund Pike, Morgan Freeman, Lizzy Caplan…
Musique : Brian Tyler
Image : 2.39 16/9
Son : Anglais et Français Dolby Atmos
Sous-titres : Français
Durée : 112 minutes
Éditeur : M6 Vidéo
Date de sortie : 17 mars 2026
LE PITCH
Les Cavaliers sont de retour pour le braquage le plus impressionnant jamais imaginé ! Accompagnés d’un groupe de jeunes magiciens qui espèrent suivre leur trace, ils vont devoir repousser les limites de l’illusion pour orchestrer leur tour le plus spectaculaire : dérober le joyau le plus précieux du monde des mains d’une redoutable organisation criminelle…
On me voit. On me voit plus
Troisième tour de piste pour la franchise Insaisissables après une belle pause de dix ans. Le retour en fanfare n’était attendu par pas grand monde mais cette promesse d’un Ocean’s Eleven prestidigitateur malin et classieux fait toujours sont petit effet. La déception à l’arrivée est donc toujours aussi grande.
Sorti en 2013 le premier Now You See Me signé par le en général plutôt efficace Louis Letterier (rien que pour son Incroyable Hulk…) avait pour lui l’effet d’une (bonne) surprise avec son casting 5 étoiles, son script alambiqué et sa revisite du film de casse / robin des bois avec une bonne dose de magie improbable saupoudré par-dessus. Mais l’illusion ne faisait déjà plus effet dès le second opus, réalisé par un John M. Chu (Wicked, Sexy Dance 2…) décidément bien perdu dès qu’il n’y a plus de musique pour l’embarquer. Surtout, en accentuant l’idée d’un film conçu intégralement comme un tour de passe-passe improbable à grands renforts d’images de synthèses, le film s’effondrait inévitablement sur lui-même. Une voie que les producteurs de Lionsgate et le nouveau réalisateur attaché au projet, le Ruben Fleischer de Retour à Zombieland mais aussi de Gangster Squad, Venom et Uncharted, ont eu à cœur d’éviter, faisant de nouveau appel à de vrais conseillers prestidigitateurs et s’efforçant de développer à nouveau des effets réalisés en réel sur le plateau. Le moment le plus réussi à ce titre restant un long plan-séquence central où toute la troupe y va de sa petite démonstration à coup de disparitions de cartes, de malles escamotées, de diamant jongleur et de changements de tenue à la volée.
On me voit plus on me voit, on me voit, on me voit plus.
Un joli moment qui permet aussi de rappeler que le casting original (Jesse Eisenberg, Isla Fisher, Dave Franco…même Morgan Freeman, mais c’était manifestement contractuel) prend toujours autant de plaisir à jouer les petits malins et les grands effets de manche, mis en concurrence ici avec trois jeunes recrues, Ariana Green, Dominic Sessa et surtout Justice Smith qui leur vole plus d’une fois la vedette. Cette passation de relais entre deux générations à grands coups de petits pics et de camaraderies forcées n’a rien de nouveau, mais habille quelque-peu un divertissement qui peine tout de même à cacher le vide des coulisses. Le scénario est si bordélique et si mal fagoté dans sa volonté de se tourner vers l’affrontement à la James Bond (Rosamund Pike fait tellement méchante à l’ancienne) tout en rejouant une énième fois l’astuce du « y a un truc » qui remet tout le film en question dans les ultimes, et laborieuses, explications, qu’il est bien difficile de se laisser emporter par les énièmes sourires en coins, multiples déguisements, retournements prévisibles, évasions impossibles et tombés de rideaux. Le film ne propose rien de neuf et ne prend jamais aucun risque, tandis que le réalisateur ne semble même pas vouloir essayer d’expérimenter un poil avec tout ces jolis jouets. Le superbe décor d’un château entièrement transformé en musée interactif de la magie avec ses passages secrets, ses perspectives forcées, ses pièces rotatives et sa construction labyrinthique aurait pu devenir le pur climax du film en se laissant guider dans une mise en scène en trompe-l’œil. Rendez-vous manqué, Fleischer opte pour le figuratif plan-plan et les empreints encombrants à Inception et The Prestige.
L’abatage des acteurs et la bonne humeur générale peuvent faire passer un bon moment, sans grand ennuis mais sans grandes surprises non plus. Le décalque plus ou moins visible des deux premiers films, en particulier cette révélation finale en public, a vite tendance à tourner un peu trop à vide et le clinquant des paillettes et des projecteurs ne fait plus vraiment illusion.
Image
Belle performance pour ce nouvel Insaisissables produit, et capté au format 4K avec des caméras Sony CineAlta Venice, qui resplendit forcément en support UHD. Le master est impeccable de bout en bout, ferme, finement détaillé, creusé et lumineux jouant admirablement des variations de décors (mention spéciale à la maison labyrinthe) et permettant de suivre les tours de passe-passe sans trop plisser des yeux. Les couleurs traitées en Dolby Vision profitent d’un panel des plus généreux et compense quelques facilités photographiques (certaines scènes font quand même un peu trop « Netflix »). Techniquement c’est un sans-faute, moderne et pimpant, ce qui d’ailleurs n’est pas sans difficulté pour quelques retouches numériques un peu trop visibles.
Son
Dolby Atmos pour tout le monde et c’est une très bonne nouvelle. Les scènes en public qui servent d’ouverture et de conclusion donnent véritablement l’impression d’assister au spectacle avec sa spatialisation habitée et enveloppante, et le reste du métrage marie solidement la clarté des dialogues et la vivacité des échanges, avec quelques ambiances bien placées et une dynamique constante. Très efficace.
Interactivité
M6 Vidéo propose une édition combo Bluray / UHD avec steelbook limité. Sur les disques on retrouve les mêmes suppléments à commencer par une petite série de scènes coupées venant le plus souvent développer des scènes déjà aperçues dans le film, ajouter un soupçon de développement sur le couple Jake & Lula ou offrir une dernière apparition à Thaddeus. La suite prend la forme d’un making of de trois quarts d’heure certes sans trop d’aspérités mais qui a au moins le mérite de donner la parole à toute l’équipe, de livrer de nombreuses images du tournage et surtout d’insister sur la volonté de mettre en place un maximum de tours de magie sur le plateau quitte à passer des journées entières de préparation sur une seule séquence. Sympa.
Liste des bonus
9 scènes coupées (14’), Les Coulisses (45’).







