HOMEBOY

Etats-Unis – 1988
Support : Bluray
Genre : Drame
Réalisateur : Michael Seresin
Acteurs : Mickey Rourke, Christopher Walken, Debra Feuer, Thomas Quinn, Kevin Conway, Antony Alda, Jon Polito…
Musique : Eric Clapton et Michael Kamen
Durée : 116 minutes
Image : 1.77 16/9
Son : Anglais DTS HD Master Audio 2.0 stéréo et français DTS HD Master Audio 2.0 mono
Sous-titres : Français
Editeur : BQHL Editions
Date de sortie : 25 février 2026
LE PITCH
De ring en ring, à force de prendre des coups, le boxeur Johnny Walker connaît des ennuis de santé de plus en plus sérieux. Affligé de problèmes cérébraux qui pourraient le tuer au moindre choc, il se résigne à suivre un traitement dans un centre de soins situé dans une petite localité portuaire. S’il y rencontre Ruby, une jeune foraine propriétaire d’un manège de chevaux de bois, il y croise aussi le chemin de Wesley Pendergrass, un petit escroc qui l’entraîne sur la pente glissante du crime et d’un retour à la boxe. Entre ces deux-là, il doit choisir. Pas si évident lorsqu’on penche dangereusement du côté de l’autodestruction…
Cœur de boxer
Tombé en désuétude, devenu l’ombre de lui-même, et cachetonnant depuis de nombreuses années dans des nanars sans intérêt, Mickey Rourke demeure une énigme, un acteur cabossé qui a eu son heure de gloire, mais aussi ses inspirations personnelles. Comme ce Homeboy sorti à la fin des années 80, projet qui lui ressemble malgré les oubliettes dans lesquelles le film est aujourd’hui tombé.
En 1988, Mickey Rourke est au sommet de sa gloire. Le comédien vient d’enchaîner 9 Semaines 1/2 d’Adrian Lyne, L’Année du Dragon de Michael Cimino et Angel Heart d’Alan Parker, et tout semble lui sourire. Libre à lui de surfer sur la vague de ce personnage à la belle gueule, mystérieux, affriolant et pas moins charismatique. Pourtant, Rourke décide de prendre un virage à 180° avec ce Homeboy qu’il porte et défend bec et ongle. Auteur du scénario, il s’octroie un rôle assez peu gracieux, celui de Johnny Walker (déjà tout un programme !), un boxeur vêtu comme un cow-boy, qui ne vit que pour sa discipline, qui ne sait rien faire d’autre, et a des allures d’autiste associable. Un costume qui va comme un gant à Rourke, lui même boxeur assidu et personnalité cabossée par la vie. De là à parler de projet autobiographique, il n’y a qu’un pas… Homeboy observe le parcours de ce marginal en santiags et chapeau de cow-boy, qui arpente les rings et finit par tomber amoureux d’une jeune foraine, dont l’existence est également marquée par des obstacles et détours malchanceux… Bref, deux personnes qui se bien trouvées. Walker rencontre également Wesley Pendergrass, autre figure, quasi paternaliste, qui l’oriente vers le banditisme. Comme si ça ne suffisait pas à en faire un personnage tragique, Walker présente des problèmes cérébraux liés à la violence de ses nombreux combats : au prochain coup, il peut y laisser la vie. Une équation qui oriente le film vers le drame, pas très éloigné d’un Rocky, avec cependant une approche différente, l’enjeu sportif étant moins prégnant que dans la saga de Stallone. Si le film a été un échec autant critique que public, l’heure est peut-être venue de le réévaluer, à minima par le prisme de l’implication de son principal interprète.
L’heure du choix
Petit film ambitieux qui navigue entre hargne et romantisme, scènes de boxe nerveuses et moments de spleen à la limite de l’eau de rose, Homeboy a tous les atours de l’œuvre tiraillée, partagée entre sa volonté de rendre hommage à la boxe, tout en illustrant une histoire d’amour empêchée, qui peine à s’assumer. A l’image de son personnage principal finalement, condamné à devoir choisir entre deux voies : celle du combat au risque d’y laisser sa peau ou le plan foireux de son pote d’escroc. Les deux options doivent lui permettre de décrocher une somme d’argent mettant à l’abri sa douce et tendre. Le film ne sait pas sur quel pied danser, même s’il parvient assez miraculeusement à tenir un équilibre précaire sur la ligne de crête entre ces deux pôles. Esthétiquement, c’est la même chose. On passe de scènes assez joliment éclairées, souvent urbaines, qui collent aux marges que souhaite mettre en avant Mickey Rourke, à des moments plus délicats, aux allures de simple téléfilm de la fin des années 80. Quant aux scènes sur le ring, sans être révolutionnaires, elles sont suffisamment efficaces pour faire bonne figure. Derrière la caméra, on retrouve Michael Seresin, jusqu’alors connu en tant que chef opérateur sur rien moins que Birdy, Midnight Express, mais aussi Angel Heart, sur lequel il croise Mickey Rourke. Là où Homeboy trouve sa pleine puissance et justifie son propos de la meilleure des manières, c’est dans le choix de son casting. Rourke est excellent dans son personnage taiseux, et sa relation avec Debra Feuer, à l’époque sa compagne à la ville, est touchante. Quant à Christopher Walken, que dire de plus qu’il illumine les scènes par sa simple présence. Mais il faut ajouter toute une galerie de seconds couteaux, marquée par la constante de présenter une brochette de « gueules » qui confèrent l’authenticité recherchée par le projet.
Souvent maladroit, cherchant en permanence à trouver son ton, peinant à faire cohabiter toutes ses intrigues (le plan du braquage de Wesley Pendergrass jure avec le reste de l’intrigue) et claudiquant sur le plan formel, Homeboy est à la fois un film typique de la fin des 80’s, porté par la musique de Michael Kamen et Eric Clapton, et en même temps, un projet personnel et auto-destructeur qui finit par emporter l’adhésion in-extremis, sur un ultime plan d’une sensibilité extrême, que l’on peut voir comme une vision onirique. Une conclusion sincère et déchirante. Parfaite.
Image
L’édition propose un master globalement propre, sans défauts majeurs. Même si les contrastes manquent parfois un peu de relief, cette copie haute définition s’avère cependant d’excellente qualité, apparemment bien meilleure que les précédentes éditions déjà sorties auparavant, et permet de goûter à un grain fort agréable, pour une image plutôt juste sur la précision et les détails.
Son
La version originale offre globalement plus de détails et de naturel que la piste française. Les dialogues sont clairs et limpides, la part importante laissée à la musique du duo Michael Kamen/Eric Clapton ambiance la majeure partie du film avec efficacité. Petit bémol sur les scènes de boxe, qui souffrent de bruitages des coups portés totalement irréalistes, sortant tout droit des films de Terence Hill et Bud Spencer (on exagère mais bon…) et qui handicapent la crédibilité des combats.
Interactivité
L’éditeur BQHL propose un seul bonus : un entretien avec Stéphane Moïssakis, journaliste à Captur’Mag, qui décortique le projet du film, le replace dans son contexte et évoque les carrières de ses différents protagonistes. Un module particulièrement intéressant, qui permet de mieux comprendre les aspirations et motivations de Mickey Rourke sur le film.
Liste des bonus
Entretien avec le journaliste Stéphane Moïssakis (27′).






