WAY OF THE GUN

The Way of the Gun – Etats-Unis – 2000
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Policier
Réalisateur : Christopher McQuarrie
Acteurs : Ryan Phillippe, Benicio Del Toro, Juliette Lewis, Taye Diggs, James Caan, Geoffrey Lewis…
Musique : Joe Kraemer
Image : 1.85 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 7.1 et Français DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français
Durée : 119 minutes
Editeur : L’Atelier d’Images
Date de sortie : 3 février 2026
LE PITCH
Deux malfrats un peu fêlés – Parker et Longbaugh – vivent au jour le jour de casses mineurs. Lorsqu’ils entendent parler des Chidduck, un couple richissime qui s’apprête à verser 1 million de dollars à la mère porteuse de leur futur bébé, ils n’hésitent pas et kidnappent la jeune femme pour demander une rançon. Un plan simple en somme. C’est en tout cas ce qu’ils imaginent…
Les armes à la main
Avant de devenir le scénariste et réalisateur préféré de Tom Cruise, Christopher McQuarrie fut l’auteur talentueux du mémorable Usual Suspects. Il fut aussi pour la première fois metteur en scène en 2000 avec le polar hard boiled The Way of the Gun.
Pensant bien naïvement que le succès colossal de Usual Suspects allait lui ouvrir toutes les portes, Christopher McQuarrie se prend une sacrée douche froide lorsqu’il se rend compte que toutes ses autres propositions (dont un film à grand spectacle autour de la figure d’Alexandre Le Grand) sont systématiquement rejetées par les grands studios. Tout le monde ne veut finalement que le nouveau Usual Suspects, qu’un nouveau polar malin et typé et facilement identifiable, et pas forcément en plus que l’écrivain se mue en jeune réalisateur. Sous les conseils de son copain Benicio Del Toro, l’auteur finit par abdiquer sur le genre, mais pas forcément sur le reste, exigeant d’être le réalisateur de son nouveau film et surtout d’en obtenir le fameux final cut… Quitte effectivement à se tourner vers le studio indépendant d’Artisan. Marqué par cette gestation contrainte et un retour au cadre criminel qui n’enchantait pas plus que cela le bonhomme, Way of the Gun est constamment habité par un mélange de rage et de cynisme qui forcément n’a plus grand-chose à voir avec la petite machinerie précise et maline de son script précédent.
Un mauvais plan
De prime abord, Way of the Gun n’est pas très loin des petits polars post-Tarantino avec ses dialogues acérés, référencés et son défilé de personnages stéréotypés (dont le grand James Caan en tueur blasé) mais le verbiage a été largement réduit, et le récit lui-même transforme sa structure enchevêtrée en petit bordel dont finalement la ligne ne déviera pas d’un poil du début à la fin. Tout le monde s’agite ainsi autour de cette prise d’otage d’une mère porteuse enceinte jusqu’au dent (Juliette Lewis) par deux braqueurs pas si malins ni méchants que ça (Ryan Phillippe et Benicio Del Toro), désormais poursuivis par les gardes du corps d’un riche mafieux et quelques professionnels expéditifs. Naturellement tout le monde se tire très vite dans les pattes, fait preuve d’une malhonnêteté roublarde, multiplie les balles perdues alors qu’un pauvre bébé s’apprête à naitre dans un monde de chaos dans un motel mexicain crade et paumé. Si les acteurs font de leurs mieux, il est évident que McQuarrie n’a pas tant de sympathie que cela pour ses personnages, qu’il délaisse régulièrement pour concrétiser ses ambitions de réalisateur. La fameuse prise d’otage suivie d’une longue poursuite, presque au pas, dans les rues de la ville impose déjà son sens du cadre et du rythme, tandis que le grand baroud final et son gunfight azimuté confirme que l’inspiration première de l’auteur restait les grands westerns américains et La Horde sauvage en première ligne.
Tout à fait bancal mais loin d’être aussi mauvais qu’on a bien voulu le dire à sa sortie, Way of the Gun est un exercice de style certes un peu forcé, mais qui délivre un polar plutôt relevé, parfois même assez brillant dans ses meilleures séquences. On y sent surtout poindre une vraie personnalité, anticonformiste et rentre-dedans, qui n’aura finalement l’occasion de revenir aux affaires que douze ans plus tard, et trop brièvement, avec le musclé Jack Reacher.
Image
La nouvelle copie 4K est en provenance directe de l’éditeur US Lionsgate qui n’a, à priori, pas jugé nécessaire de revenir à une nouvelle exploitation de la source pellicule et à préféré reprendre son travail à partir du master HD précédent. Ce dernier était autrefois assez marqué par l’abus de DNR, mais cette sensation c’est largement atténuée ici laissant apparaitre une image nettement plus fouillée, creusée et détaillée. Le grain de pellicule fait aussi son retour même si parfois cela entraine quelques petits décrochages dans les arrières plans. La colorimétrie aussi à été revue à la hausse et si le Dolby Vision ne révolutionne pas l’esthétique du film, il en offre une incarnation plus contrastée et plus riche, en particulier lors des plans de jour, presque solaires.
Son
Un peu trop franc et frontal dans ses intentions, avec un mixage qui place trop les voix en avant, le doublage français DTS HD Master Audio 5.1 parait forcément beaucoup moins fluide et naturel que le tout nouveau Dolby Atmos de la version originale. Les phases calmes sont très agréablement et discrètement spatialisés, tandis que les morceaux plus musclés, les gunfights chaotiques, font preuve d’une énergie particulièrement efficace et enveloppante.
Interactivité
Proposé dans un boitier plastique standard avec jaquette et fourreau cartonné, Way of the Gun contient, à l’opposé de son homologue US, les disques UHD et Bluray. Sur chacun, les suppléments sont identiques avec la reprise des courtes interviews promotionnelles d’époque du casting et du réalisateur (avec quelques évocations du scénario, du cadre de production et des références du métrage) ainsi que du making of, montage brut d’images prises durant le tournage. Plus complet et fouillé, le commentaire audio de McQuarrie et son compositeur, permet lui de véritablement plonger dans les petits secrets de la production, les hésitations de l’auteur, ses premières épopées hollywoodiennes mais aussi de nombreuses anecdotes de tournage et réflexions techniques.
L’atelier d’images propose aussi désormais un nouveau supplément avec la présentation du film par le journaliste Geoffrey Crété (Ecranlarge) qui replace le film dans la première partie de carrière de McQuarrie et discute cette envie manifeste du film de prendre les spectateurs à contre-pied… quitte à provoquer son propre échec commercial.
Liste des bonus
Commentaire audio de Chris McQuarrie et Joe Kraemer, Présentation du film par Geoffrey Crété (25’), Making of , Interview du réalisateur (2’), interviews des acteurs (7’), Bande-annonce.







