THE MONSTER SQUAD

Etats-Unis – 1987
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Fantastique
Réalisateur : Fred Dekker
Acteurs : Andre Gower, Robby Kiger, Stephen Macht, Duncan Regehr, Tom Noonan, Brent Chalem, Ryan Lambert, Ashley Bank, Michael Faustino, Ashley Bank, Leonardo Faustino, Stan Shaw, Jon Gries…
Musique : Bruce Broughton
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais DTS Master Audio 5.1 et Français DTS HD Master Audio 2.0
Sous-titres : Français
Durée : 82 minutes
Editeur : Extralucid Films
Date de sortie : 17 décembre 2025
LE PITCH
Un groupe d’adolescents passionnés de films d’horreur découvre que les monstres sont bien réels. Pire, Dracula, le Loup-Garou, la Créature du Lagon Noir, la Momie et la créature de Frankenstein veulent s’emparer d’une amulette magique afin de plonger le monde dans les ténèbres. N’écoutant que leur courage, ces jeunes héros décident de former un club de chasseurs de monstres pour se dresser contre ces créatures légendaires : leur connaissance des films d’horreur et de la mythologie des monstres sera-t-elle suffisante pour sauver l’humanité ?
Les p’tits tueurs de vampires
Hommage absolument réjouissant aux vieux Monstres de films d’horreur et voyage nostalgique dans les souvenirs d’une enfance aventureuse et irrévérencieuse, The Monster Squad fut injustement boudé par la Tri Star et le public en 1987. Mais les année aidant, et l’esprit nostalgique faisant son office, il est enfin considéré comme l’un des meilleurs films de gosses de ces pourtant productives années 80.
The Monster Squad est avant tout un vrai film de fan-boy. Une œuvre personnelle imaginée par deux passionnées de cinéma bis et de vieux films d’épouvantes nommés Fred Dekker et Shane Black, qui se sont rencontrés sur les bancs de l’UCLA. Le premier a pitché le House de Steve Miner, a failli signé un remake de Godzilla mais a surtout réussi à signer son premier long métrage : Extra Sangsues, déjà une belle déclaration à un certain cinéma. Le second s’apprête bien entendu à casser la baraque avec son scénario nommé L’Arme Fatale. Tout à fait inscrits dans la continuité des productions familiales à la Spielberg, faisant ainsi suite à des films comme E.T., Les Goonies ou Explorers, The Monster Squad vient célébrer une enfance contemporaine faite de journées un peu houleuses au collèges locales, de retrouvailles dans la cabane perchée au fond du jardin et d’embardées en bicyclettes sur fond de soleil couchant. Les gosses n’ont certainement pas leur langue dans leur poche (Shane Black oblige), pratiquent le langage fleuris, commencent à montrer de l’intérêt pour les formes de la voisine mais gardent justement cette force imparable de l’imaginaire qui leur permet de parler pendant des heures des meilleurs moyens de tuer vampires, loups-garous et autres bestioles du panthéon classique.
Van Helsing en culottes courtes
Savoureux, surtout que l’idée du film est bien de les confronter à leur sujet d’étude : les Monstres Universal. Ou du moins des versions très proches (le studio refusa de donner les droits) ré-imaginés avec talent par les équipes de Stan Winston. Débarquent donc dans le petit patelin, un loup-garou, une momie, un monstre aquatique, la créature de Frankenstein, le tout dirigé par un Dracula à l’ancienne. L’intelligence du film est justement de ne jamais se moquer de ces créatures, mais de les traiter avec un premier degré plein de déférence, d’élégance, et de les plonger dans ce petit monde de comédie. Un peu à la manière des vieux films de Abbot et Costello qui s’étaient déjà confrontés à une telle troupe dans Les Deux nigauds contre Frankenstein, ou même d’un épisode fantastique de Scooby-Doo, ils préservent une bonne part de leurs abords effrayants… en particulier les trois femmes de Dracula, toutes droits échappées d’un film Hammer. D’ailleurs l’excellente bande originale de Bruce Broughton (Silverado, Le Secret de la pyramide…) renvoie bien souvent aux grandes envolées du british James Bernard. Le mariage est parfaitement réussi, bourré d’humour et de fantaisie, et peut même délivrer quelques belles scènes d’émotions que ce soit dans le traitement du monstre de Frankenstein rejouant joliment la fameuse rencontre avec la petite fille du film de James Whale, ou la rencontre avec cet inquiétant voisin allemand dont on découvrira, discrètement, qu’il a surement affronté des monstres plus terribles encore durant la Seconde Guerre Mondiale.
