THE PATRIOT

États-Unis – 2000
Support : UHD 4K
Genre : Historique, Action
Réalisateur : Roland Emmerich
Acteurs : Mel Gibson, Heath Ledger, Jason Isaacs, Tcheky Karyo, Chris Cooper, René Auberjonois…
Musique : John Williams
Durée : 165 minutes
Image : 2.39 16/9
Son : Dolby Atmos et DTS HD Master Audio 5.1 Anglais, Dolby Digital 5.1 Français, Allemand, Espagnol, Hongrois…
Sous-titres : Français, Anglais, Allemand, Espagnol…
Éditeur : Sony Pictures
Date de sortie : 17 juin 2026
LE PITCH
Caroline du Sud, 1776. Le conflit entre les indépendantistes et les Anglais semble inévitable. Benjamin Martin sait trop bien ce qu’est une guerre et il n’en veut pas. Cet ancien héros des combats contre les Français et les Indiens n’ignore rien de la violence des affrontements armés…
Independance Day
Hasard du calendrier mercantile, The Patriot sort lors des commémorations de la fête de l’Indépendance américaine, qui célèbre cette année ses 250 ans. Le film de Roland Emmerich raconte cette période charnière de l’histoire américaine, durant laquelle les colonies se débarrassent de la tutelle anglaise pour voler de leurs propres ailes.
Retrouver le plus américain des Allemands à la barre de cette épopée est, au premier abord, pour le moins surprenant. Il sort du succès d’Independence Day et vient de réaliser le premier remake américain du célèbre monstre japonais Godzilla. Autant dire que, hormis le public, les critiques ne sont pas forcément ses meilleurs alliés. Avec cette histoire, il espère sans doute obtenir une once de respectabilité auprès de ses pairs. Comme tout bon Américain, il est un immigré sur les terres d’abondance du Nouveau Monde. S’attaquer à un sujet aussi balisé que la guerre d’Indépendance, après l’échec retentissant de Révolution de Hugh Hudson qui marquait le retour d’Al Pacino sur les écrans en 1985, est un pari risqué et onéreux : 110 millions de dollars. Mais le producteur Mark Gordon a confiance. Il s’appuie sur le scénario de son ami Robert Rodat, avec qui il a collaboré avec brio sur Il faut sauver le soldat Ryan. Mais Emmerich n’est pas Spielberg. Si le réalisateur allemand est un admirateur de longue date du maître et si sa mise en scène lui emprunte nombre de plans, il est encore loin d’en avoir la même maîtrise.
Le chemin de la rédemption
Ce qu’il y a de plaisant avec Roland Emmerich, c’est qu’on est souvent abasourdi par tant d’humour involontaire dans ses films. Son ID4 était aussi patriotique qu’indigeste. Ce sérieux outrancier décroche des sourires aussi facilement que sa désinvolture attire les critiques les plus virulentes. Conscient des moqueries, Emmerich poussera encore davantage le curseur avec son film 2012, comme un immense doigt d’honneur assumé à tous ses détracteurs. The Patriot se situe entre ces deux films. Une façon de prouver sa capacité à jouer dans la cour des grands. Il fait appel au génial Caleb Deschanel à la photographie, qui offre au film une véritable identité visuelle. Les séquences imprégnées de brume dans le repaire des rebelles, comme celles des champs de bataille, affichent une esthétique particulièrement soignée. Le metteur en scène tente même de convoquer des compositions picturales rappelant le Barry Lyndon de Stanley Kubrick. Il n’a peur de rien. Pas même de reprendre un célèbre plan des Dents de la mer, où la caméra de Spielberg avance vers une fenêtre pour cadrer l’Orca quittant le port. Ici, le procédé est transposé sur un champ de bataille. On reconnaît au moins l’effort.
La même ambition se décline avec la musique, confiée à John Williams. Elle donne au film des accents lyriques ; sa partition accompagne magnifiquement le récit en soulignant aussi bien l’intime que l’héroïsme et élève indéniablement l’ensemble. Son score rappelle celui qu’il avait composé pour Amistad, autre film abordant notamment la question de l’esclavage. Si ce dernier n’est pas le sujet principal de The Patriot, il traverse néanmoins le récit. N’en parlez pas à Spike Lee, qui fulmina contre Emmerich pour avoir proposé une vision édulcorée dans laquelle les Noirs semblent heureux de se battre pour leur pays. Passées toutes ces maladresses, The Patriot demeure une fresque spectaculaire au divertissement assuré, portée par plusieurs séquences particulièrement réussies (l’attaque façon Le Dernier des Mohicans menée par le héros, l’incendie de l’église…). Les acteurs sont investis, à commencer par Mel Gibson, en père devenu fantôme vengeur prêt à tout pour protéger sa famille. Le générique permet également de retrouver un impressionnant casting : un Heath Ledger en pleine ascension, Jason Isaacs s’amusant visiblement à interpréter avec le plus grand sérieux un méchant délicieusement stéréotypé, ainsi qu’un Tchéky Karyo bourru à souhait.
The Patriot est une œuvre certes boursouflée, mais portée par de véritables ambitions cinématographiques. Roland Emmerich cherche ici à se libérer de ses chaînes. Il semble s’engager sur la bonne voie : son film suivant, Le Jour d’après, sera, contre toute attente, l’un des meilleurs films catastrophe jamais produits (si, si), avant que le réalisateur ne replonge dans les faux pas qui feront durablement sa réputation.
Image
Déjà sorti en 2023 en 4K, The Patriot s’enrichit cette fois d’une présentation HDR Dolby Vision ainsi que des deux montages du film. La version longue ajoute une dizaine de minutes, que l’on retrouve également dans la section des scènes coupées. Le plaisir de la pellicule 35 mm est parfaitement préservé grâce à une stabilité remarquable. L’étalonnage rend pleinement justice au travail de Caleb Deschanel. Sa photographie est luxuriante : les champs verdoyants, les marais brumeux et les contrastes prononcés composent de véritables tableaux. Même réussite du côté des couleurs : les rouges et les bleus des costumes offrent une belle harmonie visuelle, y compris dans les séquences nocturnes.
Son
La puissance de la piste sonore fait plaisir à entendre. Le mixage, équilibré, ne sacrifie jamais les dialogues au fracas des combats. Il met également parfaitement en valeur la magnifique partition de John Williams. Si la piste française perd le mixage Atmos de la version originale, elle tient néanmoins très bien la route en sollicitant efficacement le caisson de basse.
Interactivité
L’édition reprend l’ensemble des suppléments déjà connus mais les répartit sur les deux disques UHD présent dans le boitier. On y retrouve donc la featurette sur les coulisses du métrage et le sujet sur la précision historique du scénario. Une bonne dizaine de minutes de scènes coupées, dont la plupart ont été réintégrées dans la version longue, composent une bonne part du programme. Principalement centrées sur la première partie du récit, elles développent davantage la cellule familiale, au risque de ralentir le rythme de l’histoire. Un module consacré à la fabrication des effets spéciaux et des transparences vient compléter l’interactivité, accompagné d’un commentaire audio très fournis et complet de Roland Emmerich et Dean Devlin.
Liste des bonus
Le 4K Ultra HD du film en version étendue non censurée (175′), Commentaire audio de Roland Emmerich et Dean Devlin (VOST), « L’art de la guerre » (10’), « Les vrais patriotes » (10’), Les effets visuels (9′), 6 scènes coupées (13′) avec commentaires audio optionnels de Roland Emmerich et Dean Devlin (VOST), Comparaisons : De l’art conceptuel au film (5’), Galerie photos, Bandes-annonces (2′).





