UN DRÔLE DE FLIC

Poliziotto superpiù – Italie, Espagne, Etats-Unis – 1980
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Comédie, Fantastique
Réalisateur : Sergio Corbucci
Acteurs : Terence Hill, Ernest Borgnine, Joanne Dru, Marc Lawrence, Julie Gordon, Sal Borgese…
Musique : Michelangelo La Bionda
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français DTS Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Durée : 105 minutes
Éditeur : BQHL Editions
Date de sortie : 4 février 2026
LE PITCH
Ancien policier, Dave Speed survit à tout, d’abord aux vapeurs toxiques de la chambre à gaz, ensuite à la potence et aux balles d’un peloton d’exécution… Résistera-t-il également à la chaise électrique ? En attendant de s’y asseoir, Speed raconte en toute sérénité son histoire, depuis le jour où, sur les traces d’un fugitif, il est frappé par les rayonnements de l’explosion d’une fusée. S’ils ne le tuent pas, ils le rendent beaucoup plus fort, plus rapide, capable de voir à travers les murs et de déplacer les objets à distance. Un vrai super-héros qui, à la simple vue de la couleur rouge, perd cependant tous ses moyens…
Suppa ! Suppa !
Terrence Hill délaisse le temps d’un film son inénarrable compagnon Bud Spencer pour jouer le Superman délirant dans une comédie policière aussi bancale que fantaisiste. Un divertissement populaire à l’italienne qui n’en peut plus d’essayer de se faire passer pour américaine.
Certainement l’un des cinéastes italiens les plus importants des années 70 et un auteur de western aussi inoubliables que Django, Le Grand Silence ou Le Mercenaire (pour n’en citer que trois), Sergio Corbbucci se sera fait alpaguer au tournant des années 80 par le petit monde de la comédie torgnoles et grand public popularisée donc par les rois du box-office Terrence Hill et Bud Spencer. Il signe d’ailleurs pour eux de deux leurs meilleures friandises avec Pair et Impair et Salut l’ami, adieu le trésor ! montrant bien souvent un sens du cadre, du rythme et des ambitions cinématographiques bien au-dessus des autres collègues artisans. Pile au centre on trouve aussi Un drôle de flic, aventure pas tout fait solo pour Terrence Hill puisqu’il y fait équipe avec le toujours sympathique Ernest Borgnine en vieux flic bougon mais tendre, et beaucoup plus versé vers le fantastique puisque notre brave héros toujours souriant et amateur de fayots (douze assiettes pour un repas tout de même !) a désormais des pouvoirs dignes d’un super-héros. Comme son titre français de l’indique pas Supersnooper entend bien profiter de l’engouement autour du récent Superman produit par la Warner, mais en l’abordant, comme de nombreuses autres productions ritales, par le biais de la comédie, voir de la parodie. Contaminée à cause de sa présence accidentelle sur un site de test nucléaire américain, Dave Speed se retrouve donc affublé de nombreux pouvoirs faisant de lui un être surpuissant. Mais le brave homme reste assez modeste, s’amuse un peu aux dépends de son collègue, de sa fiancée, et reste très attachées à sa mission de simple policier.
Bubblegum goût fraise
Il s’efforcera dès lors de stopper les différents trafiques d’un mafieux caractériel et d’humilier, souvent à grands coups de baffes, ses hommes de mains tous plus stupides les uns que les autres. Il est évident qu’au-delà du film de Richard Donner, Sergio Corbbucci et son camarade scénariste Sabatino Ciuffini (présent sur quasiment toute sa filmographie) n’y connaissent pas grands choses aux comics et aux surhommes, balançant dans un grand déversoir toutes les idées de super-pouvoirs qui leur passe par la tête. Terrence Hill est donc désormais indestructible, peut voler, stopper les balles, voir à travers les murs… Mais il peut aussi prévoir les évènements à l’avance, immobiliser les gens, faire apparaitre et disparaitre qui il veut à loisir et même marcher sur l’eau tel Jésus Christ (un super-héros beaucoup plus ancien). Tout est bon pour faire rire, lourdement, les spectateurs, quitte à justement transformer le personnage principal en figure trop parfaite, intouchable et anéantir ainsi le moindre soupçon de danger. Il est bien question de la couleur rouge qui annule ses pouvoirs, mais l’alibi est géré au bon loisir des auteurs et des scènes. Pas vraiment question de se prendre la tête ici, Un Drôle de flic est surtout une succession de sketchs poussifs, de grandes élucubrations de figures volontairement caricaturales, le tout baignant dans une musique disco particulièrement envahissante. La chanson titre, « Supersnooper » composée par le groupe éphémères The Oceans repasse même inlassablement à chaque utilisation de pouvoirs… ce qui est rapidement assez fatiguant.
Tout cela n’est franchement pas des plus subtiles, ni des plus inspirés et la répétition des clowneries de Terrence Hill face à un Ernest Borgnine constamment dépassé (sans doute trop vieux pour ces conneries) peut surtout amuser les nostalgiques et quelques gamins pas trop regardants.
Image
Comme les autres films estampillés Terence Hill et/ou Bud Spencer, Un Drôle de flic profite d’une restauration 4K toute fraiche. Tout a été nettoyé avec beaucoup de soin, stabilisé et homogénéisé pour un résultat des plus convaincants. Même si on peut apercevoir quelques plans moins pointus, l’ensemble creuse sérieusement les cadres, les textures sont bien présentes et le grain d’origine toujours très bien géré. La colorimétrie a aussi été revue à la hausse, avec des teintes très chaudes et intenses. Peut-être un peu trop parfois puisque comme quelques-autres de ces étalonnages italiens les rouges et les jaunes ont tendance à être un peu trop prononcés.
Son
La piste originale de tournage, anglaise, n’est tout de même pas des plus efficaces ni dynamiques et on lui préfèrera nettement la version française, disposée dans un DTS HD Master Audio 2.0 équivalent, qui profite d’un doublage bien plus enthousiaste et bourré de caractère (merci Dominique Paturel !) et ce même si le mix est forcément un peu plus plat.
Interactivité
C’est une nouvelle fois Jean-François Giré qui délivre une présentation assez enthousiaste du film dont il loue l’humour, la fantaisie et la dynamique entre les deux personnages principaux qui effectivement peut tenir d’amorce précurseur aux futurs buddy movies américains. Quelques infos et filmographies d’usages sont aussi évoquées.
Liste des bonus
Entretien avec le réalisateur Jean-François Giré (34’).






