UNE PARISIENNE

France, Italie – 1957
Support : Bluray
Genre : Comédie
Réalisateur : Michel Boisrond
Acteurs : Brigitte Bardot, Charles Boyer, Henri Vidal, Noël Roquevert, Fernad Sardou, Guy Tréjan, Nadia Gray…
Musique : Henri Crolla, André Hodeir, Hubert Rostaing
Image : 1.33 16/9
Son : Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français pour sourds et malentendants
Durée : 88 minutes
Editeur : Coin de Mire Cinéma
Date de sortie : 3 mars 2026
LE PITCH
Brigitte, fille du Président du Conseil, s’ennuie dans les dorures officielles et ne rêve que d’amour. Pour se rapprocher de Michel Legrand, le séduisant chef de cabinet de son père, elle se fait engager comme sténodactylo au ministère. Mais Michel, déjà très entouré, ne voit en elle qu’une enfant capricieuse. Qu’à cela ne tienne ! Brigitte décide de forcer le destin : une déclaration d’amour en pleine cérémonie à Orly, puis un stratagème audacieux pour l’attirer à une partie de chasse en Sologne. Les événements s’emballent : scandale, mariage précipité, jalousie, malentendus…
French Lovers
Tourné juste après Et dieu créa la femme qui allait faire passer la jeune et jolie actrice au statut d’icône mondiale, Une Parisienne est entièrement habité par la moue boudeuse, l’espièglerie et les yeux de biches de la plus belle des Bardot. Une comédie légère et virevoltante aux charmes indéniables.
Lorsqu’elle sortit sur les écrans en 1957 cette petite comédie boulevardière fit presque jeu égal au box office avec le sulfureux opus de Roger Vadim. C’est que la grande Bardot était née et si le tournage d’Une parisienne débuta comme un autre, les derniers jours furent marqués par l’invasion des premiers paparazzi. Tout avait changé. Pourtant, le réalisateur Michel Boisrond n’avait rien d’un simple profiteur s’efforçant de surfer sur le nouveau statut de sa star, car il fut lui-même l’un de ses premiers révélateurs, la mettant largement en valeur dans le plus anecdotique, mais sympathique, Cette Sacrée gamine l’année précédente. Elle y figurait encore l’image de la jeune fille charmante mais avec une beauté qui n’était pas encore aussi éclatante que dans le film en présence et une séduction pas aussi maitrisée. Passée entre les mains de Vadim, Brigitte est véritablement devenue Bardot et si elle retrouve un rôle nettement plus joyeux et moins torturé, sa sensualité est affirmée à chaque plan. Qu’elle soit dans une robe rouge de vamp, vêtue comme une Parisienne à la mode, en maillot de bain sur la cote niçoise ou dans le plus simple appareil pour une scène de bain mémorable, sa beauté renversante et sa cinégénie ne font plus de doute.
Les petits plaisirs de l’adultère
Au sommet de son pouvoir de séduction, et elle en joue habilement en incarnant la frivole Brigitte (tiens ?), fille du Président du Conseil qui court après le secrétaire de son père, homme à femmes parfaitement infidèle, avec qui elle va finir par former un couple passionnel et tumultueux où chacun joue à celui qui trompera le mieux l’autre. Son duo avec l’acteur Henri Vidal fonctionne à merveille, et ils se retrouveront même deux ans plus tard pour le troisième film de Bardot avec Boirond : Voulez-vous danser avec moi ? Il faut aussi noter au milieu de second rôle mémorables (Claire Maurier, Fernand Sardou, Noel Roquevert…) la présence du très franco-américain Charles Boyer (Hantise, Casbah, Elle et lui…) pour jouer le prince mature, flegmatique mais forcément pas insensible aux avances de la blonde. Même si la réalisation en elle-même semble parfois à la traine sur l’action et les nombreuses prises de bec, poursuites et jeux de marivaudage de ce beau monde, La Parisienne profite d’un superbe habillage avec ces décors intérieurs délicieusement théâtraux, son Technicolor rutilant, ses costumes à la mode et sa musique déjà presque yéyé. On ne s’y ennuie jamais vraiment et le casting dans son ensemble s’y amuse manifestement beaucoup, rejouant avec énergie les claquements de portes, les caches dans les placards et les fausses œillades de vaudeville tout en y apportant un soupçon de sophistication emprunté au modèle américain et à la screwball comedy en particulier.
L’engouement populaire des spectateurs français (et autre) s’explique totalement et on prend toujours beaucoup de plaisir à redécouvrir ce divertissement sans prétention, mais tout en fantaisie et en bonne humeur. Et la beauté de Brigitte Bardot est la cerise sur le gâteau.
Image
Encore une superbe restauration, comme il se doit, effectuée à partir d’un scan 4K des négatifs, qui permettent de donner un second souffle à ce petit film souvent mal diffusé. Ici les cadres, stables, sont débarrassés de la moindre imperfection de pellicule et cohabitent avec un grain de pellicule, présent mais gracieux, peaufiné par de très jolis reflets argentiques. La palette de couleurs retrouve elle aussi une belle énergie avec des contrastes admirablement dessinés et des teintes légèrement pastelles, parsemées de petits éclats de rouges plus puissants, et évoque admirablement cette fin des années 50. Seuls quelques plans composites ressortent un peu du lot, mais à chaque fois là aussi le maximum a été fait pour l’homogénéisation de l’ensemble. Vraiment très réussi.
Son
Restauré à partir des pistes magnétiques, le mono français est disposé dans un DTS HD Master Audio 2.0 très appréciable pour sa clarté et sa vivacité. Les dialogues sont naturellement mis en avant, mais les bruitages et les quelques musiques trouvent parfaitement leur place dans le spectacle, sans soucis de saturation, souffle ou autre marque des années.
Interactivité
Une Parisienne est présenté dans un boitier Bluray simple avec un petit fourreau cartonné. Pas de livret à l’intérieur mais le disque contient toujours la spécialité de l’éditeur Coin de mire avec sa fameuse « séance complète » proposée en option. En avant programme donc les nostalgiques peuvent visionner les Actualités de la 51eme semaine de 1957 avec des sujets très sérieux sur le réveil de l’Etna qui met les populations en danger, la rencontre entre Eisenhower et René Coty autour des accords de l’Otan, mais aussi l’évocation d’un Championnat International de Catch, un sujet sur l’importance de la protection de nos petits pieds ou une visite du musée de l’Air. Après l’intermède constitué par la bande annonce du film Charmants garçons (disponible dans la même collection), le programme enchaine avec une charmante sélection des meilleurs réclames de l’époque dont les incontournables caramels Dupont d’Isigny, les chaussures André ou ces cigarettes Gitane célébrées pour leurs bienfaits sur la nervosité. Toute une époque !
Coin de mire a aussi rappelé l’intervenant Julien Comelli pour une nouvelle présentation de son cru. Il y revient sur la collaboration Michel Boisrond / Brigitte Bardot, sur l’importance de ce film tourné juste après la sortie de Et dieu créa la femme, délivre quelques anecdotes et évocations de filmographies tout en soulignant la tendresse qu’avait l’actrice pour cette comédie en particulier.
Liste des bonus
La Séance complète (24’), « Bons Baisers de B.B. » un document de Julien Comelli (20’).