Si la légende dit que le producteur et réalisateur Peter Hyams (Outland, La Nuit des juges, Presidio…) mit largement la main à la pâte durant le tournage, on retrouve ici avec plaisir toute la sincérité et l’affection de Fred Dekker qui donne toute son âme à cette inoubliable aventure à hauteur de gosses.
Image
Extralucid reprend ici l’excellent restauration effectuée par Kino Lorber en 2023 à partir d’un nouveau scan 4K des négatifs originaux. Étonnant forcément de redécouvrir ce métrage souvent assez mal considéré et mal distribué dans des conditions aussi exceptionnelle, le film affichant désormais une propreté et une stabilité inédite, ainsi que des teintes beaucoup plus chaleureuses et contrastées que dans nos souvenirs. L’esprit 80’s reprend son dû mais pas seulement, la photographie affirmant mieux que jamais ses échos gothiques et ses hommages. On remarquera juste quelques séquences sombres parfois un peu moins percutantes, légèrement aplaties dans leurs reliefs, mais rien de bien grave.
Son
La version originale se dote d’un DTS HD Master Audio 5.1 du meilleur effet, dotant l’expérience d’une spatialisation très efficace, fluide et jamais trop envahissante, qui préserve la clarté des dialogues, l’esprit du film, tout en lui donnant une énergie plus marquée.
La version française correspond au second doublage du film, effectué il n’y a pas si longtemps pour la ressortie en salle, bien plus fidèle au dialogues anglais et plus soignée dans le mixage. Même si forcément les nostalgiques de la première heure regretteront la disparition de la première vf, celle-ci proposée en DTS HD Master Audio 2.0 est tout à fait satisfaisante.
Interactivité
Gros projet pour Extralucid Films qui propose The Monster Squad sous deux Steelbooks aux visuels différents (l’un à l’affiche classique, l’autre façon affiche « wanted »), chacun contenant naturellement les disques UHD et Bluray, ainsi qu’un livret inédit concocté par Fabien Mauro et qui fait le tour des grands crossovers de « monstres » classiques puis revient plus longuement sur la gestation et la production parfois chahutée du film en question.
Les bonus vidéo eux sont regroupés sur le Bluray avec une présentation plutôt sympa signée Marie Casabonne, qui revient sur les débuts de Fred Dekker et Shane Black, l’implication de Peter Hyams, l’esprit Amblin du film et ses multiples hommages, ainsi que sur sa difficile sortie en salle et sa redécouverte plus tardive. Pour la suite, l’éditeur français donne la parole au compositeur Bruce Broughton qui revient à nouveau sur le rôle de relais de Peter Hyams, mais aussi ses échanges avec Fred Dekker et son approche à l’ancienne de la musique de film d’épouvante… malgré son peu d’intérêt en général pour les films d’horreur. La suite est consacrée à la partie effets spéciaux et maquillage du film avec « La Fabrique des monstres », interviews croisées des spécialistes Alec Gillis, John Rosengrant, Steve Wang, Shane Mahan, Lindsay MacGowan et Tom Woodruff Jr. qui reviennent tous plus ou moins sur leur parcours, leur rapprochement avec Stan Winston, leur arrivée sur le projet en question, puis les nouveaux designs de monstres, la confection des costumes et des meilleures séquences et effets. Plus d’une heure d’entretiens franchement bien remplie.
Liste des bonus
Le livret « L’Union fait la frousse » rédigé par Fabien Mauro (52 pages), « Des enfants et des monstres » : Présentation du film par Marie Casabonne, podcast Monster Squad (18’), « La Fabrique des monstres » : Entretiens avec l’équipe des effets spéciaux (75’), « Monster Mash : La musique des monstres » : Entretien avec Bruce Broughton (19’), Bande-annonce (2’).







