LA FEMME DE MÉNAGE

The Housemaid – Etats-Unis – 2025
Support : UHD 4K & Bluray
Genre : Thriller
Réalisateur : Paul Feig
Acteurs : Sydney Sweeney, Amanda Seyfried, Brandon Sklenar, Michele Morrone, Elizabeth Perkins, Arabella Olivia Clark…
Musique : Theodore Shapiro
Image : 2.35 16/9
Son : Anglais et Français Dolby Atmos
Sous-titres : Français
Durée : 131 minutes
Éditeur : Metropolitan Film & Video
Date de sortie : 24 avril 2026
LE PITCH
En quête d’un nouveau départ, Millie accepte un poste de femme de ménage à demeure chez Nina et Andrew Winchester, un couple aussi riche qu’énigmatique. Ce qui s’annonce comme l’emploi idéal se transforme rapidement en un jeu dangereux, mêlant séduction, secrets et manipulations. Derrière les portes closes du manoir Winchester se cache un monde de faux-semblants et de révélations inattendues…
Le nouveau Robot Aspi
Déjà promis à une suite après son succès programmé dans les salles, La Femme de ménage est un peu le nouveau 40 nuances de Grey s’appuyant sur un engouement littéraire plus ou moins mérité avec un fort potentiel de franchise à la clef et conçu comme un produit bien ficelé, ou en tout cas bien standard. Rien ne vient gripper la machine du petit thriller du dimanche soir.
D’une certaine façon le studio Lions Gate n’avait pas de grands efforts à fournir pour s’offrir son petit succès de fin d’année 2025 et pourquoi pas sa nouvelle série lucrative : il suffisait de s’appuyer sur la succes story des romans de Freida McFadden. Largement mis en avant durant la promo, Lions Gate et l’équipe du film assurait constamment d’une grande fidélité au matériau original… Ce qui est le cas d’une certaine façon. On le sait, toute adaptation d’un roman au cinéma s’accompagne de quelques petites trahisons (coupes diverses, disparitions de personnages secondaires, réductions des décors…) et La Femme de ménage joue largement le jeu s’efforçant de perdre le moins d’éléments en cours de route et de suivre scrupuleusement la trame du modèle. Jusqu’à ce point de non-retour où pendant près de 15 minutes durant l’un des personnages nous balance toutes ses révélations en flashback dans un long couloir narratif laborieux et sur-explicatif… et franchement très dispensable. Ce qui est censé être le tour de force de l’histoire, devient son ventre mou, une sorte de néant dans lequel tout le film à tendance à se perdre. Le souci de La Femme de ménage n’est pas qu’il est trop collé au bouquin ou qu’il ait oublié en cours de route une bonne partie de ses seconds rôles (quid de ce pauvre jardinier aux regards lourds de sens, de cette petite fille jamais inquiétante ou touchante ?) mais plutôt qu’il ne propose rien en échange.
Recharge 24h
Toute la spécificité d’un film, et plus encore d’un thriller domestique, est littéralement balayé de la main par le réalisateur Paul Feig. Un spécialiste (il faut le dire vite) de la comédie américaine à qui ont doit Spy, Mes Meilleurs Amies ou le lamentable S.O.S Fantômes de 2016, et qui n’a manifestement pas la moindre ambition stylistique se contentant d’illustrer les scènes, de multiplier les champs / contre-champs, baignant le tout dans une photographie aussi lumineuse qu’impersonnelle, déjà calibrée pour la diffusion en streaming. Vendu comme un troublant revival de l’American Gothic, La Femme de ménage présente en introduction un superbe décor de demeure bourgeoise, aux pièces diverses mais toujours trop grandes, trop chargées, à la décoration renvoyant à une modernité factice plaquée sur un bon goût forcé, mais les lieux ne seront jamais investis, transformés, utilisés même. L’espace parrait vide, inhabité tous comme la plupart des personnages qui semblent le plus souvent échappés d’un mauvais film érotique, surjouant la séduction, la prédation, les biscotos dans le marcel trop serré et tout le toutim. Dans tout ça, malgré des qualités que l’on sait réelles, Sydney Sweeney et Amanda Seyfried font ce qu’elles peuvent pour donner un peu de corps au drama, pour faire exister leurs personnages faussement antagonistes et faire survivre un mystère qui ne fait pas illusion bien longtemps.
Pour les questions féministes et le regard sur la stigmatisation des classes subalternes qui nourrissent le roman, on pourra repasser, le film n’étant manifestement pas là pour réfléchir, même à petit dose. Il promettait quelques petits frissons et quelques glissements vachards… on les attend toujours.
Image
Que ce soit en Bluray ou en 4K la copie de La Femme de ménage est sans surprise parfaitement propre, stable et solide avec une précision numérique éprouvée, un léger relief et des détails toujours présents, ferme. Rien à redire, le tout est carré est parfaitement rendu avec un surplus de profondeur et de finesses en UHD, mais il est clair que le support n’a pas grand-chose sur quoi s’arrimer. Les traitements HDR10 et Dolby Vision, en dehors de quelques séquences sombres et de rares teintes plus riches, peinent à rappeler leur présence.
Son
Pas forcément beaucoup plus flamboyants que la prestation visuelle, les deux pistes Dolby Atmos font cependant totalement le taf avec une clarté éprouvée et des dialogues aussi dynamiques que naturels. Quelques atmosphères plus présentes dans la maison familiale redonnent parfois un peu de relief aux décors, mais cela reste très discret.
Interactivité
Est-ce à cause du film lui-même ? On peine il est vrai à se passionner pour les différents bonus proposés sur l’édition. Les deux commentaires audios menés à chaque fois par Paul Feig, plus people que cinéaste finalement, évoquent quelques réalités de la production mais reviennent surtout reluire la réputation des différents collaborateurs tandis que le making of offre un tableau absolument idyllique du tournage et de l’amitié entre tout ce beau monde. Quelques petites réflexions sur l’adaptation mais cela reste bien mince. Reste une featurette qui permet enfin de parcourir le fameux décor central dans son entièreté en compagnie de la chef décoratrice et quelques scènes coupées, pas forcément indispensables effectivement, clore le programme.
Liste des bonus
Commentaire audio de Paul Feig, Commentaire audio de Paul Feig et son équipe, « De la page à l’écran » : Making of (35’), « Les Secrets de la maison Winchester » : Le tour du propriétaire (11’), Featurette (2’), Scènes coupées (8’).







