THEY WILL KILL YOU

États-Unis – 2026
Support : UHD 4K
Genre : Action, Thriller
Réalisateur : Kirill Sokolov
Acteurs : Zazie Beetz, Myha’la Herrold, Paterson Joseph, Tom Felton, Heather Graham, Patricia Arquette, Armando Rivera, Gabe Gabriel…
Musique : Carlos Rafael Rivera
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Allemand, Italien…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Italien, Espagnol…
Durée : 94 minutes
Éditeur : Warner Bros. Entertainment France
Date de sortie : 29 juillet 2026
LE PITCH
Une jeune femme doit survivre toute une nuit, enfermée dans le mystérieux et sordide repaire d’une secte démoniaque, et tout faire pour ne pas devenir leur prochain sacrifice.
Just don’t pas mourir
En provenance de Russie, le réalisateur azimuté Kirill Sokolov vient livrer dans le giron hollywoodien son propre Wedding Nightmare. Pas de gentille fiancée qui doit échapper à sa belle-famille mais une frangine à sauver à coups de hache et de travellings compensés pour un They Will Kill You qui va jusqu’au bout de son délire sanglant et satanique.
Après la comédie très noire Why don’t you juste die et le survival familial Arrache et jette, Kirll Sokolov ne semble pas franchement s’être calmé pour son premier film américain. Là où certains auraient joué la carte de l’elevated horror, du cynisme distancié ou de la comédie faussement trash, lui embrasse totalement son postulat de base et s’y engouffre avec un plaisir tout à fait communicatif. Le scénario, forcément un peu prétexte, n’est là que pour disposer la féroce Zazie Beetz (Domino dans les Deadpool, la série Atlanta) face à une horde de rupins en quête d’un nouveau sacrifice à leur démon adoré, et installer tout de même des enjeux moins personnels (oui elle doit sauver sa sœur mais bon) que sociaux avec une allégorie frappante de la société américaine (les blancs sont riches, les noirs sont de services) qui a le mérite de rester une toile de fond évocatrice plutôt qu’un sujet. De quoi juste relever un peu la hargne de la protagoniste et donner une petite saveur supplémentaire au carnage qui va suivre. Car c’est là le moteur du film, multiplier les poursuites et les bastons armes tranchantes à la main, les tirs de shotgun surprises, les prouesses bourrines sur fond de tubes jukebox, sans jamais se restreindre sur les hurlements de douleurs, les membres qui volent (jambes, têtes, yeux…) et les giclées de sang orgasmiques.
Le diable par la queue
Difficile parfois par la multiplication des mouvements de caméra, des effets de montages et des poses « trop stylé », de ne pas penser à l’une de ces productions opportunistes post-Tarantino, mais They Will Kill You à ce petit truc en plus qui fait aisément tout passer : le grotesque. S’installant clairement comme un descendant d’un cinéma de sale gosse popularisé par un certain Sam Raimi (Evil Dead) au début des années 80, il ne prend clairement jamais rien au sérieux et repousse régulièrement la violence et l’horreur graphique vers un humour de situation forcément très attachant. Voir Patricia Arquette, Heather Graham ou Tom Felton (mais si le vilain Malefoy) se faire tronçonner et humilier pour mieux revenir d’entre les morts entiers ou en partie afin de remettre ça, démontre d’un joli sens de l’humour sadique et cruel. A ce titre le climax du film, dont il vaut mieux ne rien dévoiler, pousse le burlesque craspec à un niveau franchement honorable et qui mérite le respect.
Film du toujours plus, They Will Kill You ne manque pas de petits défauts dans une forme qui se veut trop signifiée (les chapitres, les flashbacks, certaines figures qui se répètent…) mais n’est jamais un divertissement qui se prend par-dessus la jambe, assurant déjà un casting solide et permettant aussi au réalisateur Kirill Sokolovde de faire preuve d’un certain sens de l’espace. Il donne véritablement corps à ce décors vertical d’un hôtel particulier luxueux, coincé dans le temps, devenant presque organiques par ses multiples passages secrets, conduits d’aérations et cage d’ascenseurs fatales… On regrettera juste que, sans doute à cause de certaines retenues de studios, certains étages bien affriolants ne soit aperçus que par de trop courts coups d’œil. Mais on apprécie l’effort !
Image
Sans faiblesse et sans accroc le transfert natif 4K de They Will Kill You est impérial sur disque UHD avec un master aux détails et aux textures finement ciselés, une profondeur impressionnante et un traitement des couleurs, ambres et cuirs essentiellement, parfaitement déployé par les prouesses Dolby Vision / HDR10. L’image est superbe, légèrement veloutée, profitant d’une gestion délicate des lumières et des zones d’ombres, nombreuses, où même les éléments en image de synthèse les plus faibles (les giclées de sang en particulier) s’en sortent pas trop mal.
Son
L’éditeur privilégie clairement la version originale avec un mixage Dolby Atmos ample et généreux, souvent très réjouissant dans sa manière de jouer avec l’espace, clos, les effets de nombre et la multiplication des coups et des morts. Un spectacle audio bien nerveux et constamment dynamique dont on ne retrouve que des bribes sur le Dolby Digital 5.1 de la version française, assez efficace mais nettement plus plate.
Interactivité
Mises bout à bout, les quatre featurettes présentées comme supplément aboutiraient presque à un making of relativement conséquent avec l’évocation des origines du film, les images du tournage, la création de l’univers, des décors et la mise en place des scènes les plus spectaculaire, mais la tonalité générale reste bien trop promotionnelle pour convaincre. Quelques informations à dégoter et une bonne humeur collégiale peuvent prolonger le visionnage pour certains.
Liste des bonus
Les Attaques d’Asia Reaves (7’), La réalisation de They Will Kill You (7’), Développement du Virgil (8’), Création d’un carnage (5’).







