MONSIEUR TAXI

France– 1952
Support : Bluray & DVD
Genre : Comédie
Réalisateur : André Hunebelle
Acteurs : Michel Simon, Jane Marken, Jean Brochard, Pauline Carton, Jeanne Fusier-Gir, Nathalie Nattier, Jean Carmet…
Musique : Jean Marion
Durée : 79 minutes
Image : 1.37 16/9
Son : Français DTS HD Master Audio 2.0 mono, Audiovision
Sous-titres : Français pour sourds et malentendant
Éditeur : Pathé
Date de sortie : 25 mars 2026
LE PITCH
Pierre Verger, jovial chauffeur de taxi toujours flanqué de son chien, est chamboulé lorsqu’il retrouve un sac rempli de billets dans son véhicule. Peinant déjà à joindre les deux bouts, Pierre hésite à garder l’argent pour aider sa famille… Mais pourrait-il se pardonner d’avoir volé une inconnue ?
Taxi Driver
Dans ces moments de troubles extérieurs et de tumultes intérieurs, il est parfois bon de se replonger dans les films d’antan. Ceux d’une époque révolue où il est agréable de s’éloigner du marasme ambiant pour se replonger dans le cinéma de « papa » (pour ne pas dire de « papy »).
Nous sommes en 1952. L’Europe se redresse peu à peu des ravages de la Seconde Guerre Mondiale. Les pays se reconstruisent et les artistes n’ont plus à se cacher derrière des paraboles filmées pour faire de la résistance intellectuelle. La France a besoin de rire, et le septième art lui offre cette distraction à foison. De façon légère ou plus profonde, le choix est vaste et les projections s’enchaînent. Monsieur Taxi est de ceux-là. Une comédie légère, inoffensive, avec un casting représentatif de son époque. Le genre de film que monsieur et madame Tout-le-monde ont envie de voir. Un film qui parle d’eux, de leurs joies et de leurs peines. Quoi de mieux, pour entendre la faune parisienne, qu’un long-métrage tournant autour d’un chauffeur de taxi ? En mode passe partout, il faut un monsieur de la classe ouvrière, à la gouaille de Michel Simon. Pas franchement la gueule d’un jeune premier. Une raison de plus pour le spectateur de s’y retrouver.
Michel le taxi, c’est sa vie…
L’acteur de Boudu sauvé des eaux, s’il est aujourd’hui largement oublié de la jeune génération, est alors au sommet de sa popularité. Ses films créent l’attente du public (celui-ci fera près de deux millions d’entrées). Lui qui hésitait entre une carrière de photographe et de comédien a fait le bon choix. Fidèle à lui-même, il tourne à l’instinct, évitant les prises à répétition. Il traverse le film avec sa nonchalance et sa diction si particulière.
Typique de son époque, le casting se veut choral. Les seconds rôles s’offrent chacun un moment qui leur est dû. On y croise régulièrement de futurs noms qui marqueront l’histoire, comme ici le jeune Jean Carmet ou, le temps d’une scène, un Louis de Funès en peintre barbu. L’acteur sera d’ailleurs l’inséparable ami du scénariste Jean Halain, qui écrira régulièrement pour lui. Si son nom ne dit pas forcément grand-chose au public, il est le fils d’André Hunebelle, le réalisateur du film. Le metteur en scène est la preuve que les années ne comptent pas. Popularisé par ses adaptations de Fantômas, du Capitan ou des premiers OSS, il se découvre réalisateur sur le tard, à l’âge de 52 ans. Il se fait une spécialité des adaptations littéraires. Force est de constater qu’il a bien rattrapé le temps, sa carrière fait partie du patrimoine cinématographique français. Pour son septième film, il profite des décors naturels de Paris pour y situer son action.
Cette comédie, vite considérée comme inoffensive, se révèle en réalité faussement traditionaliste. Elle ne joue pas l’hypocrisie, parle à son public qu’elle commence à bien connaître. Elle compose avec le langage fleuri de son époque, abuse du sarcasme et ose des allusions sexuelles à peine voilées, notamment en faisant passer son personnage principal dans une maison proposant des massages et des bains « particuliers » avec l’hôtesse de son choix. Une vision pas si courante comme pourrait l’imaginer le spectateur d’aujourd’hui à propos de ces films d’une autre époque.
Monsieur Taxi, sans prétention aucune, offre une tranche de vie typique des années 50. Un film simple au casting soigné, mettant en scène ces petites gens connectées les unes aux autres, finalement si proches de nous.
Image
L’image est bien restaurée à partir d’un scan 4K de la pellicule nitrate d’origine par l’image retrouvée. Les contrastes du noir et blanc retrouvent leurs nuances d’autrefois. Un fait d’autant plus appréciable qu’une bonne partie du film est réalisée en décors naturels dans les rues de Paris. La texture organique reste agréable dans le contexte de l’époque.
Son
Un écriteau en début de visionnage nous avertit qu’une partie de la bande sonore n’a pas pu être restaurée en profondeur, la pellicule étant trop endommagée. Effectivement, le son a tendance à saturer et il faut souvent tendre l’oreille pour déchiffrer certains dialogues, ce qui fait baisser la note technique du film.
Interactivité
Deux bonus permettent de faire le tour du film en peu de temps (une demi-heure tout de même). Le premier se focalise sur la belle brochette d’acteurs, en mettant particulièrement en valeur la richesse des seconds rôles présents dans ce Monsieur Taxi. Le second, en voix off comme le premier, rappelle la mode de l’époque, où les comédies inoffensives prévalaient dans ce contexte d’après-guerre.
Liste des bonus
« Monsieur Taxi : Un film d’acteur » (19’), « L’Air du temps » (9’).




