A BIG BOLD BEAUTIFUL JOURNEY

Irlande, Etats-Unis – 2025
Support : Bluray
Genre : Fantastique, Romance
Réalisateur : Kogonada
Acteurs : Margot Robbie, Colin Farrell, Kevin Kline, Phoebe Waller-Bridge, Jennifer Grant, Lily Rabe…
Musique : Joe Hisaishi
Image : 2.00 16/9
Son : Anglais, Français et Espagnol DTS Master Audio 5.1
Sous-titres : Français, Anglais, Espagnol…
Durée : 108 minutes
Editeur : Sony Pictures
Date de sortie : 7 janvier 2026
LE PITCH
Imaginez pouvoir ouvrir une porte et la franchir pour revivre un moment décisif de votre passé. Sarah et David, deux inconnus célibataires, se rencontrent lors du mariage d’un ami commun et, par un incroyable coup du sort, se lancent ensemble dans une aventure grandiose où ils revivent des instants marquants de leurs vies respectives. Ces souvenirs retracent leurs parcours et pourraient bien leur offrir une chance de transformer leur avenir.
Journée portes ouvertes
Margot Robbie et Colin Farell se rencontrent par hasard lors d’un mariage. Pas le coup de foudre mais presque, pour une comédie romantique fantastique capturée par la caméra de Kogonada (After Yang) et emportée par la musique de l’immense Joe Hisaishi. Le menu est alléchant, mais le plat final manque cruellement de saveurs.
Le scénariste Seth Reiss (Le Menu) n’a pourtant pas ici concocté une simple comédie romantique hollywoodienne comme on en voit des tonnes depuis des lustres. Il s’agit bien d’une rencontre entre un homme et une femme dont l’issue est connue d’avance, mais le traitement se montre nettement moins naïf et simpliste qu’à l’accoutumé. Tous deux habités par leurs déceptions amoureuses et par quelques blessures plus profondes encore, ils peinent à se donner véritablement une chance, issant rapidement leurs protections habituelles de cynisme et de prise de distance. Pour dépasser ce stade il faut donc prendre le temps de se connaitre et surtout accepter de se livrer. Un dialogue qui plutôt que de rejouer les habituels allers-retours dans les rues new-yorkaises, les cafés et autres maisons de campagne, se fait à bord d’une voiture au GPS particulièrement capricieux et directif et surtout par le biais de portes qui une fois ouvertes donnent accès aux moments passés de l’un et de l’autre. Une visite dans un musé la nuit, un phare isolé à l’autre bout du monde, un retour dans les couloirs du lycée, les anciennes maisons familiales, ou un hôpital, donnent forcément l’occasion de retrouver une certaine honnêteté, une certaine franchise, mais aussi pour chacun de se redécouvrir et faire la paix avec ses propres traumas.
L’instant Slow
Lui redoute de nouveau échec après avoir passé son temps à « chercher l’amour », alors qu’elle ne se fait plus confiance depuis qu’elle pense avoir trahie sa mère le jour de son décès. Des notes intéressantes, même si pas forcément des plus originales, pour un film qui dans un premier temps sait parfaitement retrouver la bonne humeur du genre et les couleurs pétantes des grands classiques (le jeu sur les parapluies, les teintes contrastées des vêtements, la construction en tableaux précis et posés…) avec constamment cette tentation très agréable de la comédie musicale. C’est d’ailleurs une fois la performance très Retour vers le futur de Colin Farell que ce A Big Bold Beautiful Journey semble perdre de sa fraicheur, penchant vers le drame plus poseur, plus démonstratif, avec une mise en scène qui de la même façon se laisse surtout aller à quelques accents mélo et des constructions qui frisent l’effet pompeux (les inserts « théâtraux »). La réalisation de Kogonada est pensée, sans doute trop, ne se saisissant jamais vraiment de l’énergie électrique que l’on sent naitre entre les deux acteurs, charmants et séduisant mais sans doute trop beaux pour être vrai, et restant essentiellement dans un rythme lancinant, répétitif et anti-passionnel.
Cela manque de flamme, d’aspérité, de chutes, d’emballements et de véritables folies. Dommage, présent seulement dans quelques trop rares scènes, les « anges gardiens » bien décalés interprétés par Phoebe Waller-Bridge et Kevin Kline avaient justement le potentiel pour désordonner le spectacle et donner plus de fantaisie à ce conte fantastique bien trop sage.
Image
Shooté avec une camera Arri Alexa 35 et l’objectif Panavision PVintage, le film se dote des meilleures qualités du numérique 4K tout en s’assurant quelques textures et matières rappelant constamment l’ancienne esthétique pellicule. Une sortie UHD aurait tout à fait été possible, mais le métrage n’est disponible qu’en Bluray. La copie n’en reste pas moins extrêmement solide, portée par un piqué impeccable et une précision de chaque instant. Elle laisse surtout une forte impression dans sa gestion des couleurs, vives, puissantes et subtilement contrastées, et des noirs, profond et intenses.
Son
Que ce soit en Anglais ou Français, les pistes DTS HD Master Audio 5.1 font parfaitement le job. Les dialogues sont clairs et dynamiques, les atmosphères savent s’échapper régulièrement de la discrétion pour redonner des accents hollywoodiens à la comédie (en particulier sur la scène chantée) et les notes discrètes de Joe Hisaishi.
Interactivité
L’insuccès du film en salle est sans doute en cause. Celui-ci n’est accompagné que de trois featurettes assez courtes et essentiellement promotionnelles. Une évocation des accents romantiques, du dispositif fantastique, quelques images de tournage et un regard légèrement plus poussé sur les répétitions de la scène musicale… C’est pas fou comme dirait l’autre.
Liste des bonus
La mouvance du paysage amoureux : une romance qui résonne (6’), La magie en coulisses : la création d’un voyage (6’), Un beau grand moment de musique (4’).






